Le fonds d’urgence annoncé mi-janvier pour accompagner la création artistique dans les institutions en péril « ne sera pas mis en place », mais sa dotation prévue, d’un montant de 40 millions d’euros, restera affectée, a indiqué le ministère de Culture dans un communiqué ce vendredi.
Ce « fonds exceptionnel au profit des situations les plus critiques pour la création artistique dans les territoires », annoncé par la ministre Rachida Dati lors de la discussion budgétaire au Sénat sur le projet de loi de finances pour 2025, devait initialement viser les institutions « d’intérêt national » les plus en péril, selon ses propos. Cela suscitait des critiques parmi les acteurs du spectacle vivant qui, à l’instar de la CGT Spectacle, arguaient que ces crédits devaient toucher « l’ensemble des structures, quelle que soit leur taille ou leur renommée ».
« Tenant compte des réserves exprimées […], le fonds d’urgence ne sera donc pas mis en place », indique le ministère, après une rencontre entre Rachida Dati et des organisations du spectacle vivant jeudi après-midi. Ses crédits seront affectés « au bénéfice des politiques publiques » culturelles dans le domaine de la création, « notamment dans les territoires ». La ministre oeuvre par ailleurs à « la signature de contrats de territoire pour la culture ». Le ministère annonce la « signature prochaine d’une convention avec l’Assemblée des départements de France », alors que la plupart des régions ont voté avant Noël des budgets qui rationnent leurs dépenses.
Ces derniers jours, un mouvement de protestation contre les coupes budgétaires dans le secteur, #DeboutPourLaCulture, invite, dans les théâtres, les spectateurs, à l’issue des représentations, à se lever pour soutenir le secteur culturel. Il est soutenu par des dizaines de personnalités du cinéma, du théâtre et du monde de la culture, comme Laure Calamy, François Morel, Marina Foïs, Pascal Légitimus, Juliette Binoche ou Alice Zeniter.
« Notre secteur reste très inquiet face à la situation », en raison de « l’inflation des dernières années » ou encore des « coupes budgétaires qui vont venir des collectivités », souligne néanmoins Joris Mathieu, co-président du Syndeac (employeurs des entreprises artistiques et culturelles, premier syndicat du secteur public), saluant cependant « de petites avancées de court terme ». Il a également appelé à ce que les crédits du dispositif de soutien à l’emploi dans le spectacle vivant, le Fonpeps, soient « assurés ».
Karine Perret © Agence France-Presse
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