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Benjamin Millepied : « Je suis un artisan de la danse »

À la une, Danse, Montpellier
Benjamin Millepied en répétition
Benjamin Millepied en répétition

Photo Mathilde Fanet

Benjamin Millepied crée, à l’Opéra Comédie de Montpellier, Barbara, Du bout des lèvres, un ballet inspiré par l’univers de la chanteuse, à travers 23 de ses chansons. Après la création à Montpellier, le spectacle sera présenté en novembre à Paris, aux Folies Bergère, dans le cadre d’un triptyque avec Summerland, un ballet autour de l’univers de November Ultra, et Move Me Once More, un cabaret coécrit avec Léa Mysius.

Après GRACE d’après Jeff Buckley, après Casse-Noisette, vous êtes à Montpellier, à l’Opéra Comédie, pour cette première mondiale. Après le rock énergique de Jeff Buckley, vous aviez besoin de vous plonger dans l’intimité de Barbara ?

Oui, il y a un moment propice pour chaque pièce. Il y a des œuvres qui restent avec moi pendant très longtemps et puis, un jour, c’est le moment de les faire. Et c’était le cas avec Barbara. Avec cette envie de créer trois pièces très différentes, chargées d’émotion et qui parlent toutes d’amour.

Si Jeff Buckley faisait référence à votre adolescence, Barbara, c’est plus l’enfance ?

Ah oui, complètement. Barbara vit avec moi depuis beaucoup plus longtemps que Jeff Buckley. C’était aussi la bande-son de la vie de mes parents. Ce n’est pas que la mienne, c’est chargé d’émotion. On n’écoute pas Barbara tout le temps, on l’écoute à certains moments de sa vie. On y revient, on la redécouvre.

Vous aviez déjà failli monter ce ballet il y a dix ans…

Je devais le faire à l’Opéra de Paris, puis j’ai annulé, mais je suis content de le faire maintenant, je n’étais pas du tout prêt à l’époque, car il faut avoir vécu un minimum de choses dans sa vie pour que ces chansons, qui évoquent des choses tellement profondes, puissent prendre vie sur scène. Là, c’était vraiment le bon moment.

Barbara, Du bout des lèvres © Benjamin Millepied

Barbara, Du bout des lèvres / Photo Benjamin Millepied

En quoi les chansons de Barbara vous touchent-elles ?

C’est une femme qui chantait sa vie. Ce qui déborde dans sa musique, c’est une célébration de la vie, de ses bons moments, et de choses plus difficiles aussi. Il y a autant de beauté que de tragédie et de mélancolie. Chaque chanson évoque des sentiments différents. Et j’ai choisi les interprètes en fonction des chansons : la plus jeune a 27 ans, la plus âgée 78. Ce sont des histoires de femmes, avec des hommes aussi sur le plateau, mais qui ne sont que de passage, comme dans la vie de Barbara.

J’imagine que le choix a été difficile, et que vous avez été contraint de laisser beaucoup de chansons de côté ?

Ah non, pas du tout, car il y a parfois des chansons magnifiques, mais qui n’inspirent pas la danse. Il n’y en a qu’une que j’ai chorégraphiée et qui ne figure pas dans le spectacle. Il y a 23 chansons, c’est l’anthologie de Barbara. Chaque chanson est un bijou d’écriture musicale, de singularité et de profondeur émotionnelle, sans jamais être mélodramatique. C’est pour cela que ses chansons nous bouleversent vraiment : elles révèlent sa sincérité et sa justesse émotionnelle. Il n’y a rien de superficiel dans sa musique. C’est ce qui est magique et qui les rend complètement intemporelles. J’ai choisi beaucoup de versions avec piano, et je n’ai pas eu de mal à faire la sélection. Enfin si, ce qui m’a pris du temps, c’est l’ordre ! Ça m’a pris un temps fou !

Et peut-être aussi d’écrire une chorégraphie sur chacune des chansons ?

Ah non, ça, c’était facile. Franchement, la pièce est sortie toute seule parce que j’avais la vision des choses et j’avais tellement les chansons dans la tête depuis des années… J’avais les idées en tête.

Vous êtes ici à Montpellier, une ville de danse, avec un grand festival, où plane l’ombre de Dominique Bagouet. Que représente-t-il pour vous ?

Lorsque j’étais au Conservatoire supérieur à Lyon, Philippe Cohen, mon directeur, avait dansé pour lui et j’ai travaillé sur des pièces de Dominique Bagouet. J’avais vu Le Saut de l’ange à Avignon. Donc, c’est quelqu’un qui fait partie de mon imaginaire, parce que son aura était magique, même si je ne l’ai jamais rencontré.

On a le sentiment que vous ne lâchez jamais les studios, que vous êtes toujours avec des danseurs sur des projets, en salle, ou dans l’espace public. Est-ce que c’est une sorte de boulimie pour ne rien regretter ?

Je suis un artisan de la danse, mon métier, ma vie, c’est la chorégraphie. J’ai fait plus de 70 pièces. Je ne crée que ce qui me brûle de créer. C’est ma passion, j’ai un certain savoir-faire et la chance de pratiquer cette passion depuis longtemps. Alors les pièces sortent, c’est normal ! Si on me demandait de faire une pièce qui ne me passionne pas, je ne serais pas bon. En fait, il n’y a rien de malsain dans le fait que je sois capable de sortir trois pièces dans l’année. C’est 25 ans de savoir-faire, c’est 45 ans de vie de danse. Et je pense que c’est important d’avoir ce rapport sain à la création. Rossini écrivait des opéras tout le temps, Bach composait des cantates tout le temps, même si je ne compare pas à eux. Donc, je crois que c’est un rapport qui est aussi assez sain, qui est assez humble par rapport à ce que nous sommes, des artisans avec un savoir-faire, comme l’est un horloger. Avec cette pièce, comme toutes les autres, j’espère pouvoir dire que je ne changerais pas un pas. Chaque pas est le résultat d’une vie de danse. Aucun des choix n’est aléatoire, c’est hyper précis parce que je fais ce métier depuis toujours.

Depuis dix ans déjà, et votre départ de l’Opéra de Paris, vous avez repris une certaine liberté, entre danse et cinéma. Vous enchaînez les projets très divers. Cette liberté est-elle quelque chose de précieux ?

J’ai toujours été libre. Le seul moment qui a été dur, c’était à l’Opéra de Paris. Mais, en même temps, j’ai pu créer des choses dont je suis fier et j’étais libre, même à l’opéra. Libre de faire de la curation, de la programmation, de mener de nouveaux projets, de faire de nouvelles pièces. J’ai été très libre à cet endroit-là, mais c’est vrai qu’il y avait beaucoup de résistance autour, de la violence sociale qui faisait que je n’avais pas envie de vivre ma vie comme ça. J’ai eu la chance de mener mes projets et de créer, vraiment. J’ai une vision très spécifique de la façon dont j’ai envie de partager mon art et de la façon dont j’ai envie de le faire vibrer, avec des projets comme Barbara, Paris Dance Project, L.A. Dance Project, et de créer entre deux continents. Et j’ai autour de moi des gens vraiment fantastiques qui croient à tous ces projets.

Propos recueillis par Stéphane Capron – www.sceneweb.fr

22 avril 2026/par Stéphane Capron
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