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Emmanuel Demarcy-Mota entre en douceur dans « Le Cercle de craie caucasien »

Décevant, Les critiques, Paris, Théâtre
Emmanuel Demarcy-Mota monte Le Cercle de craie caucasien de Brecht
Emmanuel Demarcy-Mota monte Le Cercle de craie caucasien de Brecht

Photo Jean-Louis Fernandez

Au Théâtre de la Ville, Emmanuel Demarcy-Mota propose une version sans grand relief du Cercle de craie caucasien de Bertolt Brecht. Un spectacle tout en clair-obscur qui ne parvient pas à créer une véritable proposition esthétique ni politique.

Texte relativement tardif de Brecht, écrit à la fin de la Seconde Guerre mondiale aux États-Unis, et joué en France en 1954 par le Berliner Ensemble dans l’enceinte de ce qui deviendra le Théâtre de la Ville, Le Cercle de craie caucasien est une pièce ambiguë, à l’image de son personnage de juge, Azdak (Valérie Darshwood). Fripouille nommée juge parce que les vrais magistrats, qui l’ont précédé, n’étaient pas moins corrompus, c’est lui qui invente le test ultime duquel la pièce tire son titre. Une sorte de remake du biblique Jugement de Salomon : deux femmes revendiquent la garde d’un enfant et, si on ne projette pas ici de couper l’enfant en deux, Azdak propose que chaque femme tente de le tirer de son côté hors du cercle de craie. Bien évidemment, celle qui, par crainte d’écarteler sa progéniture, renoncera, sera finalement récompensée. C’est Groucha (Élodie Bouchez).

Au cœur de ce récit, cette dernière s’inscrit dans la tradition des beaux personnages de femmes qu’a pu imaginer Brecht, telles Mère Courage ou Shen Té dans La Bonne Âme du Se-Tchouan. Fille du peuple, pauvre, alors que la noble épouse du gouverneur en fuite préfère abandonner leur enfant plutôt que sa valise, elle recueille le bébé et l’élève jusqu’à ce que, pour des raisons financières qu’elle fait passer pour sentimentales, la mère naturelle revienne à la charge pour le récupérer. La fable issue d’un conte chinois transposé par Brecht du côté du Caucase est écrite comme une mise en abîme jouée par une troupe pour départager deux villages revendiquant la possession d’une vallée fertile. Une métaphore, en quelque sorte, dont le sens politique est clair : il faut donner les terres à ceux qui les cultivent, aux paysans, plutôt qu’à ceux à qui elles appartiennent. C’est ce que fait le farfelu juge Azdak avec sa justice par le bas, pragmatique plus que de principe, en remettant l’enfant à celle qui l’a élevé. La mise en scène d’Emmanuel Demarcy-Mota estompe cette dimension pour souligner celle, plus consensuelle, d’une victoire finale de la générosité et de la tendresse, celles de Groucha, naturellement. Ce n’est pas trahir le texte qui est l’un des rares de Brecht qui se termine bien.

Mais, à l’image d’une atmosphère résolument dans le clair-obscur, travaillée notamment par des poursuites et des éclairages latéraux qui produisent quelques problèmes techniques – visages à moitié sombres, interprètes qui doivent se repositionner –, sa version manque de clarté. Les soubresauts des guerres sont difficiles à saisir. On a parfois du mal à identifier rapidement les fonctions des très nombreux personnages portés par la quinzaine d’interprètes issus de la Troupe du Théâtre de la Ville. Brecht aimait le nombre et les grands formats, les épopées à ruptures et rebondissements qu’il incombe aux metteurs en scène de rendre lisibles. Mais là n’est pas l’essentiel. Paraissant suivre l’histoire plutôt que de travailler ses enjeux, dans une scénographie qui fait revenir au plateau les grands arbres issus de son précédent Songe d’une nuit d’été, Emmanuel Demarcy-Mota semble privilégier l’image au texte et le joli au vivant. Avec une interprétation figée quand elle devient chorale, microtée et souvent d’une théâtralité soulignée, le directeur du Théâtre de la Ville donne ainsi naissance à une épopée exotique, intemporelle et universelle, musiques du monde à l’appui, qui manque de relief. C’est un choix tout à fait honorable que de s’effacer derrière un texte, mais, en l’espèce, c’est plutôt le texte qui s’efface, perd en épaisseur, en moments forts, en questionnements, pour ronronner dans une théâtralité rapide et soignée, élégante, mais sans inventivité. Ici, quand le bébé pleure, le bébé – une poupée – pleure par l’intermédiaire d’une voix enregistrée. Brecht voulait éveiller les consciences et ne pas endormir les spectateurs dans la continuité d’une fable, c’était le principe de son théâtre épique. Demarcy-Mota semble le renvoyer dans une semi-obscurité onirique et monotone qui n’apporte pas grand-chose aux enjeux de la pièce.

Eric Demey – www.sceneweb.fr

Le Cercle de craie caucasien
Texte Bertolt Brecht
Traduction en français Georges Proser
Mise en scène Emmanuel Demarcy-Mota
Avec la Troupe du Théâtre de la Ville : Élodie Bouchez, Marie-France Alvarez, Ilona Astoul, Céline Carrère, Jauris Casanova, Valérie Dashwood, Philippe Demarle, Edouard Eftimakis, Sandra Faure, Gaëlle Guillou, Sarah Karbasnikoff, Stéphane Krähenbühl, Gérald Maillet, Ludovic Parfait Goma, Jackee Toto
Collaboration artistique et assistanat à la mise en scène Julie Peigné
Scénographie Natacha le Guen de Kerneizon, assistée de Celine Diez
Costumes Fanny Brouste, assistée de Lucile Charvet
Lumières Thomas Falinower, Emmanuel Demarcy-Mota, assistés d’Erwan Emeury
Musique Arman Méliès
Son Flavien Gaudon, Victor Koeppel
Vidéo Renaud Rubiano, assisté de Yann Philippe
2e assistante mise en scène Judith Gottesman
Coaching acteurs Jean-Pierre Garnier
Objets de scène Erik Jourdil, assisté de Marie Grenier
Maquillage et coiffures Catherine Nicolas, assistée de Sophie Douchez
Masques Brunot Jouvet assisté de Fanny Grappe
Régisseur principal de scène Romain Cliquot
Dramaturgie et documentation François Regnault, Bernardo Haumont
Direction technique Lionel Spycher
Régie générale Léo Garnier, Alexandre Vincent
Régie scène Romain Cliquot, Léo Cortesi, Salihina Kebe, Yann Leguern
Régie vidéo Vladimir Demoule, Steven Guermyet
Régie lumières Olivier Dahan-Wekslelmann, Bertrand Saillet
Régie son Justin Parsy
Régie micros Lucie Beguin, Joséphine Galibert, Camille Marotte, Manon Poirier, Axeline Thiebaut
Réalisation costumes Vera Boussicot, Melisa Leoni, Inès Neu, Emma Sanvoisin
Stagiaire costumes Jeanne Chotard
Stagiaire masques Lucie Charrier
Habilleuses Ninon de Bernardi, Valérie Coué-Ouzeau, Marion Fanthou, Séverine Gohier, Inès Neu, Anne-Alix Rolland
Accessoiristes Claire Landas, Robert Ortiz
Cintriers Germain Cascales, Mohamed Elasri, Marc Hutchinson
Constructeur Aladin Jouini
Machinistes Mauson Akhtar, Amelie Bertrand, Julie Chouraqui, Élisa Couvert, Christian Delaplane, Rémi Lacombe, Hervé Léon, Olivier Meyrand, Victoria Oliva, Dejan Varesic
Gréeurs machine de vol Kevin Raymond, Timothéo Rothschild, Arthur Vogel
Électriciens Maxime Jeunesse, Elliott Legrain, Vincent Tedesco, Ivan Vignaud
Construction décor Espace Compagnie
Harnais François Pelaprat, Point de suspension
Vol CATS engineering

Production Théâtre de la Ville-Paris

La pièce Le Cercle de craie caucasien de Bertolt Brecht (traduction de Georges Proser) est publiée et représentée par L’ARCHE – éditeur & agence théâtrale.

Durée : 1h50

Théâtre de la Ville-Paris
du 28 janvier au 20 février 2026

5 février 2026/par Eric Demey
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