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Ultra-Girl contre Schopenhauer : Toutes les héroïnes d’Edwige

À la une, A voir, Les critiques, Lyon, Théâtre

photo Julien Benhamou

Présentée au Festival Impatience, la première création du photographe Cédric Rouillat nous plonge dans un univers très années 80, entre bande dessinée et comédie musicale. Elle est l’affiche du Théâtre du Point du Jour dans le cadre de la saison du Théâtre des Célestins. 

C’est d’abord par sa scénographie que Ultra-Girl contre Schopenhauer nous emporte. De loin la plus élaborée parmi celles du Festival Impatience, où les plateaux nus côtoient des dispositifs élémentaires, elle dit à elle seule beaucoup de Cédric Rouillat, qui fait avec cette pièce son premier essai en matière théâtrale. Mais non en matière artistique. Photographe lyonnais autodidacte, il déploie en effet depuis plusieurs années une œuvre marquée par l’influence de la bande dessinée, du cinéma et du roman-photo. Où le décor et la mise en scène, très élaborés, sont les éléments centraux d’un univers inspiré par les mythologies hollywoodiennes. Où des personnages déguisés en super héros, des mecs bodybuildés et des nanas canons sont figés dans leurs stéréotypes. Edwige et Ultra-Girl, les héroïnes de la pièce de Cédric Rouillat, sont les dernières recrues de ce drôle de panthéon. Un peu plus vivantes, un peu plus bavardes que les autres.

Dans une grande boîte qui contient le décor d’un appartement des années 80 – tapisserie aux motifs géométriques et couleurs vives, sol jaune et meubles dans le même esprit –, Sahra Daugreilh est une Edwige à l’étroit dans ses habitudes bien réglées. Le genre de personne tirée à quatre épingles, bien lisse, qui dans les compositions du photographe côtoient les autres. Ceux qui multiplient les exploits. Avec une gestuelle d’automate, drôle et précise, la comédienne ouvre Ultra-Girl contre Schopenhauer par une série de petits rituels qui renseignent sur la vie intérieure de son personnage. Une traductrice qui met son savoir-faire au service de la bande dessinée américaine. Aux aventures d’Ultra-Girl (Laure Giappiconi) en particulier, qui devient son double fantasmé lorsqu’elle fait irruption dans l’appartement-tupperware. Juste après la visite d’un voisin (excellent David Bescond, qui joue tous les hommes de la pièce), traitée avec un burlesque délicieux.

Une fois le duo féminin réuni, Ultra-Girl contre Schopenhauer donne à voir et à entendre toutes les voix intérieures d’Edwige. Toutes les héroïnes qu’elle admire, mais dont elle ne peut s’approcher que par l’exercice intellectuel de la traduction ou par l’imaginaire. Cédric Rouillat fait pour cela appel à des codes de jeu aussi datés que son décor : ceux de la comédie musicale et du feuilleton sentimental. Le corps bien moulé dans un costume aux couleurs du drapeau américain, Ultra-Girl oppose sa sensualité provocante à la timidité d’Edwige par le chant et par des récits accompagnés de poses si lascives qu’elles en deviennent comiques. Ou comics.

Rythmée par des intrusions masculines – après le voisin, c’est un professeur d’anglais, un plombier et enfin Schopenhauer qui s’invitent dans le trop petit intérieur d’Edwige – la pièce dresse le portrait de la traductrice à travers le temps. De l’enfance jusqu’à l’âge adulte. Bien écrite, parfaitement jouée par ses trois comédiens, Ultra-Girl contre Schopenhauer brille par son humour volontiers potache. Il aurait toutefois gagné à être moins référentiel – des héroïnes de bande dessinée à Rita Hayworth ou Liz Hamilton, Edwige multiplie les allusions à des stars et personnages emblématiques des années 80 – , et à sortir davantage de son cadre initial. Pénétrant dans cet univers très pop culture sur un malentendu – dans la chanson It’s a pity d’Ella Fitzgerald, Edwige prend le mot « Schopenhauer » pour « Chopin hour » – le philosophe aurait pu apporter davantage de perturbation à l’ensemble. La scène de confrontation entre Schopenhauer et Ultra-Girl aurait pu constituer pour cela une bascule. Un renversement. Ce sera sans doute la prochaine étape à franchir par Cédric Rouillat, s’il veut faire un pas supplémentaire en dehors de l’image. Vers le théâtre. Ultra-Girl contre Schopenhauer est un joyeux et bon augure.

Anaïs Heluin – www.sceneweb.fr

Ultra-Girl contre Schopenhauer

Texte : Cédric Roulliat / Compagnie de Onze à Trois heures

Musique : Laurent Péju

Lumière : Fabrice Guilbert, Arthur Magnier

Son : Baptiste Tanné, Teddy Mira

Scénographie : Caroline Oriot, Guillaume Ponroy

Production : Compagnie de Onze à Trois heures

Durée : 1h10

Théâtre le Point du Jour (Lyon)

Du 6 au 12 mars 2019

 

6 mars 2019/par Anaïs Heluin
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