Du 4 au 29 novembre 2026, la 5e édition du festival « Playground » investira les huit départements de l’Île-de-France. Portée par les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis, avec plus de 140 représentations programmées dans plus de 50 lieux partenaires, le festival s’impose comme le temps fort de la danse jeune public en région parisienne.
Depuis sa création en 2022, l’événement s’attache à déconstruire les frontières traditionnelles des arts vivants en proposant des spectacles exigeants, inventifs et accessibles, pensés pour des spectateurs de tous les âges, de la toute petite enfance jusqu’aux grands adolescents.
« Avec Playground, nous cherchons à structurer un réseau durable et à offrir une vitrine d’excellence aux artistes qui choisissent de s’adresser aux plus jeunes sans jamais céder à la facilité ou au didactisme », soulignent les organisateurs. Une ambition qui se traduit cette année par une programmation foisonnante, mêlant créations inédites, premières en Île-de-France et formes itinérantes audacieuses.
Du Moyen Âge pop au waacking libérateur : une programmation décloisonnée
L’édition 2026 fait la part belle aux formes hybrides où la danse dialogue en permanence avec les arts visuels, la musique live, la pop culture et la performance.
Parmi les temps forts très attendus figure Guillaume et Harold, la nouvelle proposition de Gaëlle Bourges avec la collection tout-terrain / OASES. Sur scène, deux interprètes s’emparent de la célèbre broderie de Bayeux — un trésor patrimonial long de 70 mètres — pour la revisiter avec trois bouts de carton, un humour malicieux et une bonne dose d’imagination. Les épisodes médiévaux s’enchaînent au rythme d’une narration espiègle, avant de s’achever, de manière incongrue mais réjouissante, sur une chanson d’ABBA, histoire d’honorer autant les reines que les rois. Coproduite par les Rencontres chorégraphiques internationales (RCI), la pièce sera notamment présentée à la Maison des Arts de Créteil et à la Maison des Métallos à Paris, cette dernière date marquant une première en Langue des Signes Française (LSF).
Autre création très remarquée de cette programmation : Un virage pour Jacky, signée par la chorégraphe Magda Kachouche (Compagnie Langue Vivante). Conçue pour les spectateurs dès 11 ans, cette pièce met en scène le danseur Jacky Medefo, qui retrace à travers le mouvement son parcours intime et politique. De ses pas traditionnels d’enfance transmis par les femmes de sa famille aux chorégraphies apprises en cachette sur YouTube, jusqu’à la découverte du waacking — un style issu des clubs queer afro-américains —, le spectacle interroge la manière dont le corps peut s’affranchir des injonctions viriles patriarcales pour réinvestir la fluidité et une féminité longtemps bridée. Une coproduction RCI et BIG qui circulera notamment au collège Jean-Martin de Neuilly-Plaisance et au Théâtre Le Colombier à Bagnolet.
La question des liens invisibles et de l’écologie corporelle est quant à elle au cœur d’Hypermer, la nouvelle création de Nina Santes. S’appuyant sur le concept philosophique de l’Hyper-Mer — qui envisage les êtres vivants comme des habitats mobiles traversés par l’eau —, la chorégraphe mêle danse liquide, chant, musique live et esthétique drag-clown. Conçue après des ateliers menés avec des enfants, la pièce invite le jeune public à imaginer de nouvelles parentés, humaines et non humaines, pour repenser les contours de la solidarité et de l’amour. La création prendra ses marques au Collectif 12 à Mantes-la-Jolie et au Théâtre municipal Les Malassis à Bagnolet.
Eveiller les tout-petits et tisser des liens intergénérationnels
Si Playground sait s’adresser aux adolescents et aux pré-adolescents à travers des thématiques sociétales fortes, le festival n’en oublie pas pour autant les spectateurs de la toute petite enfance, un axe fort de sa programmation depuis ses débuts.
Le spectacle COU ERTURE, imaginé par Pauline Valentin (MA Compagnie), propose ainsi aux bébés de 3 mois à 3 ans et à leurs accompagnateurs d’explorer le mystère des premiers souvenirs de la vie. Portée par des arrangements vocaux, des percussions et une scénographie immersive, la pièce invite les tout-petits à se blottir dans un espace sensoriel partagé. Après des représentations au Pavillon à Romainville et au Centre culturel Houdremont à La Courneuve, le spectacle entamera une vaste tournée nationale.
Dans la même veine sensorielle, Sylvère Lamotte (Immobile et Rebondi #2) ou encore Lorena Dozio avec Audio Bébé Danse! (accessible dès 6 mois) rappellent combien le geste dansé peut s’adresser aux nourrissons, éveillant leur perception de l’espace et du rythme bien avant l’acquisition de la parole.
Parallèlement, le festival cultive une forte dimension sociale et territoriale en investissant des espaces non conventionnels. Des projets comme Mieux vaut partir d’un cliché que d’y arriver, une création 2026 de Sylvain Riéjou (Association Cliché), iront ainsi à la rencontre des résidents d’EHPAD à Pantin et à Bondy, démontrant la capacité de la danse contemporaine à tisser des ponts entre les générations.





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