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« The Work », l’ego trip thérapeutique de Susanne Kennedy

Décevant, Les critiques, Paris, Théâtre
The Work de Susanne Kennedy et Markus Selg
The Work de Susanne Kennedy et Markus Selg

Photo Moritz Haase

Créée à la Volksbühne de Berlin, l’installation monumentale aux traits pop-futuristes et post-humanistes de Susanne Kennedy se pose aux Ateliers Berthier de l’Odéon-Théâtre de l’Europe. Elle impose son univers visuel étrange et insolite, mais ne parvient à porter aucun propos substantiel.

D’abord seule, puis en duo avec son compagnon, le vidéaste Markus Selg, de manière confidentielle, puis de plus en plus exposée, Susanne Kennedy a créé de pièce en pièce un univers qui lui appartient bien et est devenu parfaitement identifiable, à la lisière du théâtre et des arts plastiques, à la frontière du réel et du virtuel, entre distanciation et immersion. Son geste fort et singulier s’est aussitôt imposé comme empreint d’une attractive et inquiétante étrangeté. Mais ce qui saute aux yeux lors des derniers rendez-vous proposés par l’artiste, et notamment à la découverte de The Work, c’est non seulement une éternelle redite de signes qui sont toujours les mêmes, mais surtout une regrettable « gadgétisation » de ce qui autrefois faisait la radicalité de sa proposition. En voulant interroger la notion d’identité et porter à la scène des grandes questions existentielles, Susanne Kennedy a tenté de sonder les consciences d’entités fictives, telles que Jessica ou Angela. Elle fait désormais pénétrer dans la psyché de Xenia, représentée, comme toutes les figures-clones qui peuplent ses performances, sous la forme d’une silhouette démultipliée et dévitalisée, à la voix pré-enregistrée et au visage calfeutré par le port d’un masque en latex au crâne rasé.

Xenia est une artiste en vue qui vient de signer, à l’aube de sa mort, une rétrospective de son œuvre. Au cours d’un long prologue, elle est interviewée par un critique d’art qui annonce la couleur : « Il s’agit d’un moment vraiment très spécial », dit-il. Au fil de la conversation, elle est invitée à expliquer, justifier, théoriser le sens de son travail qui abonde en grandes intentions. Celui-ci s’apparenterait à une tentative de guérison spirituelle, voire d’exorcisme de tout ce qui se présente comme les drames de sa vie. Lorsque le rideau se lève sur un gigantesque espace, dont les dimensions et l’agencement évoquent ceux d’un plateau de télé-réalité aux couleurs criardes et aux écrans omniprésents, le public est invité à quitter le gradin et à s’aventurer à sa guise entre la chambre, le salon et les autres recoins de la maison décorée dans une esthétique très seventies. Sous un chapiteau adjacent, une femme tricote et veille un personnage mourant sous convulsions. Les autres, hagards, vivotent dans le dispositif sans grand affairement.

Devenue une sorte de démiurge autoritaire juchée sur une passerelle surélevée, Xenia dirige ses avatars en les exhortant à être suffisamment créatifs et engagés pour rejouer des moments de sa vie passée et tenter de dépasser le traumatisme qu’ils ont causé. Ceux-ci obéissent et se livrent à des rituels type jeux de miroirs, exercices de libération des tensions corporelles pour ressentir la connexion entre eux, et se plongent finalement dans ce qu’elle est et a vécu. Ce procédé confirme le penchant pour l’ésotérisme de Susanne Kennedy, double évident de Xenia, et l’influence prépondérante qu’a un certain esprit New Age sur son travail, qui aime aborder très artificiellement les zones de l’irrationnel humain. Mais l’ensemble de la proposition souffre d’une grande platitude causée par l’inanité du discours délivré et la minceur des situations montrées.

Christophe Candoni – www.sceneweb.fr

The Work
Conception Susanne Kennedy, Markus Selg
Texte et mise en scène Susanne Kennedy
Scénographie Markus Selg
Avec Suzan Boogaerdt, Vanessa Loibl, Toni Maercklin, Montse Majench, Jasper Middendorf, Ibadet Ramadani, Damian Rebgetz, Marie Rosa Tietjen, Dominic Santia, Bianca van der Schoot, Laurie Young
Conception sonore, montage, collaboration artistique Richard Alexander
Vidéo Rodrik Biersteker, Markus Selg
Costumes Andra Dumitrascu
Lumière Kevin Sock
Dramaturgie Johanna Höhmann
Assistante à la mise en scène Lara Weidemann
Assistant à la scénographie Simeon Melchior
Assistant à la conception sonore Jonathan Bruns
Assistante à la vidéo Karolina Serafin
Assistante aux costumes Martha Lange
Assistantes à la dramaturgie Ricarda Hillermann, Leonie Jenning
Régisseuse de scène Janne Ganzer
Assistant à la mise en scène Max Pross

Production Volksbühne am Rosa-Luxemburg-Platz – Berlin
Coréalisation Festival d’Automne à Paris
En partenariat avec le Goethe Institut
Avec le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès

Durée : 1h30

Odéon-Théâtre de l’Europe, Ateliers Berthier, dans le cadre du Festival d’Automne à Paris
du 16 au 21 décembre 2025

18 décembre 2025/par Christophe Candoni
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