Alors que s’ouvre ce week-end la 46e édition de Montpellier Danse, le Syndeac, l’A-CCN / A-CDCN, LAPAS et Chorégraphes Associé·e·s poursuivent leur réflexion collective autour d’un « Plan en faveur de la danse » construite afin de répondre aux grandes fragilités structurelles actuelles du secteur chorégraphique. Intitulé « Ce que peut la danse », le document rassemble 20 propositions qui seront discutées le 24 juin dans le cadre du festival montpelliérain.
Cette démarche, initialement adressée au niveau ministériel, a été repensée et élargie afin de s’adresser aujourd’hui à la fois aux ministères et aux collectivités territoriales, ainsi qu’aux élu·es locaux. Présentées une première fois au ministère de la Culture, les orientations de ce travail ont depuis été enrichies grâce à une large concertation associant artistes, chorégraphes, festivals, structures labellisées ou conventionnées, syndicats et organisations représentatives du secteur, réseaux professionnels, etc.
Le séminaire national de travail organisé le 11 mai dernier a constitué une nouvelle étape de cette dynamique collective. Il a permis d’actualiser les priorités, de consolider les propositions existantes et de faire émerger de nouvelles pistes d’action répondant aux réalités du secteur chorégraphique. Le présent document s’intitule « Ce que peut la danse » et rassemble 20 propositions destinées à engager un dialogue avec l’ensemble des acteur·rices concerné·es. Il fera l’objet d’une remise officielle à la ministre de la Culture ainsi qu’aux principales associations d’élu·es.
Enfin, ce travail s’inscrit dans une perspective de plaidoyer auprès des responsables publics et vise à porter des propositions concrètes dans le cadre des prochaines échéances électorales, notamment les élections législatives et présidentielle.
Trois axes des 20 priorités
Les trois axes présentés ici en constituent une synthèse, parmi un ensemble plus large de 20 préconisations, qui abordent également des enjeux essentiels tels qu’un rééquilibrage des financements, la parité, la santé des artistes, l’éducation artistique et culturelle (EAC), la recherche et la formation. Ces préconisations seront présentées aux ministères concernés et aux collectivités territoriales.
Une politique nationale ambitieuse pour la danse
La danse doit retrouver une place centrale dans les politiques publiques culturelles. Cela implique un rééquilibrage durable des financements en faveur du secteur chorégraphique, la sécurisation des moyens des structures et des compagnies, ainsi qu’une meilleure prise en compte des territoires ruraux et ultramarins.
Cette ambition suppose également une simplification de l’action publique, une harmonisation des dispositifs d’accompagnement et la mise en place d’un véritable plan national interministériel associant l’État, les collectivités territoriales et les ministères concernés.
Enfin, l’adaptation des dispositifs de soutien aux compagnies doit permettre de mieux répondre à la réalité des parcours artistiques et à leur inscription dans les territoires.
Mieux diffuser la danse sur l’ensemble du territoire
La présence de la danse dans les réseaux de diffusion doit devenir une priorité partagée par l’ensemble du spectacle vivant. Cela passe par la généralisation de dispositifs tels que « Danse en territoire » et la création des programmes de chorégraphes associés, par le renforcement du rôle des Centres chorégraphiques nationaux (CCN) et des Centres de développement chorégraphique nationaux (CDCN), ainsi que par une coopération renforcée avec les scènes nationales et les scènes conventionnées. L’inscription d’une véritable compétence danse dans les contrats d’objectifs (CPO) et les projets d’établissement doit permettre de rééquilibrer progressivement les programmations, de favoriser la circulation des œuvres et de garantir un accès plus équitable à la création chorégraphique sur l’ensemble du territoire.
À titre d’exemple, en 2023, la danse représentait seulement 19 % de la programmation des artistes associés dans les scènes nationales, loin derrière le théâtre (46%), le nombre de créations soutenues en danse était de 16%, contre 55% en théâtre, selon les données de l’Association des Scènes Nationales
Reconnaître et sécuriser les parcours des professionnels de la danse
La vitalité de la création chorégraphique repose sur la reconnaissance pleine et entière des artistes et des professionnels qui la portent. Il est nécessaire de construire un continuum de soutien aux auteurs-chorégraphes, depuis la recherche et la création jusqu’à la transmission, en passant par la structuration des équipes, la formation continue et la reconversion.
Cette reconnaissance doit également se traduire par la création d’un référentiel métier du chorégraphe, une meilleure rémunération des interventions artistiques et une réforme globale des statuts des artistes chorégraphes, permettant de mieux prendre en compte l’ensemble des temps de travail, de sécuriser les parcours professionnels et de rééquilibrer la répartition de la valeur entre création, interprétation et transmission.

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