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« Fidélité(s) ou la Panenka d’Hakimi », goal volant

A voir, Les critiques, Saint-Denis, Théâtre
Ali Esmili Fidélité(s) ou la Panenka d'Hakimi de Mona El Yafi
Ali Esmili Fidélité(s) ou la Panenka d'Hakimi de Mona El Yafi

Photo Jean-Louis Fernandez

À l’heure où les citoyens binationaux sont de plus en plus souvent sommés de choisir leur camp, Fidélité(s) ou la Panenka d’Hakimi vient explorer à travers le football la complexité des attachements qu’éprouvent les populations issues de l’immigration. Une pièce simple, drôle, émouvante et instructive signée Mona El Yafi et mise en scène par Ali Esmili.

Prenez la salle Mehmet Ulusoy du Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, de 160 places environ. Asseyez-y pour une bonne moitié des spectateurs jeunes venus de collèges et lycées du coin, passablement dissipés avant que ne commence le spectacle. Représentez-leur Fidélité(s) ou la Panenka d’Hakimi et, en un rien de temps, vous sentirez comment quelque chose prend. Le sujet, le langage, les interprètes… Laissez jouer 1h30 environ, 1h30 d’une attention intense, de rires et de larmes, d’un silence absolu qui dit combien la pièce captive, et vous aurez au final de tonitruantes salves d’applaudissements et un public ravi. Le théâtre gagne parfois à être simple, surtout quand il se fait en même temps profond. L’intrigue de Fidélité(s) est en effet sans grand enjeu. Lila, 16 ans, doit choisir entre suivre un stage à Clairefontaine avec les espoirs françaises ou au Maroc avec les espoirs marocaines. Lila est binationale. Comme pas mal de footballeurs pros d’aujourd’hui, elle doit faire un choix qui n’engage pas que la question de ses perspectives de carrière. Son père serait ravi qu’elle joue pour le Maroc, sa mère préférerait qu’elle choisisse la France. Tous deux sont pourtant originaires du royaume d’Afrique du Nord. Et son grand-père paternel, lui, qui a émigré le premier, qu’en pense-t-il ?

À travers une situation simple aux accents réalistes, Mona El Yafi, dans la mise en scène d’Ali Esmili, traverse la complexité des attachements des populations issues de l’immigration. Fantasme du pays d’origine qu’on ne connaît qu’à travers les vacances d’été, manifestations de rejet du pays où l’on est né et où l’on a grandi, volonté de poursuivre le processus familial d’intégration et envie de retrouver ses racines… Bien des mouvements contradictoires traversent la jeune footballeuse au caractère bien trempé qu’incarne une Saffiya Laabab toute en énergie, émotions et excès de son âge. Autour d’elle, une mère (Fejria Deliba) qui cherche à faire entendre la voix de la raison et un père (Azize Kabouche) qui laisse parler son cœur. De toute façon, ni l’un ni l’autre ne sauraient même choisir de quelle couleur ils veulent repeindre leur appartement. Comme leur tête, leur appartement est en chantier et ce n’est pas un frère (Ali Esmili) qui ferait tout pour ne pas décevoir ses parents, jusqu’à leur mentir sur sa situation, qui va contribuer à y mettre de l’ordre.

Conjuguant ce cocasse et sympathique tableau familial et celui des difficultés qu’il y a à vivre dans un pays qui, de plus en plus, paraît vous rejeter, Fidélité(s) traite donc bien plus, on s’en doutait, que du choix d’une équipe nationale. Son dispositif, jeu à l’avant-scène, au plus proche du public, devant un rideau figurant un mur à repeindre, s’approfondit lorsqu’intervient le grand-père. Une scène à pleurer, comme l’avait été, mais de rire cette fois, Lila s’imaginant marquer pour le Maroc, d’une panenka, à l’instar d’Hakimi lors de la Coupe de monde 2022, en huitièmes de finale contre l’Espagne, pays dont il possède également la nationalité. Écrite comme un flashback que Lila plus âgée (Ysmahane Yaqini) commente, légèrement en retrait, Fidélité(s) ne recule pas devant les passages obligés – recette de beghrir et quelques pas de danse trad – et n’hésite pas non plus à aller chercher les émotions. Des émotions auxquelles on se laisse aller avec d’autant plus de plaisir que le propos ne craint pas de se faire complexe. La vie n’est pas comme le foot, fait semblant de regretter Mona El Yafi, elle n’est pas constituée d’émotions simples et de perceptions tranchées. Elle se conjugue au contraire au doute et aux hésitations qui font de Fidélité(s) une pièce qui donne à réfléchir tout en mettant en lumière, vue de l’intérieur, cette vie bien trop méconnue des populations issues de l’immigration.

Eric Demey – www.sceneweb.fr

Fidélité(s) ou la Panenka d’Hakimi
de Mona El Yafi
Mise en scène Ali Esmili
Avec Fejria Deliba, Ali Esmili, Azize Kabouche, Saffiya Laabab, Ysmahane Yaqini, et la participation de Azzedine Bouayad, Emmanuel Noblet, Oussama Esmili et des joueuses U17 Féminines du club de l’Union Sportive Fontenaysienne
Collaboration à la dramaturgie Hamza Esmili
Scénographie Salma Bordes
Lumière Lou Morel
Musique Wissam Hojeij
Vidéo Jérémie Scheidler
Costumes Benjamin Moreau
Régie générale Jeanne Dreyer
Régie son Vincent Petruzzellis

Production Collectif Les Trois Mulets
Coproduction Théâtre de Lorient – CDN ; La Manufacture – CDN Nancy Lorraine ; Le Nest – CDN transfrontalier de Thionville-Grand Est ; Escher Theater – Théâtre d’Esch, Luxembourg ; Espace Bernard-Marie Koltès, Metz ; Théâtre Jean-François Voguet, Fontenay-sous-Bois
Avec l’aide du ministère de la Culture (DRAC Grand Est), de la Région Grand Est, du Département de la Moselle, de la Spedidam
Avec le soutien du Centre des Récits du Théâtre National de Strasbourg

Durée : 1h30

Théâtre Gérard Philipe, CDN de Saint-Denis
du 11 au 21 mars 2026

La Manekine, Scène intermédiaire des Hauts-de-France, Pont-Sainte-Maxence
le 27 mars

Instituts français au Maroc
du 8 au 25 avril

15 mars 2026/par Eric Demey
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