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Giovanny Germany, la Caraïbe au bout des doigts

À la une, Avignon, Théâtre
Giovanny Germany
Giovanny Germany

Photo Lou Breton Marchal

La première pièce de Giovanny Germany, La Vaillante, sera lue cet été dans le cadre des lectures au Bivouac des 53e Rencontre(s) de La Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, le 11 juillet à 18h. Une dystopie « sur les peurs profondes d’un peuple », celui de son île natale, la Martinique. Rencontre avec un jeune auteur qui s’attèle à l’écriture de sa deuxième pièce, Restitution.

Quand on lui demande quels sont ses auteurs préférés, Giovanny Germany n’hésite pas une seconde et cite Édouard Glissant, Patrick Chamoiseau, des écrivains moins connus, comme Xavier Orville et Vincent Placoly, mais aussi Derek Alton Walcott, prix Nobel de littérature en 1992, Wilson Harris ou encore le Cubain Alejo Carpentier. Tous originaires de la Caraïbe. Ceux qu’il a découverts au lycée, puis en classe théâtre à Fort-de-France. « Je suis tombé avec la bonne prof et, à partir du deuxième cours de théâtre, je suis tombé amoureux de la boîte noire. C’était comme un monde neuf, un bac à sable, donc j’ai fait beaucoup de théâtre au lycée. »

Giovanny Germany part ensuite étudier le droit dans l’Hexagone, à Bordeaux, mais la veille des examens, il ne s’y rend pas. Il poursuit avec une école de cinéma à Bègles, mais il ne se sent pas à l’aise dans « cette pompe à fric » et retourne à son premier amour, la littérature. De retour en Martinique, il replonge dans le théâtre, commence à écrire des critiques pour Tropiques Atrium, la Scène nationale à Fort-de-France, et tombe sur une formation dirigée par Stéphanie Loïk. « Et là, voilà, ça m’a renvoyé sur le chemin du théâtre. »

À 35 ans, Giovanny Germany est également comédien. Il vient de jouer dans la nouvelle pièce d’Aristide Tarnagda, Mère prison d’Emmelyne Octavie, une autrice guyanaise. Le spectacle a été créé à la Scène conventionnée Kokolampoe de Saint-Laurent du Maroni, dirigée par Ewlyne Guillaume et Serge Abatucci. « C’était très fort de la jouer dans l’ancien bagne puisque la pièce évoque les allers-retours d’une mère qui visite ses fils en prison. »

Giovanny Germany est lauréat du Bivouac des comités de lecture des Rencontre(s) d’été 2025 avec son texte La Vaillante, une dystopie sur l’isolement total de la Martinique. Le jeune auteur s’est demandé : « Qu’est-ce qui fait peur à mon peuple ? ». Il imagine son île coupée du monde, sans liaison internet, en train de plonger dans le chaos : pénurie alimentaire, violences, répressions et luttes de pouvoir divisent la population. Cette fracture se répercute sur Kenny et Albane, deux personnages aux points de vue opposés. « Ils aiment tous les deux leur pays, explique Giovanny Germany. Un peu comme en Martinique aujourd’hui : il y a des gens qui sont satisfaits de la situation, très contents d’être français, qui se disent que si la France n’était pas là, ce serait pire ; et il y a des gens qui veulent de l’autonomie, de l’indépendance, tout de suite. La Martinique ne fait pas peuple sur le plan idéologique, et je pense que c’est un peu ce qui a inspiré mon écriture. » Dans la dramaturgie, Giovanny Germany a également introduit deux chœurs. « Le premier est celui du peuple ; le second, que j’appelle les mitraillettes, ce sont les forces de l’État qui ne font qu’obéir, les voix du système, de la société quoi, celle des plateaux télé, des réseaux sociaux. »

En résidence au Centre national des écritures du spectacle, à La Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, Giovanny Germany est studieux. « J’écris tous les jours. Il y a un truc très bizarre avec ce lieu, il est super chargé d’histoire. Son imaginaire permet d’écrire très rapidement. Le sommeil est agité, ce sont les esprits qui te portent. » Le sujet de Restitution continuera d’avoir la Martinique en toile de fond. Une entreprise découvre un moyen d’explorer l’ADN ancestral des individus. Qu’est-ce que la mémoire ? Un bien, un héritage ? Que devient-elle quand elle tombe entre des mains autres ? « C’est un sujet caribéen ! clame Giovanny Germany. Dans la Caraïbe, on est afro-descendants, on est descendants d’Européens, il y a beaucoup d’Indiens, ceux qu’on appelle chez nous les Syriens, mais qui viennent du Moyen-Orient, de Palestine, et ceux qu’on appelle les Chinois. C’est un pays de métissage. » Il y a chez Giovanny Germany la volonté de s’inscrire dans les pas de la littérature de la Caraïbe, de continuer de creuser ce sillon de la mémoire. « On a une histoire commune, mais pas une mémoire commune, et j’ai envie d’exploiter ça. »

21 mai 2026/par Stéphane Capron
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