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À Sens Interdits, le Chili a un goût amer

Actu, Lyon, Théâtre
Fundación Teatro a Mil

Space Invaders photo Fundación Teatro a Mil

La 7ème édition de Sens Interdits (13 – 30 octobre 2021) s’est ouverte sur deux pièces chiliennes : Feroz de Danilo Llano et Space invaders mise en scène par Marcelo Leonart. Ces créations qui sondent les blessures passées et présentes du Chili donnent le ton du festival lyonnais : direct, engagé.

Patrick Penot, fondateur et directeur du très international Sens Interdits, ne dira pas de quels spectacles était faite la programmation initiale de la septième édition de son festival. Si pour des raisons sanitaires, il a dû renoncer à la venue de plusieurs artistes qui lui sont chers, il préfère se consacrer pleinement à ceux qui ont pu rejoindre Lyon et la région Auvergne-Rhône-Alpes, où il a créé Sens Interdits en 2007 en tant que co-directeur du Théâtre des Célestins, qu’il allait ensuite quitter pour poursuivre l’aventure de manière indépendante, sous la forme d’une association. « Différente du projet initial, cette édition résulte, comme toujours, de découvertes, de longues et patientes fidélités, de hasard, de complicités mais aussi et, plus que jamais, de solidarités actives avec les lieux partenaires et les compagnies rhônalpines ou nationales tellement malmenées par le virus », dit Patrick Penot dans son édito.

Fidélités chiliennes

Si Sens Interdits n’oublie pas les absents – lors de la soirée d’inauguration, le 13 octobre au Théâtre Nouvelle Génération – Centre Dramatique National de Lyon et au Théâtre du Point du Jour, le directeur a dédié cette édition aux artistes biélorusses, aujourd’hui dans l’incapacité de s’exprimer librement dans leur pays –, son équipe travaille comme elle l’a toujours fait à rendre les plus visibles, les plus compréhensibles possible les luttes des créateurs invités. Car c’est avant tout vers les artistes engagés dans des combats collectifs, dans une défense des droits la femme et de l’homme que se portent l’intérêt et les choix de Patrick Penot, dont la programmation reflète les nombreux voyages ainsi qu’une curiosité vive. Le focus chilien de l’année illustre bien l’identité et les objectifs de Sens Interdits. À travers les cinq pièces programmées, le festival fait bien plus que d’accueillir des artistes étrangers, il dessine les contours d’un paysage théâtral très peu représenté sur nos scènes. Ou plutôt, il poursuit un dessin entamé dès ses premières années dans le but de « déplacer les regards ».

Paula Gonzalez Seguel © Danilo Espinoza Guerra

« Dès 2010, j’ai ressenti le besoin d’aller au Chili et de comprendre le lien qui unit la France à ce pays. Des années 1980 à 2000, il était fréquent de voir en France des propositions théâtrales chiliennes, qui pouvaient nous éclairer sur le sujet, mais il y en a ensuite eu beaucoup moins.  Je sentais bien que le rapprochement avait eu lieu à partir du coup d’état de Pinochet en 1973, mais je voulais me faire une idée plus précise », explique le directeur. Dès le retour de son premier voyage, en 2011, il organise la venue de deux créations chiliennes : Comida Alemana de Christian Plana, d’après Dramuscules de Thomas Bernhard, et Ni Pi Tremen de Paula González Seguel, qui mettait en scène cinq générations de femmes issues de la communauté indienne Mapuche, minorité indienne au Chili. Dix ans après, on retrouve cette artiste au programme de Sens Interdits avec une pièce intitulée Trewa, état nation ou le spectre de la trahison. À Sens Interdits, on aime les artistes qui ont de la suite dans les idées et dans les combats. Et on les suit.

Un théâtre de la mémoire et du cri

En plus des fidélités artistiques qu’il entretient sur la durée avec des artistes comme Paula González Seguel – ou encore la Russe Tatiana Frolova, présente cette année avec sa nouvelle création, de même que Jeton Neziraj, directeur de l’unique troupe indépendante du Kosovo –, Sens Interdits ne cesse d’aller à la découverte de nouveaux artistes. Ainsi le festival accueille-t-il pour la première fois les deux compagnies chiliennes qui ont fait l’ouverture du festival le 13 octobre : le Teatro La Peste de Valparaiso, qui défend un théâtre dédié aux questions sociales qui agitent le Chili, et La Pieza Oscura, dont les créations s’attachent à interroger l’héritage de la dictature en revenant sur les violences commises sous le régime de Pinochet. Les deux pièces présentées par ces compagnies, Feroz et Space invaders, dénoncent de manière frontale des injustices. Les premières subies aujourd’hui par les enfants confiés par leurs parents au service national des mineurs ou Sename, qui gère orphelinats et centres de détention. Les secondes par les femmes chiliennes, depuis l’époque de la dictature jusqu’à nos jours.

Feroz © Corporación de Cultura y Turismo de Calama

Le théâtre chilien ne recule pas devant les sens interdits. Il avance même franchement. Mis en scène par le co-directeur du Théâtre et centre de recherche La Peste, Danilo Llanos, les cinq très jeunes actrices et acteurs de Feroz – ils ont entre 16 et 18 ans – se font les porte-paroles de jeunes de leur âge que l’on n’entend jamais. Le plus souvent, ils les incarnent avec la fureur et l’énergie de l’adolescence : par les mots, mais aussi par la danse, par la course et le cri. Inspirée du livre Mon enfer au Sename d’Edison Llanos, cette pièce de colère, de dénonciation se veut au plus proche du réel. Dédiée à Lissette, décédée en 2017 à l’âge de onze ans dans un centre pour mineurs, elle appelle à une prise de conscience.

Space invaders fait de même, bien qu’avec davantage de distance par rapport aux injustices soulevées. L’écriture de Nona Fernàndez, cofondatrice de la compagnie La Pieza Oscura avec le metteur en scène Marcelo Leonart, y est pour beaucoup. Incarnées par quatre comédiennes puissantes – Carmina Riego, Roxana Naranjo, Francisca Márquez et Nona Fernández –, ses protagonistes qui tentent de reconstituer leur enfance sous la dictature sont clairement des êtres de fiction. Leur langage, bien qu’assez quotidien, présente des accents oniriques. Il compose des images qui s’inscrivent dans la trame d’un jeu vidéo dont les différents chapitres sont autant d’ordres donnés aux comédiennes, d’une manière autoritaire qui fait écho au passé évoqué par leurs personnages. Une fois cette douloureuse mémoire exhumée, Sens Interdits se poursuit avec d’autres spectacles chiliens, ainsi qu’avec des créations venues de Grèce, du Kosovo, de Russie ou encore du Liban. Chacun à sa façon, tous témoignent d’une urgence à dire qui nous déplace.

Anaïs Heluin – www.sceneweb.fr

Festival Sens Interdits, jusqu’au 30 octobre 2021 à Lyon et alentours. Tel : 09 67 02 00 85. www.sensinterdits.org

Feroz

Mise en scène : Danilo Llanos

Texte : Danilo Llanos, adaptation du livre Mi infierno en el SENAME (Mon enfer à la DASS) de Edison Llanos
Avec : Alanis Ibáñez, Martina Ibañez, Felipe Carvajal, Diego Becker, Diego Jaramillo y Katherine Lopez

Costumes : Centro de Investigación Teatro La Peste (Centre de recherche théâtre La Peste)
Lumière : Jorge Espinoza

Régie : Eduardo Sepúlveda y Andrés Ulloa

Vidéo : Francisco Olmos

Musique originale : Andrés Nazarala. Nagazaki

En Tournée :

Théâtre National Wallonie Bruxelles – Festival des Libertés

Les 19, 20 et 21 oct 2021

Trewa, état nation ou le spectre de la trahison

Mise en scène et dramaturgie : Paula González Seguel

Asist. Mise en scène / Production : Andrea Osorio Barra

Directrice musicale / Interprète : Flute traversière, Cuatro venezolano, Ron roco, Cuenco, choriste : Evelyn González

Avec : Amaro Espinoza, Benjamín Espinoza, Constanza Hueche, Norma Hueche, Vicente Larenas, Francisca Maldonado, Juan Carlos Maldonado, Hugo Medina, Elsa Quinchaleo, Paula Zúñiga

Régisseur vidéo et son :  Niles Atallah / Roberto Collío

Chanteuse/Percussions latino-américaines / Productrice :  Nicole Gutiérrez Perret

Musicien – Violoniste et Choriste : Sergio Ávila

Musicien – Cordes Latino-américaines : Juan Flores

Musicien – Violoncelliste et Choriste : Ángela Acuña

Régisseur son : Ivan González

Régisseur lumière : Francisco Herrera

Scénographie : Natalia Morales Tapia

Tournée

Théâtre National Populaire – Festival Sens Interdits

Les 28 et 29 octobre 2021

Sens Interdits en tournée :

Théâtre Durance, Château-Arnoux-Saint-Auban

Le 20 octobre 2021

Théâtre Jean Vilar, Vitry sur Seine

Le 24 oct 2021

Scène Nationale du grand Narbonne

Le 9 nov 2021

L’Estive, Scène Nationale, Foix

Le 12 nov 2021

Scène Nationale sur Aquitaine, Bayonne

Le 16 nov 2021

Théâtre Molière – Scène Nationale de Sète et du bassin de Thau

Le 19 nov 2021

 

 

18 octobre 2021/par Anaïs Heluin
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