Avec le départ de Julie Deliquet à la direction du Théâtre national de la Colline, voici la liste des artistes en lice pour lui succéder à la tête du CDN Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis.
Samuel Achache
Samuel Achache se forme au Conservatoire du Ve arrondissement puis au Conservatoire national supérieur d’art dramatique. En 2013, il co-met en scène avec Jeanne Candel Le Crocodile trompeur/Didon et Enée, théâtre-opéra d’après Henry Purcell, récompensé du Molière du spectacle musical. En 2015, il met en scène Fugue, présenté au Festival d’Avignon. Il renouvelle sa collaboration avec Jeanne Candel pour Orfeo / Je suis mort en Arcadi ainsi que pour La Chute de la maison avec le Festival d’Automne. En 2018, il crée Chewing gum Silence avec Antonin Tri Hoang avec le Festival d’Automne (sortie du livre-disque illustré par Bonnefrite en 2022), Songs avec l’Ensemble Correspondance – Sébastien Daucé. En 2020, il met en scène au théâtre de l’Aquarium Original d’après une copie perdue conçu avec Marion Bois et Antonin Tri Hoang.
Après avoir co-dirigé le Théâtre de l’Aquarium de 2019 à 2020, Samuel Achache fonde en 2021 sa compagnie de théâtre et de musique : La Sourde. En 2021, Samuel Achache, Florent Hubert, Eve Risser et Antonin Tri Hoang imaginent Concerto contre piano et orchestre, le premier spectacle de l’orchestre à l’Athénée – Théâtre Louis Jouvet à Paris dont le vinyle illustré par Bonnefrite sort en 2024. En 2022, Samuel Achache présente Sans tambour, d’après les Liederkreis de Robert Schumann, au Festival d’Avignon. En 2025, il crée avec Florent Hubert, Eve Risser et Antonin Tri Hoang La Symphonie tombée du ciel avec l’orchestre La Sourde à l’Athénée Louis Jouvet à Paris. La même année, il crée à l’Opéra de Nancy Les Incrédules, un opéra original composé par Florent Hubert et Antonin Tri Hoang dirigé par Nicolas Chesnaux, notamment présenté au Festival d’Avignon. En 2026, il met en scène Fanfare imaginé par et avec Anne Lise Heimburger et dont la direction musicale est confiée à Florent Hubert. Il collabore récemment sur les spectacles de Thomas Fersen, du philosophe Maxime Rovere, et de la violoncelliste Noémi Boutin. Il créera en juin 2026 son prochain spectacle au tnba – CDN Bordeaux Aquitaine dans le cadre du festival Pulsations.
Eva Doumbia
Née à Harfleur (76), j’ai grandi à Gonfreville l’Orcher, près du Havre, dans un milieu où se croisaient des enseignant.e.s, des ouvriers/ères syndiqué.e.s, des travailleurs immigrés et des étudiants africains. Après mes études en Lettres modernes et théâtrales à l’Université de Provence (Aix), puis à l’Académie Expérimentale de Michelle Kokosowski, j’ai été formée à l’Unité Nomade de Formation à la mise en scène auprès de Jacques Lassalle,
Krystian Lupa (mise en scène), André Engel/Dominique Müller (dramaturgie et mise en scène), pour la technique avec Pierre Mélé, André Serré et Marion Hewlett. Plus récemment, j’ai suivi la formation « Initiation à la dramaturgie sérielle » de la FÉMIS.
J’ai fondé en 2000 entre Marseille et Abidjan, La Part du Pauvre/Nana Triban. Depuis 2018, la compagnie est normande et réside au Théâtre des Bains Douches à Elbeuf depuis 2019.
Mes origines sont maliennes, ivoiriennes et françaises (Normandie), je me définis comme afropéenne. Ma démarche artistique questionne poétiquement les identités multiples et tente la construction sensible de ponts entre différents mondes. Ces ponts sont géographiques et relient l’Europe, les Amériques (du Nord et la Caraïbe) et l’Afrique mais aussi sociaux entre le monde ouvrier, celui des arts, celui de la recherche en sciences humaines. Ils sont artistiques lorsque j’invite la gastronomie, la mode, la coiffure, la danse, la musique, ou la philosophie dans mes créations théâtrales.
Je suis une des co-fondatrices du collectif « Décoloniser les Arts », qui œuvre pour une meilleure représentation de tous et toutes dans la culture et s’attache à la pluralité des récits de France. J’ai été artiste associée au Théâtre des Bernardines à Marseille, au Sémaphore à Port de Bouc, aux Ateliers Médicis à Clichy sous Bois, au Théâtre du Nord à Lille et Tourcoing, aujourd’hui au Préau à Vire. En 2024, le Théâtre Public de Montreuil m’a offert une carte blanche d’un mois lors de ses « Quartiers d’artistes ».
Au début des années 2000 je créais des performances à partir de mes propres textes, « Les Anges Rouges de la Ville », « Hommes, Femmes, Escargots » dans des espaces non théâtraux. (bars, musées, galeries d’art, commerce, appartements, friches urbaines ou rurales…) Puis j’ai traversé les écritures des auteur.ices suivant.e.s : Edward Bond, Alfred de Musset, Fabrice Melquiot, Kouam Tawa, Peter Turrini, Lars Noren, Bertolt Brecht, Dieudonné Niangouna, Aristide Tarnagda, Léonora Miano. J’ai adapté les romans de Chester Himes, Maryse Condé, Yanick Lahens, Fabienne Kanor, Jamaica Kincaid…
En 2015, je suis revenue à l’écriture : accompagnée par l’auteur et éditeur Raharimanana, j’ai publié « Anges Fêlées », premier roman chez Vents d’Ailleurs. Depuis, mon activité de metteuse en scène est indissociable de mon travail d’autrice.
Maëlle Dequidt et Simon Hatab
Maëlle Dequiedt crée des formes iconoclastes qui mêlent théâtre et musique. Ses spectacles flirtent souvent avec l’absurde pour mettre à nu une humanité profonde. À la frontière de la performance, elle travaille des écritures de plateau nourries par l’improvisation, qui placent les interprètes au cœur du processus de création. Née à Nevers, elle a étudié le violoncelle et les arts du spectacle avant d’intégrer en 2013 la section mise en scène du TNS
Parmi ses récentes mises en scène, La Stratégie du choc d’après Naomi Klein ; Stabat Mater d’après Domenico Scarlatti ; Fwd: Chantal d’après le cinéma de Chantal Akerman ; The Democracy Project d’après la pensée anarchiste de David Graeber ; Hurlevent d’après le roman et la vie d’Emily Brontë
Avec sa compagnie La Phenomena, implantée dans le Nord, elle mène des projets nourris par l’expérience du territoire et la rencontre avec ses habitant·es : I Wish I Was intégrant une fanfare municipale à chacune de ses représentations, Les Noces de Figaro (variations) à l’Opéra de Lille avec 300 enfants de la région, le film Histoire du bouc tourné avec les habitant·es et associations locales de Denain et Douchy-les-Mines où La Phenomena a été en résidence pendant 4 ans
Maëlle Dequiedt travaille également à l’opéra. En 2016, elle a été metteuse en scène en résidence à l’Académie de l’Opéra national de Paris. Elle a créé A Brief Draft Of Human Desires ; Salon Strozzi: ein Sit-In ; L’Enfant et les sortilèges (An Empty House).
Coproduits en France, en Allemagne, en Belgique, en Suisse, ses spectacles tournent dans des lieux dédiés au théâtre ou à la musique (Théâtre de La Bastille, Théâtre Silvia Monfort, Comédie de Colmar, Bouffes du Nord, Maison de la Culture d’Amiens, Manège de Maubeuge, Quartz de Brest, Halles de Schaerbeek, Comédie de Valence, Théâtre du Nord, Théâtre des 13 Vents de Montpellier, Palais des Beaux-Arts de Charleroi, Théâtre Ouvert, Théâtre Paris-Villette, Grand T et TU à Nantes, Opéra de Lille, Cité Bleue Genève, Festival Musica à Strasbourg, Opera Ballet Vlaanderen, Hessisches Staatstheater Wiesbaden, Opéra de Rouen, Théâtre de Caen…).
En parallèle à ses créations, elle s’investit dans de nombreuses actions culturelles et mène des ateliers de transmission, notamment auprès des étudiant·es de l’ESAD et de l’école du TNB, ainsi que pour l’Opera Ballet Vlaanderen. Elle codirige le projet Else(w)here qui réunit des étudiant·es de l’ENSATT, du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon et de l’Université de Cape Town en Afrique du Sud
Lauréate en 2017 du prix Cluster initié par Prémisses, Maëlle Dequiedt est associée pour 3 saisons au Théâtre de la Cité internationale. En 2018, elle intègre le Pôle Européen de Création Valenciennes – Amiens. Elle est actuellement artiste associée à la Scène nationale d’Orléans, à la Comédie de Colmar et à l’Université de Lille
En 2025, elle est lauréate du programme franco-belge EMERGE qui lui offre un accompagnement de 4 ans par des institutions des Hauts-de-France, de Flandre et de Wallonie. Elle bénéficie de la bourse Recherche en théâtre et arts associés 2025-2027 du Ministère de la Culture pour mettre en œuvre un projet incluant un laboratoire nomade sur les formes mêlant musique et théâtre ainsi que la publication d’une revue d’arts vivants.
Simon Hatab est dramaturge. Il a étudié les arts du spectacle à l’Université Paris Nanterre et suivi les cours de l’École internationale de théâtre Jacques Lecoq. Il travaille avec les metteur·ses en scène Clément Cogitore, Silvia Costa, Maëlle Dequiedt, Lisaboa Houbrechts, Tiago Rodrigues, Émilie Rousset, avec les chorégraphes Sidi Larbi Cherkaoui, Bintou Dembélé, Sofia Dias et Vítor Roriz, Olga Dukhovna, avec les compositeur·rices Nadia Ratsimandresy et Rangalanga Mboangy. Il collabore avec le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris sous la direction d’Émilie Delorme et avec le Festival d’Avignon sous la direction de Tiago Rodrigues, pour lequel il accompagne notamment les Tentatives dramaturgiques. Il a occupé le poste de dramaturge-coordinateur à l’Opéra national de Paris jusqu’en 2019.
Parmi ses projets récents ou à venir, Hurlevent au Théâtre de la Bastille, Après la mémoire au Festival Musica, La Flûte enchantée au Festival d’Aix-en-Provence, The Democracy Project et Fwd: Chantal au Théâtre Silvia Monfort, Hopak aux Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis, Ruído à Culturgest Lisbon, Salon Strozzi: ein Sit-In au Hessisches Staatstheater Wiesbaden, Idomeneo au Grand Théâtre de Genève, Stabat Mater au Théâtre des Bouffes du Nord, Macbeth et Médée à la Comédie-Française, Julie et Tristan et Isolde à l’Opéra de Nancy, Les Indes galantes à l’Opéra national de Paris.
Il est l’auteur de La Quadrature d’une ville, publié aux Cahiers de Corée avec la photographe Élisa Haberer. Pour la Jeune troupe de la Comédie de Colmar, il écrit Faire le mur, librement inspiré de trois fragments du Songe d’une nuit d’été. Il participe aux expositions Dans tes brumes avec Lise Bruyneel et Oscillations avec Clément Cogitore à la galerie Les filles du calvaire. Investi dans les projets éditoriaux de nombreux théâtres, il signe également des articles dans les magazines Mouvement, Bande à Part, Fumigène, Alternatives théâtrales, Europe et coordonne un numéro de Théâtre/Public sur le théâtre musical. Il fait partie du programme Performing Utopia du King’s College de Londres et du groupe de recherche Histoire des Arts et des Représentations de l’Université Paris Nanterre, où il a donné un cycle de cours sur la dramaturgie
Avec la compagnie La Phenomena dirigée par Maëlle Dequiedt, il est associé au Pôle Européen de Création Valenciennes – Amiens, à la Scène nationale d’Orléans, à la Comédie de Colmar et à l’Université de Lille. En 2025, La Phenomena est lauréate du programme franco-belge EMERGE qui lui offre un accompagnement de 4 ans par des institutions des Hauts-de-France, de Flandre et de Wallonie. La compagnie bénéficie de la bourse Recherche en théâtre et arts associés 2025-2027 du Ministère de la Culture pour mettre en œuvre un projet incluant un laboratoire nomade sur les formes mêlant musique et théâtre ainsi que la publication d’une revue d’arts vivants.
Elsa Granat
Née à Marseille en 1981, elle commence le théâtre après ses études (khâgne et hypokhâgne), elle se forme au CNR de Marseille sous la direction de C. Benedetti. Elle fait la rencontre déterminante d’Edward Bond à l’occasion d’un stage à la Friche de la Belle de Mai. À Paris, elle complète sa formation dans la Classe Libre du Cours Florent.
Depuis 2004 elle a joué sous la direction de C.Benedetti (L’Amérique, suite de B. Sbrljanovic, Oncle Vania et Trois Soeurs de Tchekhov), S.Catanese (Caligula ), S.Shao (Feydeau etc.), B.Porée, (Andromaque, Platonov, Trilogie du Revoir), A.Ubaldi (la Chambre de Médée, Riviera), J.Serre (Data Mossoul). En tant que dramaturge, elle a été l’assistante de Jérôme Hankins sur le théâtre Jeune-Public de Bond et de C. Benedetti sur Lampedusa Beach de L. Prosa et Existence de E. Bond lors de la création de ces pièces à la Comédie Française
Elle fait émerger, avec Roxane Kasperski Mon amour fou, elle collabore ensuite avec d’autres acteurs comme Christophe Carotenuto ou Lola Naymark sur des seuls-en-scène
Elle crée sa compagnie Tout un ciel en 2015 qui accueille ses mises en scène et écritures. Elsa Granat défend un théâtre très incarné, intensément vivant, une dramaturgie éclatée, bondissante et un rapport au politique construit à partir d’expériences vécues. Avec les acteurs et les créateurs de Tout Un Ciel, Elsa Granat élabore des fictions qui éclairent certaines zones d’ombres de notre société, le rapport à la mort, la différence et la vulnérabilité. La nécessité d’un spectacle démarre à partir d’expériences vécues pour établir une sorte de cercle vertueux entre les faits réels, la fiction de la représentation et un retour à la réalité pour agir concrètement sur la question soulevée. C’est ainsi que se sont créés et pensés: Mon Amour Fou en 2015, Le Massacre du Printemps en 2017, V.I.T.R.I.O.L en 2020 et J’ai une grande vitalité comme un requin du Groenland en 2022
L’ADN de Tout Un Ciel se diffuse dans les théâtres et dans les espaces non dédiés pour aller vers des territoires et des publics qui peuvent être spécifiquement touchés par les sujets que traitent la compagnie. Les spectacles font émerger des sujets sociétaux en des récits nouveaux et cherchent à transcender par le collectif ce que l’individu ne peut pas dépasser seul.
Soucieuse d’ouvrir ce processus de transformation des perceptions et des attentions elle convie des groupes d’amateurs à intégrer chacune des créations pour une ou plusieurs représentations. Elle travaille à l’élaboration de spectacles-frontières, où les acteurs professionnels et les gens s’approprient le théâtre pour déjouer des craintes de civilisation, l’intrusion de l’IA dans l’intimité des foyers (en mai 2022 Artificielles, Scène conventionnée de Brétigny) ou récemment l’état du système de santé publique ( en juin 2026 Partition Publique,Théâtre Gérard Philipe – CDN de Saint-Denis
Depuis 2022, Elsa Granat amorce un mouvement tourné vers la réinvention du répertoire, qu’elle nomme les « pièces d’héritage ». Elle repart du patrimoine théâtral, comme témoignage des conceptions anciennes et elle le perfore à l’aune des conceptions présentes. C’est ainsi que naissent King Lear Syndrome ou les mal-élevés en 2022, Nora… Nora… NORA ! De l’influence des épouses dans les chefs-d’ oeuvre en 2023. Elle crée Les Grands Sensibles ou l’éducation des barbares en septembre 2024 au Théâtre Gérard Philipe – CDN de Saint-Denis, et Une Mouette d’après Anton Tchekhov en avril 2025 à la Comédie Française
En Février 2026, pour la première fois, elle a appliqué ce principe d’héritage à destination du Jeune Public dans Papy Quichotte.
La Compagnie Tout Un Ciel est conventionnée par la DRAC Ile de France. Elsa Granat est artiste associée au TGP – CDN de Saint Denis et au NEST – CDN de Thionville. Elle est membre de la maison d’artistes LA KABANE.
Sébastien Khéroufi
Né à Paris, d’un père algérien et d’une mère française, Sébastien Kheroufi grandit entre les quartiers populaires de la banlieue parisienne et les foyers Emmaüs et Sonacotra.
En 4ème, une conseillère d’orientation lui prédit une carrière de garagiste et l’oriente en BEP mécanique. Sébastien Kheroufi finit par arrêter l’école pour travailler. Garagiste, chauffeur de bus RATP, manutentionnaire, bagagiste, gérant de bar à chicha, vendeur de fenêtres, plongeur, homme de chambre, agent d’entretien : autant de métiers qu’il exercera avant d’être admis, des années plus tard, à l’École supérieure d’art dramatique de Paris.
Après sa formation à l’ESAD et plusieurs rôles d’interprétation au théâtre et au cinéma, il fonde sa compagnie, La Tendre Lenteur, en 2022. Cette même année, il est lauréat des Ateliers Médicis, participe à Création en cours et au festival TRANSAT, assiste Anne-Laure Liégeois pour l’inauguration du site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France, et mène parallèlement, avec le Théâtre national de la Colline, un travail avec des collégiens en UPE2A à Épinay-sur-Seine autour de l’exil.
En juin 2023, il signe sa première mise en scène, Antigone de Sophocle, au Théâtre du Soleil, dans le cadre du festival Départ d’Incendies, avec le Centre d’hébergement et d’urgence Emmaüs de Saint-Maur-des-Fossés. Entre la France et l’Algérie, le spectacle relit la tragédie à travers les blessures communes de ces deux pays.
La même année, le Centre Pompidou et les Ateliers Médicis l’invitent à présenter sa première performance, Outrage au public, dans le cadre de Moviment au Centre Pompidou.
En 2023, il devient artiste associé au CDN – Théâtre des Quartiers d’Ivry, puis, en 2024, au Théâtre de Corbeil-Essonnes | Grand Paris Sud. Il est également lauréat, la même année, du dispositif FoRTE, Fonds régional pour les talents émergents, porté par la Région Île-de-France.
En mars 2024, il met en scène Par les villages de Peter Handke au Théâtre des Quartiers d’Ivry, puis au Centre Pompidou, avec 100 habitantes et habitants d’Ivry-sur-Seine. En collaboration avec Peter Handke, il transpose le village de l’auteur autrichien dans une cité de banlieue française, afin d’interroger les fractures sociales, l’héritage, le territoire et l’ascension sociale. Le spectacle est recréé dans sa version finale en décembre 2024 au Centre Pompidou, dans le cadre du Festival d’Automne.
Parallèlement en 2024, il entame l’écriture du dernier chapitre de son triptyque à Rome, La mort du Môme, en résidence à la Villa Médicis. Ce travail se poursuivra ensuite lors de différents voyages en Algérie.
Sébastien Kheroufi est nommé Révélation théâtrale de l’année 2024, prix Jean-Jacques-Lerrant, par le Syndicat de la critique théâtre, musique et danse.
En juin 2025, il présente Le Chant du Bouc au TANDEM Scène nationale | Hippodrome de Douai, dans le cadre de CURA, programme curatorial présenté par Mehdi Brit. Cette performance, élaborée avec les habitantes et habitants du territoire, prend la forme d’un rite scénique autour du désenchantement.
En janvier 2026, il retrouve la Villa Médicis pour achever l’écriture de sa prochaine mise en scène, La Mort du Môme.
La Mort du Môme prolonge un triptyque commencé avec Antigone puis Par les villages. Le projet explore l’héritage, la disparition du père, les déterminismes sociaux et la mémoire familiale. Pensée comme une fresque familiale et politique, la pièce interroge la filiation, l’exil et la réparation.
Autour de cette création, Sébastien Kheroufi déploie plusieurs formes : Du sel dans les yeux, prologue présenté en mai 2026 au port de Marseille, sur la Digue du Large, dans le cadre de l’ouverture de la Saison Méditerranée, puis Les Enfants de la patrie, épilogue qui sera présenté au Panthéon en octobre 2026, en partenariat avec le Festival d’Automne, le Centre Pompidou et le Centre des monuments nationaux.
La première de La Mort du Môme aura lieu le 6 novembre 2026 au Théâtre national de La Colline, dans le cadre du Festival d’Automne.
À travers ses créations, Sébastien Kheroufi place la poésie au cœur du plateau et travaille à partir des territoires, des rencontres et des récits trop rarement entendus. Son théâtre interroge les origines, l’identité, la construction sociale et la mémoire collective. Il porte le désir de raconter le monde d’aujourd’hui avec la plus grande exigence, aux côtés de toutes celles et ceux qui le constituent.




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