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Éric Vuillard : « C’est cela le théâtre, l’espace et la voix »

À la une, Paris, Théâtre
Éric Vuillard
Éric Vuillard

Photo Ivan Gimenez / Éditions Actes Sud

L’ordre du jour, pour lequel il avait obtenu le Prix Goncourt en 2017, sera donné, à partir du 25 mars prochain, au Théâtre du Vieux-Colombier de la Comédie-Française, dans une mise en scène de Jean Bellorini. À quelques semaines de cette première, et alors que son récit Les orphelins vient de paraître, le romancier Éric Vuillard a accepté de nous raconter son rapport au théâtre. Entretien.

Vous écrivez des romans et pourtant vos œuvres ont déjà plusieurs fois été adaptées au théâtre : La guerre des pauvres mis en scène par Olivia Grandville en 2024, L’Ordre du jour, déjà, mis en scène et interprété par Dominique Frot en 2020, 14 juillet par Rachel Dufour, qui lui a donné une suite participative, 7 fois la Révolution, en 2024. Est-ce que vous vous attendiez à ce que vos mots soient un jour sur scène ? Avez-vous vu l’un ou plusieurs de ces spectacles ?

Éric Vuillard : Mes livres ne sont pas des pièces de théâtre. Pourtant, en assistant à quelques représentations faites à partir d’eux, je me suis laissé convaincre. Le comédien, le lecteur, peut transposer l’écriture, trouver sa voix. C’est cela le théâtre, l’espace et la voix. La plupart de mes livres ont été mis en scène par Dominique Frot, Congo a été mis en scène par Faustin Linyekula, et Tristesse de la terre par Gilles Bouillon et Bernard Pico. C’était des mises en scène épurées, un éparpillement de la parole entre différentes voix, pas de personnages, mais des récitants, pas de narration au sens propre, mais une histoire. J’ai même eu le sentiment qu’il y avait là une possibilité de théâtre inattendue, un théâtre sans dialogue, sans personnage, sans espace défini, et qui pourtant ne serait pas abstrait, mais raconterait bel et bien quelque chose.

En mars, vos mots résonneront dans l’enceinte du Théâtre du Vieux-Colombier de la Comédie-Française. Comment ce projet s’est-il construit ? Jean Bellorini est-il venu vous en parler ? Êtes-vous impliqué dans le travail d’adaptation ? Que savez-vous de cette adaptation à quelques semaines de sa création ?

E.V. : Je suis très honoré que mon livre soit mis en scène à la Comédie-Française. J’avais pris un café avec Jean Bellorini avant une rencontre à la librairie Passages, à Lyon. Nous avions parlé de théâtre, de littérature. Bien plus tard, il m’a appelé et demandé s’il pouvait mettre en scène L’ordre du jour. Je lui ai donné mon accord aussitôt. Je n’en sais pas davantage sur son adaptation que ce que l’on trouve sur la présentation de la Comédie-Française. Nous avions parlé deux heures ensemble, des textes qu’il aime, des pièces qu’il a adaptées. Il m’a tout de suite inspiré confiance, et cela m’a suffi.

Les orphelins vient de paraître. Ce western semble être une formidable matière pour se retrouver sur les planches. Billy the Kid serait un héros de théâtre palpitant. Bertrand Belin l’avait interprété il y a une petite dizaine d’années sur scène. Vous aimeriez que votre dernier roman soit adapté au théâtre ?

E.V. : Il faudra alors se défier de Billy, de sa légende tenace.

Pour finir, quel spectateur êtes-vous ? Fréquentez-vous les salles de théâtre ? Quels sont les artistes, les pièces qui vous ont marqué ?

E.V. : Je garde un souvenir marquant de Pereira prétend, de La noce chez les petits bourgeois suivie de Grand’Peur et misère du IIIème Reich, deux mises en scène de Didier Bezace. Le livre de Tabucchi n’est pas du tout une pièce de théâtre, c’est une prose lancinante, l’intrigue y évolue lentement, nous emporte. Les pièces de Brecht étaient montées l’une après l’autre, les mêmes comédiens jouaient les bourgeois, leur noce grotesque, puis ils continuaient leur vie sous le Troisième Reich. Les rôles sociaux étaient redistribués, cela donnait une forme de réalisme amer très réussi. Les deux représentations, qui datent de presque trente ans, pourraient malheureusement être montées de la même manière aujourd’hui avec plus de résonance encore. Enfin, je songe aux pièces de Novarina, à leur élan intarissable, à leur poésie naïve et savante, mais aussi à leur côté ubuesque, à leur virulente critique du langage public, de ses stéréotypies, des paroles gelées. Il parvenait à écrire des textes hors de tout registre, libres, éclatants d’ironie et de ferveur.

Propos recueillis par Nadja Pobel – www.sceneweb.fr

L’ordre du jour
d’après Éric Vuillard
Adaptation et mise en scène Jean Bellorini
Avec Laurent Stocker, Jérémy Lopez, Julie Sicard, Baptiste Chabauty
Scénographie Véronique Chazal
Costumes Fanny Brouste
Musiques originales et son Sébastien Trouvé
Arrangements musicaux Jérémie Poirier-Quinot
Masques, maquillages et coiffures Cécile Kretschmar
Collaboration artistique Delphine Bradier
Assistanat à la lumière Mathilde Foltier-Gueydan

Comédie-Française, Théâtre du Vieux-Colombier, Paris
du 25 mars au 3 mai 2026

24 février 2026/par Nadja Pobel
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