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Charlotte Lagrange : « Faire du théâtre, à partir du territoire »

À la une, Théâtre, Vire
Charlotte Lagrange
Charlotte Lagrange

Photo Christophe Raynaud de Lage

Début d’année chargé pour l’autrice et metteuse en scène Charlotte Lagrange. Elle finalise sa nouvelle création, Quand la ville se lève, créée à Chaumont. Auparavant, elle a effectué sa rentrée en début de semaine au CDN de Vire, qu’elle dirige désormais à la suite de Lucie Berelowitsch.

Pourquoi avoir fait le grand saut, celui de passer de la direction de votre compagnie, La Chair du Monde, à celle d’un Centre dramatique national ?

C’est le fruit d’une mûre réflexion. Dans mon travail, depuis longtemps, je travaille avec le public sur des créations participatives et je m’inscris sur le temps long sur un territoire, avant d’écrire. L’Araignée a été un texte charnière dans mon parcours. J’ai travaillé pendant trois ans sur ce spectacle afin de comprendre comment les enfants étrangers réfugiés étaient pris en charge à leur arrivée en France. Cela m’a donné envie de m’inscrire dans un lieu au long cours, parce que les compagnies, même si elles sont associées aux lieux, peuvent parfois paraître éloignées du public. Je n’avais plus envie de vivre cette frustration, de ne pas m’inscrire dans le temps, avec les habitants d’un territoire. Lors de ma formation au Théâtre National de Strasbourg, j’ai été dramaturge pour des metteurs en scène, et j’ai aussi envie d’accompagner des artistes dans leur travail. Je me suis beaucoup construite en alternant des moments où j’ai été dramaturge, autrice, metteuse en scène. Et dans cette fonction de directrice de CDN, je souhaite réfléchir à la façon dont on accompagne les artistes.

Pourquoi avez-vous candidaté spécialement dans ce CDN ?

Le CDN de Vire est l’un des rares à s’inscrire sur un territoire rural. Vire est une ville de 12 000 habitants, entourée du bocage. J’avais envie de travailler à cette échelle, et pas dans une très grande ville. D’ailleurs, pour ma dernière création, je suis partie de la question de la gentrification pour arriver à celle de l’aménagement du territoire, de l’artificialisation des terres agricoles, et donc à l’interrogation de la place de la ruralité. La candidature à Vire est arrivée à un moment propice dans mon travail théâtral.

Comment allez-vous concilier votre travail sur le territoire et la programmation dans la grande salle du théâtre ?

C’est vrai que la salle dispose d’une grosse jauge de 590 places ! J’ai conçu le projet sur deux jambes. Une pour ce plateau, qui permet de présenter des grandes formes fédératrices, mêlant des formes scéniques qui croisent les disciplines, du cirque à la danse en passant par la musique, avec des artistes s’appuyant sur du texte. Et l’autre jambe s’appelle « Le Préau bocage » et s’inscrit dans l’histoire du lieu, initiée par Pauline Sales et Vincent Garanger, puis par Lucie Berelowitsch, que j’ai envie de redéployer plus fortement encore grâce à un travail de création avec les habitants, à des résidences d’immersion d’auteurs, sans partir d’une commande précise, mais en partant juste des rencontres sur le territoire. La finalité sera d’écrire des pièces destinées à être jouées in situ par les comédiens de la troupe permanente. L’idée est vraiment de partir des habitants du territoire.

Vous souhaitez développer la pratique amateur. De quelle manière ?

En tant qu’autrice, je souhaite proposer un atelier d’écriture à l’année qui soit géré par l’un des artistes associés (Simon Falguières, Eva Doumbia, Hakim Bah, Constance Larrieu, Alice Laloy ou Julie Duclos). La première année, il sera orchestré par Valérian Guillaume, qui va s’entourer d’autres auteurs pour que le public puisse se confronter à plusieurs formes d’écriture. Quand on pense pratique amateur, on pense d’abord au jeu, mais l’écriture me semble fondamentale. Et ce travail de pratique d’écriture avec les amateur·rices doit aussi permettre de relégitimer l’accès au théâtre, en partant de l’existant, du public. Et c’est aussi comme cela que je conçois mon rôle de directrice du CDN : partir de l’équipe en place, comprendre ce qui a été bâti avant moi, pour se projeter.

L’une de vos pièces, Les Petits Pouvoirs, est consacrée aux relations de domination dans le cadre professionnel. J’imagine que vous serez attentive à votre management au sein de l’entreprise que vous allez diriger ?

Oui, tout à fait. Cette pièce a été écrite par rapport à ce que j’avais pu voir émerger dans le monde du théâtre. Et comme je n’avais pas envie d’écrire sur le théâtre, j’avais placé l’action dans un cabinet d’architecte pour faire de la fiction. Mais les gens qui avaient des choses à reconnaître du milieu du théâtre les ont bien reconnues.

Vous arrivez à la direction d’un CDN qui possède sa propre histoire, avec une équipe permanente en place. Comment concevez-vous votre management ?

Déjà, ça donne le trac parce qu’il y a des attentes. Je suis venue rencontrer l’équipe en décembre pour lui présenter le projet. La question du temps sera centrale. Dans ce milieu, on a tous un peu l’impression de courir. Pour pouvoir mettre en place de bonnes relations de travail, il faut prendre le temps, et se l’imposer à soi-même. C’est la première chose que l’on s’est dite avec l’équipe : prenons du temps. Là, je viens de faire ma rentrée avant de partir finaliser ma nouvelle création, et je m’installe vraiment fin janvier. À partir de là, l’idée sera de faire des entretiens individuels avec chaque salarié pour qu’ils puissent me dire comment ils ont envie de s’approprier mon projet. Rien ne pourra se faire sans eux.

Comment vous êtes-vous préparée ? Avez-vous suivi des formations ?

En compagnie, j’ai été accompagnée par La Belle Ouvrage, car, lorsque la structure a été conventionnée, on a changé de dimension, et il a fallu apprendre des choses qui semblent parfois être du bon sens. Est-ce que l’on peut être un bon manager quand on est artiste ? Je pense que oui. Ce n’est pas du tout contradictoire, mais cela se prépare. Je bénéficie aussi du dispositif La Relève jusqu’à fin juin, et puis il y a le soutien de l’ACDN. Et pour revenir à la notion du temps, on ne peut pas attendre d’une équipe à plein temps toute l’année d’avoir le même investissement que celui d’une équipe artistique au sein d’une compagnie qui ne dispose que de quelques semaines pour créer un spectacle. Il faut respecter la vie privée de l’équipe, les horaires, le droit du travail, et je me réjouis de pouvoir travailler avec une équipe enthousiaste, qui a des envies, qui est investie. C’est important de développer de la joie dans le travail.

9 janvier 2026/par Stéphane Capron
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