La Chambre régionale des comptes d’Occitanie a épinglé lundi la situation financière « préoccupante » du festival de théâtre montpelliérain Le Printemps des Comédiens, l’un des plus importants de France, et dénoncé « d’importants dysfonctionnements de gestion et de contrôle ».
« La gestion de l’association Le Printemps des Comédiens met en lumière plusieurs dysfonctionnements notables qui ont été favorisés par un certain effacement des instances de gouvernance au profit du seul directeur », Jean Varela, qui a dirigé l’institution de 2011 à fin 2025, indique la Chambre régionale des comptes (CRC) dans un rapport initié par un signalement du président du conseil départemental de l’Hérault. « Ainsi, sans qu’il ne dispose des pouvoirs et délégations nécessaires, le directeur a concentré une grande partie des prises de décisions. Dans ce contexte, de nombreuses dépenses s’avèrent insuffisamment justifiées », ajoute la juridiction financière, dont le rapport porte sur la période 2019-2024.
La CRC cite en exemple « deux ruptures conventionnelles » pour un montant total de 143 000 euros signées par le directeur, ainsi que les budgets « peu détaillés » de deux productions majeures : 720 529 euros concernant Après la répétition/Persona d’Ivo van Hove en 2023 et 911 517 euros pour Bérénice, créée en 2024 par Romeo Castellucci à Montpellier, avec Isabelle Huppert. L’association est « structurellement déficitaire », a souligné lors d’une conférence de presse la présidente de la CRC, Valérie Renet, en soulignant que le budget « artistique » est passé de 40% à 30% du budget total sur la période visée.
Le Printemps des Comédiens a bénéficié sur la période visée d’un soutien public significatif de 12,8 millions d’euros (Département, Métropole de Montpellier, État et Région), mais ces instances « n’ont pas exercé pleinement » leur rôle de contrôle, souligne aussi la CRC. Jean Varela a pour sa part indiqué au CRC que, « loin d’être en déficit », l’association Printemps des Comédiens présentait des « comptes positifs, avec un excédent de 183 000 euros ».
Une lecture des comptes contestée par le maire et président de la Métropole de Montpellier, Michaël Delafosse. « J’ai moi-même constaté l’ampleur du déficit, que la Métropole est venue compenser. Pour les administrateurs, c’était toujours très compliqué d’avoir des explications sérieuses », a-t-il déclaré à l’AFP, en précisant qu’il ne « s’interdit rien » sur le plan judiciaire. Le nom du successeur de Jean Varela, sélectionné par un jury, sera annoncé mercredi, a aussi indiqué le maire de Montpellier.


Franchement, un budget pour une production de presque 1 million d’euros! Tout le monde est d’accord avec ça au théâtre? Ecoeurant…