La 26e édition du Festival de Théâtre de Figeac se déroulera du samedi 18 au dimanche 26 juillet 2026. Porté depuis 2025 par Le Grand-Figeac et L’Astrolabe, le festival poursuit son renouveau en plaçant les écritures théâtrales au cœur d’une programmation diverse, portée par son directeur artistique, Éric Thimjo.
C’est la deuxième édition du festival de cette nouvelle direction, désormais assurée par Le Grand-Figeac et L’Astrolabe. Quel est le fil rouge de la programmation ?
Quand on a repris le festival, l’enjeu pour nous, c’était de pouvoir continuer à être respectueux de son héritage. Il est né avec Marcel Maréchal, puis a été dirigé par Michel Fau et Olivier Desbordes, puis par Véronique Do. À chaque fois, il y a eu cette empreinte très forte du texte que l’on s’évertue à défendre, dans la cité des Écritures du Monde, dans la ville natale de Champollion. Ces écritures théâtrales constituent donc notre fil rouge, avec du théâtre de répertoire, de grands textes, mais aussi des écritures de plateau, des choses plus contemporaines, et l’idée de parcours dans l’espace. Nous avons deux scènes : une petite jauge au Palais Balène et une grande jauge à la Cour du Puy. Le festivalier peut se promener dans la ville, s’arrêter dans ces lieux remarquables. Et nous proposons aussi des lectures et des spectacles gratuits dans l’espace public. Tous les midis, les artistes de la veille se retrouvent pour une sorte de plateau radio en plein centre de Figeac. L’émission est diffusée dans la ville, une sorte de Masque et la Plume avec de jeunes journalistes.
Avez-vous la volonté de faire dialoguer toutes les formes de théâtre ?
Le festival doit être une vitrine de la création. Alors oui, à côté d’artistes comme Sandrine Bonnaire, Estelle Meyer, François Gremaud ou Clément Poirée, avec leurs spectacles qui sont déjà des succès, nous soutenons la création, comme avec Le Grand Vertige de MégaSuperThéâtre, une compagnie de Toulouse. Cela nous permet aussi de mélanger des écritures toujours très exigeantes, parfois un peu ardues, avec d’autres propositions qui font contrepoids, à partir de choses plus potaches et populaires. Je pense à Terminator 2 Unplugged d’Aurélien Arnaud, qui va rejouer le film Terminator 2 sans effets spéciaux ! Il y a chez nous cette envie de rassembler les écritures théâtrales et les publics, sans jamais renoncer à l’exigence.
Et d’ailleurs, vous allez aussi diffuser le film Terminator 2, car, à côté de la programmation des spectacles, il y a une programmation cinéma…
Oui, car L’Astrolabe rassemble l’ensemble des services culturels de la collectivité, dont le cinéma. Le cahier des charges est assez simple : la programmation cinéma doit faire écho à celle des spectacles, soit par les thématiques abordées, soit par des artistes présents au festival. À tous les étages, on s’amuse à construire ensemble. Et effectivement, tous les jours à 16 h, nous proposons un film, et nous aurons en avant-première, le 19 juillet, la programmation de De la Comédie-Française de Martin Darondeau et Bertrand Usclat.
Quel est votre public ?
Figeac est une ville à échelle très humaine. Le public est majoritaire local et aux deux-tiers composé de lotois et de résidents de départements limitrophes. Les autres sont des touristes. Et chacun vient picorer, car tout est conçu pour que le public puisse dévorer la programmation en intégralité !
Comment faites-vous pour faire venir des spectacles alors que les professionnels sont en même temps à Avignon ?
La programmation finale est une copie numéro quatre, voire cinq ou six ! On recompose à chaque fois, car il arrive que certains projets ne soient plus disponibles. Mais on bénéficie de la confiance des artistes, car ce festival intervient à l’issue de la saison traditionnelle de L’Astrolabe et les propositions estivales font parfois écho aux propositions de la saison hivernale.
Est-il difficile aujourd’hui de concevoir un festival avec des moyens financiers qui se réduisent ?
On a la chance d’avoir ici une volonté politique forte avec Le Grand-Figeac, qui affirme la nécessité de la culture. Tant qu’il y a cette décision et ce choix politique, on peut agir, mais c’est fragile. Le désengagement de pas mal de collectivités le montre. Ici, on est un peu à l’abri.
Propos recueillis par Stéphane Capron – www.sceneweb.fr




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