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La carte noire imaginée par nora chipaumire pour l’ouverture du Festival d’Automne 2026

Danse, Paris

photo Mielke Ulfig

Quels ponts peut-on jeter entre Harare, Dakar et Paris ? Quels dialogues et échanges imaginer entre ces trois villes, leur histoire et leur présent ? C’est à la lumière de ces questions que nora chipaumire a imaginé la « Carte Blanche » — rebaptisée « carte noire » — que lui a proposée le Festival d’Automne.

La chorégraphe et danseuse, basée pendant un temps à New York, entretient des liens singuliers avec chacune de ces métropoles : au Zimbabwe, où elle est née et a fondé nhereraHUB, lieu de travail et de réflexion ouvert aux compagnonnages ; au Sénégal, où elle a longtemps travaillé, notamment avec les femmes du village de Toubab Dialaw ; et à Paris, où plusieurs de ses œuvres ont été présentées, dont l’image lui inspire un goût pour la conversation au sens le plus plein du terme.

Ces rencontres embrassent aussi bien les échanges autour d’une table à manger, les dialogues avec et entre des universitaires, que les transports de savoir et d’émotion que sont la mode, les livres, les performances, la musique, la nourriture et la danse. C’est tout cela — et plus encore — qui débordera des murs de la Ménagerie de Verre, cœur battant du Festival durant les trois premières semaines de son édition 2026, jusqu’à sa clôture dans les espaces d’exposition de la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

Respectueuse et curieuse de l’un des lieux emblématiques de la vie artistique parisienne, nora chipaumire ne s’y implante pas pour tout bouleverser, mais pour greffer d’autres histoires aux pratiques qui font déjà vivre l’ancienne imprimerie du 11e arrondissement : ateliers et cours autour de cette technique tournée vers le corps animiste et les présences radicales noires africaines qu’elle nomme nhaka ; cuisines zimbabwéenne et sénégalaise au sein même du restaurant Pistil, installé à la Ménagerie ; performances, DJ sets et concerts, du sous-sol à l’étage ; rencontres autour de livres et de vinyles, abordant des pensées ou des archives documentant la présence africaine à Paris et l’apport des esthétiques noires.

Il y a ce programme riche et excitant, et puis il y a toute cette part de la « carte noire » qui surgira dans les frottements du présent et des rencontres : ces étincelles de joie, d’intelligence et d’émotions qui inspirent et font avancer collectivement. Une fois établis ces ponts tant désirés, il ne restera alors plus qu’à y danser.

Les femmes africaines (sisters, wives, mothers, artists) — Music from women’s hearts and hands

Avec cette performance musicale, nora chipaumire revisite et développe — aux côtés de cinq femmes de la communauté Lébou du village de Toubab Dialaw au Sénégal — la partition de sa pièce NOT waiting…, créée en 2023 avec la chorégraphe Germaine Acogny. La volonté d’honorer le travail, la valeur, le son et la créativité des femmes africaines s’y déploie en musique, au fil de rythmes joués sur des instruments qui ne sont autres que leurs corps et des ustensiles du quotidien : assiettes, cuillères, récipients, plateaux, etc. Avec ces outils, elles transmettent — de leurs mains — une forme d’expression mathématique, codée et réinterprétée, qui leur est propre. Leur musique est ainsi un témoignage de vies imprégnées d’un riche patrimoine musulman, ainsi que des savoirs et coutumes des pêcheurs d’un village en pleine mutation de la province de Dakar, sur la côte atlantique. nora chipaumire trace une ligne entre Dakar et Harare, et souligne la diversité de la pensée africaine.

Ménagerie de Verre, Paris

11—12 septembre 2026

Ven. 19h, sam. 18h

shebeenDUB — a remix — Zimstyle — soundsystem

Pour sa deuxième semaine à Paris, nora chipaumire donne rendez-vous au public de la « carte noire » pour une soirée dub qu’elle installe dans un shebeen zimbabwéen : un bar informel niché dans des maisons privées, lieu de rassemblement où s’inventent des formes de résistance et d’insurrection face aux pouvoirs politiques. Autour du sound system qu’elle a spécialement conçu et installé dans la grande salle de la Ménagerie de Verre, elle explore le dub comme résidu et produit du commerce humain transatlantique et de la proposition continue du Commonwealth, un système qui dissimule le refus de l’Empire de partager les richesses. shebeenDUB — a remix — Zimstyle — soundsystem ravive la rage d’avant et d’après pandémie : une déclaration sonore et visuelle d’une accusation noire radicale, ouvrant des possibilités créatives et transgressives du son et des proximités humaines.

Ménagerie de Verre, Paris

19 septembre 2026

#punk (hashtag punk) — a slight revision — BLK GRL punk — returning to pre-pandemic and upgrading to post-pandemic — rage on

La Ménagerie de Verre et le Festival d’Automne à Paris présentent ce spectacle en coréalisation. À la fois concert et performance où se bousculent voix, gestes et sons, #punk puise dans les années de formation de nora chipaumire au Zimbabwe pour incarner au présent l’énergie et la rébellion du punk. Au mitan des années 1970, le mouvement s’enracine dans la contre-culture américaine et trouve un terrain particulièrement fertile au cœur d’une scène musicale new-yorkaise nourrie de poésie et de révolte. Ses échos portent loin, notamment grâce à la figure de Patti Smith, qui est au cœur d’une performance brute et sans artifice portée par Shamar Watt, David Gagliardi, Kwamina Biney et nora chipaumire. La chorégraphe et danseuse y incarne un corps féminin puissant et subversif, en totale adéquation avec un mouvement dont l’esthétique et l’éthique ont traversé intactes les décennies. Créée en 2018, #PUNK — premier volet d’une trilogie explorant également la pop et la rumba congolaise via les figures de Grace Jones et Rit Nzele — est aujourd’hui présentée dans une nouvelle version pour cette invitation du Festival d’Automne.

Ménagerie de Verre

24—26 septembre 2026

15 juillet 2026/par D'après dossier de presse et site de la structure
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