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Christophe Martin : « La danse contemporaine française génère une qualité excellente »

À la une, Danse, Paris
Christophe Martin
Christophe Martin

Photo Laurent Paillier

Le festival Faits d’Hiver 2026 se déroule jusqu’au 20 février, et propose des spectacles dans 18 lieux du Grand Paris. La dernière édition préparée par Christophe Martin, le fondateur et directeur de l’Association pour le Développement de la Danse à Paris, qui partira à la retraite fin février 2026. En 2027, la structure fusionnera avec l’Atelier de Paris / CDCN. L’occasion de revenir sur l’évolution du monde la danse durant ces dernières décennies. 

C’est la 28e édition de Faits d’Hiver, et votre dernière. Un festival qui a vu passer plusieurs générations de chorégraphes et de danseurs. Et les générations continuent de se croiser pour cette édition. Cela a été important pour vous de proposer une photographie la plus large possible de la danse contemporaine ?

En tout cas, ça a été mon but, qui s’est peu à peu défini au fur et à mesure des années et des éditions. Et je me suis rendu compte, en effet, que la diffusion de la danse en France était comme une passoire, avec des trous. J’ai souhaité donner une vision généraliste de ce qui se créait en France, avec des projets plus conventionnels, passionnants, et d’autres, plus conceptuels. Mon idée a toujours été de ne pas défendre une chapelle spécifique de la danse contemporaine, mais de montrer sa richesse dans sa diversité. Et la diversité esthétique, la diversité géographique à l’intérieur de la France, c’est la diversité des moyens de production et des équipes. On a la chance d’avoir un territoire riche de potentialités, de talents.

Il y a eu l’époque des grandes formes, puis on a glissé vers une forme performative. Avez-vous senti ces changements ?

Pour moi, ce qui a changé, ce n’est pas tellement le nombre de danseurs sur le plateau. Il y a toujours de grandes formes. Ces dernières années, il y en a eu moins en raison du manque d’argent. Ce qui a changé, c’est une professionnalisation générale. On a de bons danseurs, de bonnes formations, de bons éclairagistes, de bons costumiers, et donc on arrive aujourd’hui avec une danse contemporaine française qui génère une qualité excellente. Ça, pour moi, c’est ce qu’il y a de plus marquant. Après, historiquement, il y a évidemment le changement entre les chorégraphes issus des années 1970-1980 et la jeune danse française, qui a produit des chorégraphes et des danseurs qui ont eux-mêmes su devenir chorégraphes. Puis, il y a eu la rupture très franche avec le conceptuel, et enfin l’arrivée du hip-hop. Mais, finalement, il n’y a pas de locomotive esthétique spécifique dans la danse contemporaine.

Que retenez-vous comme grandes évolutions dans la danse durant ces 28 ans ?

Pendant près de trois générations, la danse contemporaine s’est construite autour de la compagnie, à travers la personnalité de son chorégraphe, et puis, d’un seul coup, il y a eu une rupture. Le plus important, c’est devenu le chorégraphe, comme artiste détaché de la compagnie, et puis, peu à peu, on a glissé vers la danse conceptuelle, qui aujourd’hui ne représente quasiment plus rien en termes de production de spectacles. La danse contemporaine est aussi marquée par des sujets de société. C’est un art qui se veut parfois manifeste, en tout cas revendicatif. On assiste au retour d’une danse politique.

Quels moments auront été pour vous les plus marquants de ces 28 éditions ?

C’est difficile. J’ai quand même été frappé par ce public parisien curieux, qui se motive pour aller voir des choses bizarres dans des endroits bizarres, et qui n’est pas forcément un spécialiste, mais qui a intégré l’idée que d’aller au spectacle, cela faisait partie de la vie. Et ça, c’est déterminant. Cela nous a offert une liberté de programmation.

Cette édition est programmée alors que les subventions publiques se réduisent dans le monde de la culture. Pourtant, il y a de plus en plus de spectacles, de compagnies. Êtes-vous surpris par le nombre toujours croissant de spectacles produits chaque année ?

C’est un phénomène qui est tout à fait intéressant, que je remarque aussi à micadanses. Nous avons des cours pour les professionnels et, tous les ans, nous avons entre 30 et 35 % de nouveaux arrivants. C’est significatif d’un engouement pour cette forme d’art. Il y a un besoin de danse, une envie d’en faire son métier. Mais, le nombre de personnes qui y parvient est moins important qu’à une autre époque, parce que le niveau s’est élevé, mais aussi parce qu’il y a beaucoup de monde. Pour les demandes de résidences, il y a cinq ans, on recevait une soixantaine de dossiers par an. Aujourd’hui, on en reçoit 300 ! Les conditions de vie sont très dures pour les danseurs, souvent très mal payés. Les conditions de production sont de moins en moins bonnes. Que va-t-il se passer d’ici cinq ans ? Je n’en sais rien.

Avez-vous le sentiment que les chorégraphes ont intégré cet impact économique dans leur travail ?

Ce qu’il faut constater, c’est la réduction du temps de création. Avant, on concevait une pièce avec dix semaines de résidence. Aujourd’hui, on est plutôt sur quatre ou cinq. Les chorégraphes ne travaillent plus sur une pièce par an, mais plutôt sur une pièce tous les deux ans. Parfois, ils intègrent un spectacle jeune public, entre deux grosses créations. Pour l’instant, il y a encore la possibilité de jouer avec les formes, mais c’est plutôt pour des chorégraphes installés, qui connaissent les réseaux, les diffuseurs, les institutions. Donc ils peuvent jouer, mais pour combien de temps ? Je n’en sais rien du tout.

C’est donc votre dernier festival Faits d’Hiver. L’Association pour le Développement de la Danse à Paris, qui comprend Faits d’Hiver et micadanses, va être associée à l’Atelier de Paris / CDCN dans une seule structure juridique en 2027. Comment le festival va-t-il vivre en 2027 ?

Les institutions ont accepté que je puisse travailler à l’organisation d’un festival en 2027. C’est assez récent. J’ai évidemment proposé à Anne Sauvage, qui dirige l’Atelier de Paris, de m’accompagner dans ce travail déterminant pour que le festival perdure. Ce serait très difficile d’imaginer qu’on puisse se passer d’un événement comme ça après 28 ans, surtout dans la situation dans laquelle se trouve la diffusion de la danse en Île-de-France. Quelle forme exactement cela va-t-il prendre à l’avenir ? Je ne serai plus aux commandes. Ce sera Anne Sauvage qui décidera. Mais il y a une envie quand même que le festival perdure. Et ça, c’est la bonne nouvelle.

Qui a été à l’initiative de l’unification des structures ?

Le cheminement a été le suivant. Nous avions préparé ma succession, mais l’appel d’offres n’a jamais été publié. La DRAC Île-de-France et la Ville de Paris nous ont proposé cette association, que nous avons acceptée. Un texte cadre sera finalisé dans les prochains jours afin de définir les grands principes d’un rapprochement entre les deux associations. 2026 sera une année de transition, visant à aboutir à la fusion au 1er janvier 2027.

Avec quelles garanties pour l’emploi dans les deux structures ?

Les deux institutions, la Ville de Paris et la DRAC Île-de-France, nous ont promis qu’il ne s’agissait pas de faire des économies et que le projet de 2027 était basé sur l’addition des deux entités. Donc ça, c’est plutôt une bonne nouvelle. L’activité même de micadanses nécessite au moins cinq personnes, car c’est ouvert tous les jours, toute l’année, de 8 h à 22 h. Donc, à ce niveau, les économies d’échelle sont peu envisageables.

28 janvier 2026/par Stéphane Capron
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