
De même, l’écriture de Quéinnec fouille et drague la tête de Claude, pour ramener à la surface souvenirs, visages et paysages : déchets enfouis dans la vase de la mémoire, témoins de toutes ces couches géologiques qui fondent la vie d’un homme, d’une époque. Claude repart et revient, se reconstruit et se défait, se libère et se perd, avec une voix pour seul fil d’Ariane, qui s’appelle ici Raymonde – à la fois sœur, mère, femme aimée, chauffeur de taxi ou ange gardien qui le talonne ou le console.
Avec lui, elle cherche le « fin mot de l’histoire » : pourquoi cette incapacité à se poser enfin ? Quelle culpabilité secrète, quel effroi commande à la fuite-marche incessante de cet Ulysse d’aujourd’hui ? Flotte quelque part l’image terrible des boat people, de toutes ces populations éternellement déplacées, exilées, rejetées…
Un marie-salope, rafiot pour odyssée ciel terre mer
de Jean-Paul Quéinnec
mise en scène Antoine Caubet
avec Cécile Cholet et Christian Jéhanin
(Editions Quartett, décembre 2010)
scénographie Isabelle Rousseau, son Valérie Bajcsa,
lumière Antoine Caubet
Antoine Caubet, artiste associé au Théâtre de l’Aquarium
coproduction : Théâtre Cazaril (Cie conventionnée par la Drac Île-de-France), Théâtre de l’Aquarium, avec le soutien de la Mairie de Paris
9 mars > 10 avril 2011
du mercredi au vendredi à 20h30, le samedi à 16h et à 20h30,
le dimanche à 16h

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