Le festival Les Francophonies – Des écritures à la scène, à Limoges et en Nouvelle-Aquitaine, revient à un seul grand rendez-vous à l’automne, qui se déroulera du 23 septembre au 3 octobre 2026. Il abandonne son édition de printemps, mais maintient une journée de rencontres, le 20 mars, lors de la Journée de la francophonie. Hassane Kassi Kouyaté, son directeur, prépare une édition 2026 plus riche encore.
À votre arrivée à la direction des Francophonies, vous aviez décidé, à côté du festival du mois de septembre, de créer un rendez-vous au printemps, plus spécifiquement dédié aux écritures. Il n’aura pas lieu cette année, et est remplacé par une journée artistique, le 20 mars, lors de la Journée internationale de la Francophonie. Il était devenu économiquement difficile pour vous de conserver les deux rendez-vous ?
Oui, la décision a été prise après une réflexion profonde alors que j’écrivais une nouvelle convention pluriannuelle d’objectifs qui doit couvrir 2026, 2027 et 2028. J’ai tenu compte des réalités financières. Au bout de six ans, j’ai aussi souhaité faire un point d’étape et voir comment donner de la force au projet, tout en maintenant un accompagnement des artistes, mais aussi en tenant compte des réalités politiques et des réalités financières que nous subissons aujourd’hui dans notre pays. Sur ce dernier point, les notifications des collectivités qui nous soutiennent nous parviennent de plus en plus tard, et les financements sont souvent versés après que nous ayons ficelé la programmation. Cela devenait de plus en plus difficile de maintenir les deux rendez-vous. On a donc souhaité les regrouper autour d’un grand festival, Les Zébrures, festival des écritures et des créations francophones. Ainsi, les autrices et les auteurs vont croiser les metteuses et les metteurs en scène.
Est-ce que le festival du mois de septembre sera encore plus fourni, avec plus de lectures ?
Il y aura plus de rendez-vous, puisqu’on ne diminue en rien le nombre de lectures prévues au printemps. C’est vraiment l’addition des deux festivals, dans une nouvelle dynamique. Il y aura un vrai brassage de tous les acteurs de notre profession, les producteurs, les responsables de festivals, la presse et, bien sûr, le public. Il y aura aussi beaucoup plus de temps d’échanges et de discussions pour défendre la francophonie.
Justement, que représente la francophonie en 2026 ?
C’est un grand débat constant et je pense que notre pays a besoin tous les ans de faire une halte pour se poser ces questions et essayer d’y répondre. Cela va dans l’intérêt du développement du libre arbitre de notre population.
Notamment en Afrique, un continent en forte mutation ces dernières années, en particulier avec les appuis économiques de la Russie et de la Chine ?
Oui, d’autres pays viennent avec leur langue. On peut aussi y ajouter la Turquie et les pays du Golfe. Et tous ces pays donnent de plus en plus de bourses aux jeunes pour qu’ils étudient dans leurs universités. Ils reviennent dans leur pays, et ont appris une autre langue. Je pense qu’il faudrait une volonté politique et courageuse pour prendre le taureau par les cornes et affirmer notre francophonie qui est séculaire avec ces pays africains. Le français est devenu une seconde langue maternelle ou une troisième langue maternelle pour beaucoup d’Africains. Comment la pérenniser ? Je crois que l’art et la culture sont des moyens pour le faire.
Ces dernières années, le festival est allé au-delà des écritures francophones, notamment en présentant des spectacles en langues arabes. Est-ce une évolution nécessaire d’ouvrir la francophonie à d’autres langues ?
C’est d’autant plus nécessaire que les pays sont en train de prendre en charge les langues nationales dans leur système éducatif, dans leur système de création. Et c’est là où je trouve que c’est important que ces langues côtoient le français. Cela crée une autre dynamique créative, et une dynamique au niveau de la poétique. On ne peut plus vivre en autarcie, c’est fini. Nous sommes beaucoup de Françaises et de Français de deuxième ou troisième génération, avec des parents qui viennent d’autres pays, d’autres continents, et qui parlent d’autres langues. La France est devenue multilinguisme.
Que pouvez-vous nous dire sur l’édition 2026 des Zébrures – Festival des écritures et des créations théâtrales francophones ?
C’est encore trop tôt, avec tous les aléas que je viens d’expliquer, mais ce que je peux dire, c’est qu’on l’on retrouvera Koumarane Valavane, metteur en scène franco-indien et ancien comédien du Théâtre du Soleil, dont la compagnie Indianostrum est installée à Pondichéry, et qui est déjà venu par le passé à Limoges.
Le programme de la journée du 20 mars

Journée de Formation inter-académique du PRÉAC (Pôle de Ressources pour l’Éducation Artistique et Culturelle) autour de la thématique « Violence intime et violence politique dans le théâtre francophone contemporain »
14h Rencontre professionnelle « Nos Saisons francophones » pour les programmateur·rices et producteur·rices du spectacle vivant
Côté grand public au CCM Jean Gagnant
16h15 Sur les z’ondes du Zèbre, émission de radio en public et en direct
Portée par Expression 7 en partenariat avec Beaub FM et Cult.news
19h Ouverture de la soirée et perspectives 2026 des Francophonies – Des écritures à la scène
19h30 Lecture de Clipping de Israël Nzila (République Démocratique du Congo)
Prix RFI Théâtre 2025
Direction de lecture Yaya M’bilé Bitang
21h Lecture de La Décennie noire de Yacine Benyacoub (France, Algérie)
Prix SACD de la dramaturgie francophone 2025
Direction de lecture par l’auteur
L’ensemble de ces événements sont proposés en entrée libre sur réservation.
Lors de la même semaine, dans le cadre du « Parcours laïc et citoyen » porté par le Conseil départemental de la Haute-Vienne, des lectures de Formatage de Merveille Biangani Makessi (République du Congo) seront proposées à destination des collégien·nes et des enseignant·es de Rochechouart, Saint-Junien et Châteauponsac.
Les événements se poursuivront pour les autrices du programme de résidence « Découvertes » avec des lectures dans le cadre du projet « Passe-moi le texte » de la compagnie Studio Monstre. Le texte de Merveille Biangani Makessi, Formatage, sera lu au lycée de La Morlette et à la médiathèque de Cenon, le 25 mars, en partenariat avec l’Institut des Afriques, sous la direction de Marion Lambert. La Grande prêtresse de l’autrice Djamidi Bond sera mis en voix avec le Secours populaire de la Haute-Vienne, sous la direction d’Amélie Rouffanche, le 26 mars, à Limoges.



Laisser un commentaire
Rejoindre la discussion?N’hésitez pas à contribuer !