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« Empreintes », des images de force inégale

Danse, Les critiques, Moyen, Paris
Arena de Morgann Runacre-Temple et Jessica Wright dans le cadre du programme Empreintes à l'Opéra national de Paris
Arena de Morgann Runacre-Temple et Jessica Wright dans le cadre du programme Empreintes à l'Opéra national de Paris

Arena de Morgann Runacre-Temple et Jessica Wright / Photo Yonathan Kellerman

À l’Opéra Garnier, trois chorégraphes interrogent de façon diversement pertinente le rapport de la danse à l’image. Arena du duo féminin « Jess & Morgs » déploie une certaine force magnétique, tandis que Étude de Marcos Morau charrie avec lourdeur des clichés éculés.

Jessica Wright et Morgann Runacre-Temple sont deux jeunes artistes britanniques qui viennent du cinéma ; le chorégraphe espagnol Marcos Morau a, quant à lui, commencé par la photographie. Leurs deux gestes singuliers, l’un très contemporain, l’autre étonnamment muséal, questionnent le rapport de la danse à l’image. Depuis une quinzaine d’années, elles ont signé en duo de nombreux clips et films de danse, d’abord réalisés avec des caméras bon marché, puis en élaborant une écriture chorégraphique et cinématographique d’une hybridité de plus en plus sophistiquée. Sur la scène de l’Opéra Garnier, une surface de projection surplombe un espace qui s’apparente à un studio de répétition derrière lequel se trouve une antichambre feutrée rendue visible grâce à deux caméras mobiles qui captent en direct le mouvement et l’expression des danseurs. Le dispositif vidéo mis en place et les moyens technologiques déployés sont souvent vus sur les plateaux de théâtre, mais ils restent assez peu exploités comme outil et langage dans la danse.

Leur pièce propose un scénario à la fois très lisible et plein d’ambiguïté. Elle questionne la pratique artistique et l’interprète en semant un certain trouble. De jeunes danseurs assortis de simples habits de travail se laissent observer dans un débordement d’énergie, de fraîcheur, de virtuosité, et affichent le plaisir manifeste qu’ils ont à s’exprimer au moyen de la danse. Ils portent des débardeurs numérotés et se retrouvent en ligne, scrutés. C’est dans ce contexte de casting que débute la pièce Arena. Aux yeux de « Jess & Morgs », la danse aujourd’hui ne peut se départir des notions de visibilité et de compétitivité qu’elle impose : mise en scène et dépassement de soi, culte de la performance et de l’ego, besoin de notoriété pour pleinement exister constituent donc autant de thèmes placés au cœur du discours délivré, et dont le caractère démonstratif paraît un peu appuyé. Parmi les membres du groupe, se distingue le numéro 81. Très exposé, Loup Marcault-Derouard impose tout au long de la pièce une formidable aisance à camper, avec une solide conviction de jeu, une figure à la fois surpuissante et riche d’ambivalence.

Étude de Marcos Morau dans le cadre du programme Empreintes donné à l'Opéra national de Paris

Étude de Marcos Morau / Photo Yonathan Kellerman

Si l’on se laisse séduire par l’inventivité et l’efficacité de cette première pièce, on ne peut que regretter la lourdeur avec laquelle la seconde proposition du programme défend une esthétique visuelle et gestuelle totalement vaine, aussi surchargée que dépassée. Son chorégraphe, Marcos Morau, réalise une sorte de catalogue d’images plus ou moins fantasmatiques et fantomatiques inspirées par l’univers de la danse classique et son répertoire, dont il livre une conception on ne peut plus passéiste. La ribambelle de ballerines – hommes et femmes indifférenciés – en tutus surannés, et portant dans leurs bras un pâle bouquet de fleurs maladives, en est une preuve édifiante, entre autres références surlignées par des effets bien pompiers : musique, décor, lumières, gestuelle, tout est criard, outrancier, dans le but de célébrer pompeusement autant que de décaler, d’étrangéiser, les éléments convoqués.

Plutôt que de tenter d’ouvrir un nouvel imaginaire à partir de la tradition et de l’héritage du Ballet, la pièce oblige les danseurs comme le public à se regarder le nombril dans le luxueux écrin de l’Opéra mis en abyme et en miroir. De successifs jeux d’ouverture du rideau de scène, l’écrasante apparition d’une réplique de lustre clinquant ou de la barre à laquelle les interprètes s’échauffent en mettant toute leur exigence et en taisant leur souffrance au service de leur art, l’exhibition du lointain foyer de la danse, notamment dévoilé lors des soirs de gala où défile le Ballet… Tout est tellement appuyé que même la magie des lieux et de l’art convoqué manque de produire l’effet recherché.

Christophe Candoni – www.sceneweb.fr

Empreintes
Avec les danseurs du ballet de l’Opéra national de Paris

Arena
Chorégraphie et mise en scène Morgann Runacre-Temple, Jessica Wright
Musique Mikael Karlsson
Décors Sami Fendall
Costumes Annemarie Woods
Lumières D.M. Wood
Vidéo Jakub Lech

Étude
Chorégraphie Marcos Morau
Musique Gustave Rudman
Décors Max Glaenzel
Costumes Silvia Delagneau

Durée : 1h50 (entracte compris)

Opéra de Paris, Palais Garnier
du 11 au 28 mars 2026

17 mars 2026/par Christophe Candoni
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