Le grand inquisiteur qui se remet lui-même en cause. Son irritation, c’est une thérapie en direct — elle s’applique d’abord à lui — il parle directement au public, son témoin. L’implacable portraitiste se révèle. Il s’échappe à grandes enjambées du « dîner artistique ». Sur le ring désert, il se baigne dans la nuit ; il court, court et court tant qu’il peut pour se délivrer. Ne lâche-t-il pas : « Ces gens sont quand même les meilleurs pour moi (…). Je maudis ces gens mais je suis quand même forcé de les aimer. »
Il n’est pas à une contradiction près. Il a besoin d’eux, ils sont son punching ball, ils lui sont nécessaires, indispensables. Il existe contre eux. Le défilé des invités est un échantillon du genre humain, de la faune artistique et intellectuelle, artificielle, corrompue… La mise en scène se concentre autour du fauteuil à oreilles, une ronde infernale, ridicule si comique et émouvante quand le vieil acteur de Burgtheatre prononce et répète comme une litanie : des arbres à abattre.
— Jean-Louis Thamin
Le fauteuil à oreilles
de Thomas Bernhard
Adaptation et mise en scène : Jean-Louis Thamin
Avec : Robert Plagnol
Décors : Jean Haas
Lumières : Jean-Pascal Pracht
Son : Hervé Rigaud
Vidéo : Valéry Faidherbe
Assistante à la mise en scène : Amélie Gonin
Traduction française : Bernard Kreiss (Éditions Gallimard)
Représentation de l’auteur : L’ARCHE, agence théâtrale
Théâtre Montparnasse (Petit Montparnasse), Paris
À partir du 4 novembre 2026


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