Sceneweb
  • À la une
  • Actu
  • Critiques
    • Coup de coeur
    • A voir
    • Moyen
    • Décevant
  • Interviews
  • Portraits
  • Disciplines
    • Théâtre
    • Danse
    • Opéra
    • Cirque
    • Jeune public
    • Théâtre musical
    • Marionnettes
    • Arts de la rue
    • Humour
  • Festivals
    • Tous les festivals
    • Festival d’Avignon
    • Notre Best OFF
  • Cliquez pour ouvrir le champ de recherche Cliquez pour ouvrir le champ de recherche Rechercher
  • Menu Menu

Kaori Ito annonce son départ du TJP – Centre Dramatique National Strasbourg – Grand Est

À la une, Strasbourg, Théâtre
Kaori Ito photo photo Gregory Batardon
Kaori Ito photo photo Gregory Batardon

photo Gregory Batardon

Nommée la direction du TJP, Centre Dramatique National de Strasbourg-Grand-Est, la metteuse en scène Kaori Ito annonce son départ de la direction du CDN. À la suite des révélations de Télérama et de Rue 89 Strasbourg en décembre 2025 sur son management, la Ville de Strasbourg  et les autres tutelles avaient demandé la réalisation d’un audit, rédigé par le cabinet indépendant Politismos. A la suite de ses conclusions, Kaori Ito a choisi de ne pas demander le renouvellement de son mandat. Elle s’explique dans un courrrier transmis à sceneweb.

Mesdames et Messieurs,

Je prends aujourd’hui la parole après de nombreux mois d’entraves, de silences imposés et d’attaques indirectes visant ma personne, ma
personnalité, mon travail artistique et mon équipe.
Je reprends la parole pour redonner de la vie à ce qui est en train de devenir une légende déformée.
Je la reprends avec le souhait de rétablir les faits dans leur juste complexité, s’il est encore possible de parler de vérité lorsque l’on parle de souffrance.

Je suis arrivée au TJP dans un contexte particulièrement hostile.
Enthousiaste à l’idée de cette nouvelle expérience, je n’ai pas immédiatement mesuré ce que cette prise de fonction impliquait réellement. Dès mon arrivée, des paris étaient déjà lancés sur ma légitimité, ou non, à diriger cette institution.

Avec le recul, je me dis que j’aurais peut-être dû faire preuve de moins d’enthousiasme. Peu soutenue dans ma prise de fonction, j’ai dû assumer d’emblée la coordination de trois dimensions majeures : la direction, la gestion et la création.
Si mon projet a été validé et soutenu par les partenaires publics du TJP, il n’a sans doute pas été suffisamment accompagné ni suffisamment partagé, dans un contexte de nomination tardive et complexe.

Ces trois années ont pourtant été riches, intenses et profondément engagées.
À Strasbourg, le TJP reste encore largement identifié comme un théâtre jeune public. Dès ma nomination, je me suis investie dans un projet visant à donner une véritable place aux enfants et aux jeunes, en mettant au cœur de mon travail leurs paroles, leurs regards et leur capacité à participer pleinement aux processus artistiques.

À travers mes créations et les projets du collectif des enfants, j’ai cherché à inventer des expériences singulières où enfants et artistes se rencontrent sur un pied d’égalité. J’ai également apporté une dimension internationale, en créant des connexions nouvelles au-delà du territoire.
Je me suis profondément investie ici, et je peux affirmer que le public a été au rendez-vous : la fréquentation a augmenté, et la dynamique intergénérationnelle que nous avons souhaitée est prometteuse.

Le TJP est un formidable outil. Je l’aime , je le chéris, et je continuerai à le défendre encore et encore. Mais malgré les efforts collectifs engagés, les difficultés rencontrées ont aujourd’hui atteint un niveau qui dépasse ce que je suis en mesure de porter.

Dans ce contexte et afin de permettre au TJP ainsi qu’à l’ensemble des équipes de retrouver un cadre de travail apaisé et constructif, il m’apparaît que la décision la plus responsable est de ne pas solliciter le renouvellement de mon mandat de directrice.
Je tiens à le dire avec clarté : nous avons aujourd’hui les outils, les méthodes et les dynamiques nécessaires pour garantir des conditions de travail plus apaisées pour l’équipe.
Je me suis investie pleinement. J’ai entendu les critiques, je les ai écoutées, je les ai prises en compte. J’ai commis des erreurs, bien sûr. Mais les équipes sont aujourd’hui au travail pour construire des conditions plus sécurisantes, capables de porter ce projet ambitieux. J’ai accompagné cette dynamique, qui était volontaire, collective et visionnaire.

Cependant, les audits révèlent aussi un héritage bien plus ancien que mon arrivée. Et je refuse de porter seule la responsabilité d’un écosystème entier, alors même que j’ai été nommée, exposée et mise en cause dans plusieurs publications médiatiques.

Je m’interroge profondément sur la publication d’un document confidentiel faisant apparaître les témoignages individuels de membres de l’équipe. J’invite chacun à mesurer la violence d’un tel geste : il fragilise les personnes concernées autant qu’il fragilise l’ensemble du secteur culturel, déjà durement éprouvé.

Ces publications à charge et sans contexte ont interrompu brutalement un processus de réparation en cours. Elles ont effacé l’espoir collectif de construire de nouveaux modes de fonctionnement, de nouvelles manières de communiquer, de travailler, et, tout simplement, de se rencontrer enfin.

Je veux aussi rappeler ici que je suis japonaise. J’ai sans doute mal évalué le temps d’adaptation nécessaire pour me présenter à l’équipe, pour trouver ma place, pour traverser la barrière de la langue. Ma culture, ma langue, ma manière d’entrer en relation ont constitué des freins bien plus puissants que je ne l’avais imaginé à une communication fluide.

Je m’interroge plus largement sur les dynamiques qui affectent les artistes directrices, en particulier lorsqu’elles sont des femmes de culture étrangère et qui rendent encore plus complexe le passage du métier d’artiste à celui de
directrice et de manageuse d’une institution telle qu’un Centre dramatique national.
Si la présence d’artistes à la tête de ces institutions est essentielle, et porte en elle des dimensions profondément positives, les conditions actuelles en rendent pourtant l’exercice particulièrement difficile.

Ces expériences ont été éprouvantes et m’ont profondément affectée.
J’ai aujourd’hui besoin de prendre du recul, de me reconstruire, et de retrouver un espace de création en me consacrant pleinement à l’artistique, dans une dynamique renouvelée d’élan et d’épanouissement.

L’ensemble des équipes artistiques, administratives, ainsi que les instances de gouvernance et les tutelles sont pleinement informées et mobilisées pour assurer la continuité et préparer l’avenir du TJP.

Pour ma part, je m’engage à accompagner cette transition tout au long de l’année 2026, afin qu’elle se déroule dans les meilleures conditions possibles.

Je vous prie d’agréer, l’expression de nos sentiments distingués

Kaori Ito – Directrice du TJP, CDN de Strasbourg, Grand Est

1 avril 2026/par Dossier de presse
Partager cette publication
  • Partager sur Facebook
  • Partager sur X
  • Partager sur WhatsApp
  • Partager sur LinkedIn
  • Partager par Mail
  • Lien vers Instagram
Vous aimerez peut-être aussi
Robot, l’amour éternel de Kaori Ito
Le festival Sens Dessus Dessous 2022 de La Maison de la Danse
Le Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes 2025
Religieuse à la fraise avec Kaori Ito et Olivier Martin-Salvan
La Cie 14 : 20 en compagnie des spectres
Suite anglaise de Kaori Ito et Francesco Tristano
Je suis venu te chercher de Claire Lasne Darcueil
La saison 2021/2022 du 104
0 réponses

Laisser un commentaire

Rejoindre la discussion?
N’hésitez pas à contribuer !

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Dans le moteur de recherche, plus de 22 000 spectacles référencés

Search Search
© Sceneweb | Limbus Studio – création et maintenance de site WordPress
  • L’actualité du spectacle vivant
  • Qui sommes-nous ?
  • Newsletter
  • Politique de confidentialité
  • Signaler un abus
  • Contact
  • Politique de cookies (UE)
Faire défiler vers le haut Faire défiler vers le haut Faire défiler vers le haut