Les RENÉ 26 se déroulent à Metz, au Théâtre Bernard-Marie Koltès, à BLIIIDA et au Centre Pompidou-Metz du 26 au 29 octobre 2026. Initiées par la Cie La Spirale de Jean Boillot, elles explorent les écritures théâtrales sous l’angle des écritures pluri-présentielles. Elles sont composées d’un hackathon (ou défi d’écriture à partir de formats mêlant théâtre et numérique), de deux journées d’échanges et de trois spectacles.
Acteurs téléprésents, chatbots, hologrammes ou avatars, le spectacle vivant s’ouvre aujourd’hui à ces présences rendues possibles par les nouvelles technologies.
Le théâtre est souvent défini comme un art de la présence. Le droit français fait de celle-ci un critère constitutif du spectacle vivant, défini comme la représentation en public d’une œuvre de l’esprit assurant « la présence physique d’au moins un artiste du spectacle ». Des spectateurs et des interprètes se réunissent dans un même espace et un même temps pour faire l’expérience d’une altérité partagée. Cette coprésence constitue l’un des fondements historiques du théâtre.
Or cette évidence est aujourd’hui mise à l’épreuve. Robots, agents conversationnels, intelligences artificielles, avatars et autres acteurs cyber investissent les scènes contemporaines aux côtés des interprètes humains. Leur coexistence interroge les frontières de l’humain, les formes de l’action scénique et les modalités de la relation.
Dans le même temps, les technologies connectées permettent l’émergence de formes théâtrales distribuées, où acteurs et spectateurs partagent un même événement tout en étant séparés par la distance. Téléprésence, interactions en temps réel, scènes réparties entre plusieurs lieux : ces dispositifs conjuguent présence, éloignement et latence, redéfinissant les conditions de la rencontre théâtrale.
Que devient alors la présence qui fonde juridiquement, esthétiquement et symboliquement le spectacle vivant ? Quels nouveaux régimes de présence et de multi-présence émergent lorsque humains et entités artificielles partagent la scène, ou lorsque l’événement théâtral se déploie simultanément dans plusieurs espaces ?
Ces mutations constituent un défi majeur pour les écritures dramatiques contemporaines. Comment écrire pour des scènes traversées par ces nouvelles formes de présence ? Comment les dramaturgies d’aujourd’hui prennent-elles en charge des relations entre humains et agents artificiels, entre présence physique et présence médiatisée, entre proximité et distance ? Les RENÉ 26 propose d’explorer la manière dont les nouvelles écritures dramatiques se saisissent de ces transformations et inventent des formes capables de penser, de représenter et de mettre à l’épreuve les régimes de présence du monde contemporain.

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