Alors que les milieux littéraires sont secoués par l’affaire Thélyson Orélien, accusé d’avoir utilisé l’IA, le dramaturge Alain Sachs entretient le doute à dessein sur sa dernière pièce, Un pur chef-d’œuvre, qu’il présente comme « la première intégralement écrite par l’intelligence artificielle ».
Dès le lever de rideau, Alain Sachs, qui signe aussi la mise en scène, dévoile aux spectateurs les supposées consignes qu’il a données à l’intelligence artificielle (IA) : une pièce drôle, avec cinq coups de théâtre, en utilisant tous les codes du théâtre de boulevard.
Sur la scène du Théâtre de Passy à Paris, la pièce, jouée jusqu’en janvier 2027, entraîne ensuite les spectateurs dans un labyrinthe loufoque en compagnie de six personnages convoqués par un mystérieux bienfaiteur.
Jonglant entre « effroyable menace et vaste blague », elle se transforme au final en déclaration d’amour au théâtre, aux auteurs, aux comédiens et aux spectateurs, délivrée avec humour et émotion par une intelligence 100 % humaine.
« Il y a quelque temps, j’ai compris à quel point l’intelligence artificielle commençait à envahir le monde des arts en bouleversant d’abord les doublages au cinéma et à la télévision, et pouvant un jour menacer les auteurs de pièces de théâtre, après la musique et la littérature », raconte Alain Sachs, qui souhaitait aborder cette question sur scène.
« Très vite, je me suis mis du côté de ceux qui pensent que non. Je pense que le théâtre est le seul domaine où la quintessence même ne pourra échapper aux auteurs et aux comédiens, et que l’IA ne sera jamais totalement apte à produire la moindre œuvre dramatique digne de ce nom. Même si je sais qu’on n’est pas à l’abri », reconnaît le metteur en scène qui vient de publier ses mémoires racontant cinquante ans de théâtre, J’m’en fous, j’dis tout ! (éditions Nouveau Monde), espère que cette pièce sera ensuite jouée en tournée.
« Par les temps qui courent, ce n’est pas facile pour une pièce comme celle-ci, un peu trop ovni pour les programmateurs, de plus en plus sous le coup de réductions de budget », estime le metteur en scène, qui a produit lui-même cette création.
© Agence France-Presse





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