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« Tout doit disparaître », l’ultime spectacle de La Revue Éclair

À la une, Théâtre, Vitry-sur-seine
Corine Miret et Stéphane Olry de La Revue Éclair

Corine Miret et Stéphane Olry de La Revue Éclair

Corine Miret et Stéphane Olry enquêtent depuis trente ans. Leur théâtre est documentaire. Ils mènent des interviews, rassemblent des archives, s’immergent dans d’autres vies. Ils ont décidé de dissoudre leur compagnie à la fin de la saison 2026/2027. Ils préparent pour décembre, au Studio-Théâtre de Vitry, leur dernier spectacle, Tout doit disparaître, sous le regard d’un jeune artiste, Lazare Pasquer. Une plongée dans les archives de leurs vingt-quatre spectacles. Rencontre lors de l’une de leurs nombreuses résidences, au Centre national des écritures du spectacle, à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon.

À la Chartreuse, Corine Miret et Stéphane Olry n’ont emmené qu’une toute petite partie de leurs archives, le reste est entassé dans une demi-cave. Tout ce qui est en papier est classé dans des cartons, ordonnés année par année, spectacle par spectacle. Les matériaux qui ont servi à nourrir les spectacles sont multiples. Il y a des objets, des vidéos sur différents supports, des films en super 8, de vieilles cassettes audio. Des heures et des heures d’enregistrement, toute une vie de théâtre, la mémoire de la compagnie.

La décision de mettre fin à leur aventure et de réaliser un dernier spectacle est liée à la fin de leur conventionnement avec la DRAC. « Fin 2025, ça s’est arrêté. On était sur un projet et subitement la subvention s’arrête, déplore Corine Miret. Ça faisait un petit moment que j’avais envie d’arrêter, et finalement, ça tombait pas mal. Ça nous a poussés à nous dire que, vraiment, on terminait, clairement. Parce que souvent, quand une compagnie de théâtre souhaite arrêter, elle se dit ‘Allez, on va en faire encore un dernier, puis encore un autre avec un peu moins d’argent’. Et là, on était d’accord tous les deux. » « Même si on cultive le désaccord, poursuit Stéphane Olry, on était effectivement d’accord. J’ai commencé à faire du théâtre comme un lieu d’émancipation. Et pendant assez longtemps, on a eu des interlocuteurs qui étaient tout à fait bienveillants. Quand j’avais une idée de spectacle, je l’écrivais, et puis, après, je le soumettais, je demandais une subvention qui était donnée à fonds perdu. »

Surtout, La Revue Éclair a bénéficié d’un temps long pour écrire ses spectacles, pour enquêter. Ce temps long semble avoir vécu et le modèle de fonctionnement de la compagnie n’est peut-être plus adapté aux injonctions des financeurs, regrette Stéphane Olry. « Ce temps long, c’est du respect aussi pour les gens qui nous faisaient confiance. Quand on a travaillé autour des Diables Rouges, ce club de lutte centenaire de Bagnolet, on est resté longtemps avec eux. Quand on s’entend dire au ministère de la Culture que l’on est peut-être resté trop longtemps avec eux, je me dis qu’il y a un peu un problème. Si on est subventionné, c’est justement pour avoir ce temps-là, avoir du respect pour les gens dont ce n’est pas du tout la mission de nous recevoir. »

Alors, il y a eu un débat entre Corine qui voulait tout détruire et Stéphane qui souhaitait conserver ces archives. « J’étais prête à tout bazarder, confesse Corine Miret. Et finalement, c’est assez impressionnant de voir le travail qui est matérialisé par toutes ces archives, ces décors, ces costumes. Et pour moi, c’est vraiment aussi une fierté de voir tout ce qui a été fait. Je ne pensais pas qu’on avait amassé tant de choses que ça. » « Après, il y a aussi une question d’héritage et une nécessité de l’archivage, complète Stéphane Olry qui tient cela de son père, photographe, qui a passé sa vie à archiver ses négatifs. En fait, c’est les deux sens de la phrase : ‘Les paroles s’envolent, les écrits restent’. Soit on la voit comme les Grecs : il y a les paroles, les écrits tombent avec la pesanteur du plomb et les paroles s’envolent comme les oiseaux ; soit c’est l’inverse. »

« Ni une rétrospective, ni un inventaire »

Pour faire le tri dans ces archives, Corine Miret et Stéphane Olry sont accompagnés de Lazare Pasquer, auteur et performeur, dont le travail interdisciplinaire se situe entre le théâtre et la performance plastique. Ils seront tous les trois au plateau lors de la création au Studio-Théâtre de Vitry. « Quatre avec le tigre !, corrige Stéphane Olry. Il sera le premier spectateur aussi. On peut effectivement beaucoup discuter avec Corine sur ce qui constitue la valeur de nos archives, mais on est un peu englué dans les affects que l’on peut avoir sur telle ou telle histoire. »

Lazare sera présent dès le début du spectacle, il sera le représentant du ministère de la Culture, missionné pour aider les compagnies dans leur déconventionnement ! « Puis, il va se transformer au fur et à mesure, devenir l’expert et peut-être le successeur de celui qui portera la mémoire future, détaille Corine Miret. Après, l’idée, ce n’est pas de faire une rétrospective, ni un inventaire. Il s’agit aussi d’utiliser les archives et de les recréer. » Le rôle de Lazare Pasquer est de permettre à Corine Miret et Stéphane Olry de faire le tri. « On remonte, on exhume, explique-t-il. Stéphane et Corine plongent le nez dans 30 ans de vie de théâtre, il y a quelque chose de l’épuisement. L’idée n’est pas de créer des choses supplémentaires, en matière de musique, en matière d’objets. Il s’agit de s’emparer de ce qui existe, de le décontextualiser, ou alors de le recontextualiser rapidement, et de l’animer pour voir comment cela se construit aujourd’hui. »

Corine Miret dans Nous avons fait un bon voyage, mais

Corine Miret dans Nous avons fait un bon voyage, mais

Dans les spectacles de La Revue Éclair, les histoires individuelles créent une histoire collective. Ils se sont penchés sur le Proche-Orient, sur les supporters de foot de Saint-Étienne, sur l’exercice de vertu de Benjamin Franklin ou encore, récemment, sur l’histoire coloniale. En trente ans, ils ont dessiné un certain visage de la France. « Ce sont plus des facettes très différentes de cette France, il n’y a pas d’homogénéité » pour Corine Miret. « Si c’est ça le visage de la France, c’est un visage qui me plaît plutôt » pour Stéphane Olry. Et quand on leur demande s’ils ne regrettent pas de ne pas enquêter sur ce que deviendra la France en 2027, Stéphane Olry est affirmatif : « Je pense que ce ne sera pas le moment d’enquêter. Il y a un temps pour tout. Il y a un temps pour la paix, un temps pour la guerre, un temps pour le théâtre. »

Parallèlement à la création de leur dernier spectacle, Tout doit disparaître, Corine Miret et Stéphane Olry reprendront l’une de leurs productions, Nous avons fait un bon voyage, mais au Gallia-Théâtre, à Saintes, en octobre 2026, puis au TANDEM, à Arras, en janvier 2027. Il sera alors temps de dissoudre La Revue Éclair, et de laisser d’autres compagnies continuer à explorer le théâtre documentaire initié il y a trente ans par ces précurseurs.

7 avril 2026/par Stéphane Capron
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