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« Femmes de boue », femmes debout !

A voir, Les critiques, Paris, Théâtre
Femmes de boue de Juliette Duret Coralie Emilion-Languille, Armelle Gerbault et Fanny Pascaud
Femmes de boue de Juliette Duret Coralie Emilion-Languille, Armelle Gerbault et Fanny Pascaud

Photo Marie Charbonnier

Création collective portée par un quatuor de comédiennes formidables, solides et engagées, Femmes de boue explore avec verve et humour le territoire du féminin et les enjeux de transmission (maternelle, transgénérationnelle, culturelle) sur fond d’émission télé populaire. Et déjoue clichés et préjugés avec un sens de la comédie qui fonctionne à merveille, sans avoir peur de mettre les pieds dans le plat quand il s’agit de s’attaquer aux sujets plus délicats. Une belle découverte.

Sur le chemin qui nous menait au théâtre où l’on a découvert ce spectacle, on l’avoue, on s’est dit que ça commençait à faire un peu beaucoup un énième projet sur la condition féminine, avec une pointe d’inquiétude dans l’enthousiasme. En sortant de la représentation, retourné comme une crêpe par la qualité réjouissante de cette création collective roborative, on s’est dit le contraire, qu’on n’a jamais fini de s’emparer de ce sujet infini, essentiel, brûlant, qu’il y a mille et une façons de l’attraper, de se l’approprier et de le partager. Femmes de boue (on ne peut pas s’empêcher d’entendre « Femmes debout ! ») est un heureux mélange de fictions trempées dans le réel, d’icônes mythiques, religieuses, médiatiques ou cathodiques, de couleurs et tonalités qui nous font passer par une vaste gamme d’émotions allant du rire aux frissons, en passant par les larmes et l’effroi. Un vrai remue-ménage qui vise juste la plupart du temps et offre un chapelet de scènes mordantes, drôles, ravageuses, toujours pertinentes, et de situations de jeu réjouissantes.

Femmes de boue a le mérite d’empoigner des problématiques communes à beaucoup d’entre nous, les fameuses relations mère-fille notamment, et les enjeux de transmission intra ou extrafamiliales, socle de cette proposition pétaradante qui embarque, nourrit et divertit, avec un entrain et une dynamique communicative. L’entrée public laisse entendre en voix off des morceaux choisis de témoignages et confidences des mamans des comédiennes, interviewées selon un protocole rigoureux pour tenter de démêler ce qu’implique notre sexe : être une fille, une femme, une mère, en quoi cela impacte nos vies, nos choix, nos carrières, nos rêves ? Les prises de parole respirent l’intime et la sincérité et dressent d’emblée un paysage générationnel représentatif et intéressant, une nébuleuse auditive qui vient nous chercher dans nos propres existences et ouvrir un champ de questions à poser à nos mères, à nos grand-mères.

Puis on bascule dans le dispositif dramaturgique à proprement parler : une émission de téléréalité, talk-show féministe intitulé Femmes de boue, et sous-titré Le Cercle des influenceuses historiques, qui reçoit sur son plateau trois sacrées nanas qui ne sont rien de moins que la Vierge Marie, Médée et Lady Diana, interviewées par… Dorothée – oui, oui, la fameuse starlette du PAF qui a fait les belles heures télévisuelles de notre jeunesse avec le Club éponyme qu’elle présentait sous sa frange blonde. Du lourd donc, des célébrités à leur façon. En matière d’aura, de casseroles, de corollaire imaginaire, de lignée et de destinée, le casting est chargé. L’humour n’est jamais loin, les pieds de nez et coups de poing bien visés dans les restes tenaces des préjugés, du patriarcat et de toutes les injonctions indécrottables et ancrées. Le spectacle navigue entre les styles, les scènes intimistes ou ouvertement politiques, les séquences de thérapie collective (hilarante) ou de constellation familiale (glaçante), un rap inénarrable porté par une Lady Di déchaînée, un blind test espiègle et instructif, des scènes dansées, tribales et expiatoires.

Il y est question de filiation, de maternité, d’accouchement et d’avortement, de liberté et d’entraves, de ce qu’on attend de nous, de la fameuse « nature féminine » qui a bon dos. « On est toujours pris dans les rêves des autres », dit l’une d’entre elles, et la phrase résonne pleinement dans ce panorama qu’elles arpentent comme un grand corps collectif. Juliette Duret, Coralie Emilion-Languille, Armelle Gerbault et Fanny Pascaud forment un quatuor de comédiennes redoutables d’engagement et portent ce spectacle conçu ensemble avec puissance et férocité. Artistes ancrées en pleine possession de leurs moyens, femmes debout, elles sont l’âme de la représentation, accompagnées, enrobées, éclairées par les lumières chaudes et ondoyantes de Moïra Dalant et la création sonore atmosphérique réalisée en binôme par Arnaud Vernet « Le Naun » et Thomas Ailhaud, écrins idéaux à leur affranchissement.

Marie Plantin – www.sceneweb.fr

Femmes de boue
Mise en scène et jeu Juliette Duret, Coralie Emilion-Languille, Armelle Gerbault, Fanny Pascaud
Création lumière Moïra Dalant
Création sonore Arnaud Vernet « Le Naun », Thomas Ailhaud
Technique Alice Marin

Soutiens et résidences Théâtre des Beaux-Arts de Bordeaux, Association des Festivals et des Compagnie – Festival Avignon OFF, La Factory, Fabrique permanente d’Art Vivant à Avignon, Théâtre La Flèche, Théâtre Simone Signoret à Conflans Ste Honorine, Centre Culturel du Bois Fleuri – Ville de Lormont, Festival CHAMP LIBRE / L’Étoile Bleue à St Junien, La Parole Errante, La Compagnie des Travaux Finis, Honorine Productions

Durée : 1h15

Vu en juillet 2023 à La Factory, dans le cadre du Festival Off d’Avignon

Théâtre du Chariot, Paris
du 22 janvier au 1er février 2026

22 janvier 2026/par Marie Plantin
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