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« FÁE », la pastorale queer d’Efthimios Moschopoulos 

A voir, Danse, Les critiques, Montpellier
FÁE de Efthimios Moschopoulos
FÁE de Efthimios Moschopoulos

Photo Laurent Philippe

Avec ce solo délicat, le chorégraphe grec Efthimios Moschopoulos se raconte en mêlant l’atmosphère de sa campagne natale à des danses sensuelles et des sonorités électro bricolées. Dans ce conte DIY, la complexité de son identité queer se révèle.

Des ballots de paille, une longue table en bois noire. Assis sur le sol, Efthimios Moschopoulos pose dans la lumière jaune caressante. On a vu le danseur, originaire de l’île ionienne de Céphalonie, chez les chorégraphes Christos Papadopoulos et Armin Hokmi ou encore chez le metteur en scène Romeo Castellucci. Il présente FÁE, un autoportrait délirant et poétique en solo, où son identité queer s’entremêle à ses souvenirs d’enfance dans la campagne grecque.

En grec, « FÁE » signifie « mange ». Efthimios Moschopoulos croque dans un fruit. Coupe mulet bien dégagée sur les côtés, moustache fournie, le danseur déploie des gestes lents, mesurés, et des postures statuaires. Une poésie sensuelle se dévoile. Ses épaules ondulent vers l’intérieur, puis, posté à quatre pattes, il prend des allures animales et twerke. Autour de lui, il active des machines étranges pour créer une musique : une cloche sonne, un rameau d’olivier s’agite à l’aide d’un bras automatique. Grâce et facétie cohabitent.

Sur scène, Efthimios Moschopoulos recrée l’atmosphère de sa campagne natale, mais pas seulement : deux mondes se regardent, en miroir l’un de l’autre. Ils dialoguent et semblent poreux, comme en témoignent les tremblements du danseur qui répondent aux spasmes d’une brebis qui met bas, ou la disposition de légumes sur un banquet, à la fois sur scène et dans une vidéo où l’on voit des moutons profiter du festin. Car l’observation du vivant ne sert pas seulement de matière chorégraphique et scénique. La poésie DIY du chorégraphe raconte une identité complexe, parvenant à réconcilier plusieurs parts de lui-même : être queer en ayant grandi à la campagne et être un artiste urbain aux origines rurales. En short en jean, torse nu, il fait un DJ set pour les moutons de la vidéo et, sur scène, transforme les sons de la nature en mix électro industrio-bucolique. Devant le banquet de vivres aux allures mythologiques, se déploie un conte qui entraîne la salle dans son délire avec douceur, réinventant au passage l’image d’Épinal de la ruralité grecque.

Belinda Mathieu – www.sceneweb.fr

FÁE
Chorégraphie, interprétation, conception Efthimios Moschopoulos
Scénographie Theo Triantafyllidis
Création sonore, composition musicale Yakovlev
Création lumière Nysos Vasilopoulos
Costumes Taskin Goec
Conseiller artistique Kostas Stasinopoulos
Contribution dramaturgique Steriani Tsintziloni
Collaboratrice artistique Xenia Koghilaki
Collaborateur artistique pour le son Jeph Vanger
Flûte Evi Nakou
Assistant scénographie Fabien Neisius

Production Onassis Stegi
Coproduction Agora, Cité Internationale de la Danse | Montpellier Danse + CCN Occitanie
Recherche et développement Onassis AiR
Résidences du Réseau Grand Luxe L’Abri (Genève, Suisse), CAMPUS Paulo Cunha e Silva (Lisbonne, Portugal), POLE-SUD CDCN Strasbourg

FÁE bénéficie du soutien du programme de tournées Onassis.

Durée : 50 minutes

Vu en juin 2026 au Hangar Théâtre, dans le cadre de Montpellier Danse

3 juillet 2026/par Belinda Mathieu
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