Sceneweb
  • À la une
  • Actu
  • Critiques
    • Coup de coeur
    • A voir
    • Moyen
    • Décevant
  • Interviews
  • Portraits
  • Disciplines
    • Théâtre
    • Danse
    • Opéra
    • Cirque
    • Jeune public
    • Théâtre musical
    • Marionnettes
    • Arts de la rue
    • Humour
  • Festivals
    • Tous les festivals
    • Festival d’Avignon
    • Notre Best OFF
  • Cliquez pour ouvrir le champ de recherche Cliquez pour ouvrir le champ de recherche Rechercher
  • Menu Menu

Géraldine Aliberti-Ivañez, pour l’amour de la musique et du théâtre

À la une, Nice, Paris
Géraldine Aliberti-Ivañez
Géraldine Aliberti-Ivañez

Photo Eric Garault

L’autrice et metteuse en scène Géraldine Aliberti-Ivañez vient de créer à l’Opéra national de Nice, Ludwig Van, un autre point d’ouïe, un spectacle mêlant musique et théâtre, ses deux passions. Un spectacle bouillonnant d’idées sur la vie de Beethoven, qui ne rentre dans aucune case, mais qui réunit toutes les familles du spectacle vivant.

Géraldine Aliberti-Ivañez est originaire du quartier de la Madeleine à Nice. Elle y a grandi au sein d’une famille immigrée. Ses grands-parents paternels sont arrivés d’Italie dans les années 1920, après la Première Guerre mondiale, et sa mère est arrivée en 1962, après la guerre d’Algérie. Une famille métissée, franco-italo-algérienne, comme l’est le travail artistique singulier de Géraldine Aliberti-Ivañez, qui ne rentre dans aucune case prédéfinie par les codes du spectacle vivant. D’où, par moment, ses difficultés pour approcher les producteurs et les lieux. « Je ne sais pas quand je serai accueillie dans le milieu du théâtre. Je l’espère bientôt. Cela fait plusieurs fois que je candidate pour des résidences au Théâtre de l’Aquarium, mais je n’ai jamais eu de réponse », se désole la metteuse en scène, qui aimerait aussi pouvoir présenter son travail au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris.

Théâtraliser la musique, musicaliser le théâtre

Sa compagnie VIVANT!e est soutenue par le ministère de la Culture et le Département des Alpes-Maritimes, avec lequel elle développe plusieurs projets, comme cette exposition immersive et polysensorielle, LUDWIG VAN – Écouter pour s’entendre, présentée à la Micro-Folie départementale des Alpes-Maritimes (jusqu’au 24 janvier 2026) qui explore les différentes facettes de l’écoute. Mais trouver des financements n’est pas chose facile, en raison du côté hybride des projets de la compagnie. « Pendant des années, je suis allée frapper à la porte de la musique. À la musique, on me disait : ‘Vous, c’est plus le théâtre’. Et le théâtre me disait : ‘Non, allez voir la musique ou peut-être les expos…’ » Éprouvant pour une artiste qui déteste les étiquettes. « Je suis fan de musique et je suis fan de théâtre, donc, à un moment, je mélange les deux, de manière naturelle. Mais c’est vrai que, du coup, c’est compliqué pour trouver les financements. »

Géraldine Aliberti-Ivañez vient de la musique. Elle est pianiste et a été formée au Conservatoire à rayonnement régional de Nice, avant d’intégrer à Paris des conservatoires d’arrondissement. Sa passion pour le théâtre remonte au début des années 2000. Elle habite dans un foyer du Secours populaire et se lie d’amitié avec une élève du Cours Florent, qui lui propose de l’accompagner au théâtre, pour des places à 1 euro ! Elle découvre le travail de Benno Besson, de Peter Brook (elle a vu trois fois The Suit) et celui de Jean-François Sivadier, et notamment son Italienne scène et orchestre. Un coup de foudre.

Géraldine Aliberti-Ivañez devient médiatrice pour les concerts éducatifs de l’Ensemble Orchestral de Paris. « Je me suis rendu compte que ce n’est pas parce que l’on apprend des choses sur un compositeur ou sur une œuvre que l’on va ensuite s’y immerger. » Il lui faut plus. « Un électrochoc » qui viendra avec la création de sa compagnie, après avoir occupé plusieurs postes de directrice artistique – au sein du collectif Les Clés de l’écoute, puis chez Sonic Solveig. Géraldine Aliberti-Ivañez peut enfin concrétiser ses rêves. Nous sommes en 2008, elle parvient à lever des fonds à hauteur de 60 000 euros et produit un livre disque avec 116 collégiens ; puis, en 2012, l’auditorium du Louvre lui donne une carte blanche et lui commande quatre créations. Elle invite des danseurs, des dessinateurs, des comédiens, des mimes. « Je me suis alors rendu compte que ces artistes étaient plus justes que moi sur leur approche de la musique, et que toutes les approches se valaient, peut-être même plus la leur que la mienne, malgré mes années d’études. En créant mes spectacles, j’essaye de désapprendre tout ce que j’ai appris pendant mon cursus. » Elle imagine alors des spectacles hybrides, avec la musique pour colonne vertébrale.

Dans l’intimité des compositeurs

En ce début d’année, Géraldine Aliberti-Ivañez présente deux spectacles, autour de Beethoven et de Berlioz. À Nice, elle a présenté Ludwig Van, un autre point d’ouïe avec, sur scène, un orchestre symphonique, et le comédien Jean-Christophe Quenon dans le rôle d’un gardien de phare amoureux de Beethoven, et qui rompt sa solitude en écoutant des symphonies. « Le phare symbolise vraiment cet enfermement dans le corps, explique la metteuse en scène. Quand on devient sourd, on entend tout l’intérieur du corps, l’extérieur passe par un filtre. Et la métaphore du phare, de se retrouver en pleine mer, isolé de toute société et civilisation, permet à la musique de devenir une sorte de médicament qui soigne ce gardien et qui lui fait oublier un peu la violence des vagues, la violence de la mer, du vent. » Dans la solitude de ce phare, ce gardien écoute en boucle le premier mouvement de la symphonie n°5, et compare les différentes directions d’orchestre, toutes étudiées par Géraldine Aliberti-Ivañez, de Pierre Boulez à Carlos Kleiber, en passant par Nikolaus Harnoncourt et Wilhelm Furtwängler. Ce gardien de phare s’imagine diriger un orchestre « à la façon de », ce que font sur scène les musiciens et le chef – à Nice, il s’agissait de Félix Bénati. Ce spectacle est aussi une conversation métaphysique autour de la surdité, sur l’écoute intérieure. Le gardien dialogue avec son épouse restée à terre (incarnée par la voix de Jeanne Balibar, et traduite en Langue des Signes Française par Marie Lemot).

L’autre spectacle dans l’actualité de Géraldine Aliberti-Ivañez est consacré à Berlioz, Berlioz Trip Solo – tous les vendredis à La Flèche, à Paris, du 16 janvier au 13 mars 2026. Un seul en scène avec Régis Royer, qui emmène le spectateur dans la tête du compositeur. Autre portrait théâtralisé et musicalisé d’un compositeur, imaginé par une autrice et metteuse en scène qui souhaite abolir les frontières entre théâtre et musique, et qui a déjà plein d’autres projets en tête, comme un possible futur spectacle autour de Nadia Boulanger, la grande professeure de musique de la deuxième moitié du XXe siècle, qui a formé d’innombrables musiciens de Michel Legrand à Quincy Jones, de George Gershwin à Philip Glass. Une femme libre et déterminée, à l’image de Géraldine Aliberti-Ivañez.

13 janvier 2026/par Stéphane Capron
Partager cette publication
  • Partager sur Facebook
  • Partager sur X
  • Partager sur WhatsApp
  • Partager sur LinkedIn
  • Partager par Mail
  • Lien vers Instagram
Vous aimerez peut-être aussi
Nos visages de la rentrée 2026
Compagnie Vivante Ludwig Van photo Marie Lemot Jean-Christophe Quenon et Marie Lemot dans « LUDWIG VAN… Un autre point d’ouïe » de Géraldine Aliberti-Ivañez
Regis Royer dans Berlioz Trio Solo de Géraldine Aliberti-Ivanez photo Alex Horn Régis Royer dans « Berlioz Trip » de Géraldine Aliberti-Ivañez
0 réponses

Laisser un commentaire

Rejoindre la discussion?
N’hésitez pas à contribuer !

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Dans le moteur de recherche, plus de 22 000 spectacles référencés

Search Search
© Sceneweb | Création site et Maintenance WordPress par Limbus Studio
  • L’actualité du spectacle vivant
  • Qui sommes-nous ?
  • Newsletter
  • Politique de confidentialité
  • Signaler un abus
  • Contact
  • Politique de cookies (UE)
Faire défiler vers le haut Faire défiler vers le haut Faire défiler vers le haut