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Soir de Première avec Chloé Réjon

À la une, Paris, Rennes, Théâtre
Chloé Réjon
Chloé Réjon

Photo Bulle Batalla

D’abord formée à l’École Pierre Debauche, Chloé Réjon a dix-neuf ans lorsqu’elle est engagée en 1992 dans la troupe de la Comédie de Reims, dirigée par Christian Schiaretti. Trois ans plus tard, elle entre au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris. Parmi ses rôles marquants, figurent celui de Nora dans Une maison de poupée d’Ibsen et le rôle-titre dans Lulu de Wedekind, deux spectacles mis en scène par Stéphane Braunschweig, qu’elle retrouve pour la création de À notre place d’Arne Lygre au Théâtre National de Bretagne, à Rennes.

Avez-vous le trac lors des soirs de première ? 

Oui, énormément, mais ce n’est pas un état permanent, plutôt comme des vagues d’inquiétude, qui vont et viennent, un sentiment de solitude, une envie de m’échapper tandis que je suis dans ma loge. Pourtant, il y a des fleurs, des mots d’amour, et de la gaité dans le couloir, alors je sors de ma grotte, je respire et je parle avec mes partenaires. On est dans le même bateau. Je pense aux mots de mon personnage dans À notre place d’Arne Lygre : « Je vais bien m’en sortir ». Je me dis : tu n’es pas seule, tu ne vas pas mourir, tu as des partenaires, un texte. Et surtout, le public est là ! C’est comme un premier rendez-vous, ça fait des papillons dans le ventre.

Comment passez-vous votre journée avant un soir de première ?

Je vais prendre un cours de danse en fin de matinée, histoire de respirer et de dénouer les tensions, de ralentir mon rythme cardiaque. Je ne peux voir personne, comme si je rentrais dans ma coquille avant de m’extérioriser. Il faut que je m’invisibilise au maximum, j’ai besoin de silence. Je me repasse le texte en boucle, je retraverse le parcours du personnage, mais plutôt comme un voyage intérieur. Et puis « Je marche et je réfléchis », comme dit Nina dans La Mouette, et je vais tôt au théâtre en traversant aux feux rouges (rires).

Avez-vous des habitudes avant d’entrer en scène ? Des superstitions ? 

J’allume une bougie, c’est de la lumière ; je dispose des fleurs, c’est de la couleur. C’est joyeux, une loge, un soir de première. Je pense à mon ami Raphaël, qui assistait à toutes mes premières… La chance que j’ai d’être en vie – ça aussi, on dirait du Lygre. J’écoute une chanson qui correspond à mon personnage. Ça peut aller de Schubert à Lila Downs, tout dépend de l’énergie dont j’ai besoin. Je vais sur le plateau, dialogue avec l’espace, la salle encore vide. Je pense au Mexique, un pays puissant où j’ai vécu quelques années, et qui m’a fourni des armes pour affronter mes peurs. Un pays où les morts sont aux côtés des vivants, et les créatures imaginaires aux côtés des personnes réelles. Je dépose des petits cadeaux à mes partenaires : le temps du spectacle, c’est comme ma famille ! Je parle avec mon fils, avec mon amoureux. Ils ont confiance : ne pas les décevoir. Je me souviens que tout ça n’est qu’un jeu, que ce n’est pas la vraie vie. Ou si ? Je me dédouble.

Première fois où vous vous êtes dit « Je veux faire ce métier » ?

Ma mère m’emmenait souvent au théâtre quand j’étais enfant, mais c’est sans doute la traversée du Mahabharata de Peter Brook aux Bouffes du Nord qui m’a emportée.

Premier bide ? 

La première au Théâtre de Gennevilliers de Dons, mécènes et adorateurs d’Ostrovski, mise en scène par Bernard Sobel, un artiste qui m’a tellement appris. Il m’avait confié le rôle de Néguina, une jeune actrice qui doit choisir entre sa vocation artistique et une mission d’éducation dans les campagnes russes. Le soir de la première, il y avait tout Paris et j’ai eu la sensation de me planter magistralement… Les grands rôles sont comme des fauves, ils ne se laissent pas domestiquer si facilement, ils vous dévorent parfois… J’étais tétanisée en sortant de scène. Mais c’est comme après une chute de cheval : le lendemain, il faut remonter en selle.

Première ovation ? 

Dans la nuit du 27 au 28 juillet 1993, à Avignon, où nous avons fait une intégrale de L’Europe des avant-gardes, titre qui réunissait quatre spectacles mis en scène par Christian Schiaretti. Nous avons créé La Poule d’eau de Gombrowicz à 4h du matin après un Pirandello, un Brecht et un Vitrac. Vers 6h30, le public était toujours là et nous a fait une standing ovation pendant vingt minutes. Ma mère était dans la salle. J’avais 20 ans…

Premier fou rire ? 

Dans L’Homme la bête et la vertu de Pirandello. Je jouais Nono, un petit garçon, donc j’avais un cahier d’écolier, et comme blague de dernière, Loïc Brabant, qui jouait mon père, avait collé dans mon cahier des images, comment dire… J’ai éclaté de rire. J’y suis restée, comme on dit.

Premières larmes en tant que spectatrice ? 

Café Müller de Pina Bausch dans la Cour d’honneur du Palais des papes.

Première mise à nu ?

Au sens propre et figuré : Lulu de Wedekind, mise en scène par Stéphane Braunschweig. Nous avions un tout petit garçon, et c’était très paradoxal pour moi de jouer ce rôle. Le désespoir de Lulu, qui se jette dans la rue à la fin de la pièce et tombe sur Jack L’Éventreur, me faisait vaciller… Pour incarner ce personnage fascinant, mi-enfant mi-femme fatale, qui se brûle les ailes et descend aux enfers, il fallait me défaire de tous les atours de la maternité, et redescendre un peu à la cave de ma propre enfance… Un rôle magnifique, mais tellement exigeant.

Première fois sur scène avec une idole ? 

Alors que j’étais en deuxième année au Conservatoire national, je gagnais ma vie en jouant tous les soirs au Théâtre Saint-Georges avec Maria Pacôme ! Une grande actrice du théâtre de boulevard. Quand elle entrait en scène, le public applaudissait avant même qu’elle ait ouvert la bouche. Un phénomène ! Et il y avait toujours du champagne dans sa loge, sinon « [Elle] ne [jouait] pas ! ».

Première interview ? 

Dans ELLE, justement, à propos de cette pièce d’Anne-Marie Étienne, Une mesure d’avance, qui mettait en scène trois femmes à des âges différents de la vie : 20 ans (c’était moi), 40 ans (Denise Chalem), et 60 ans (Maria Pacôme). C’est étrange, car trente ans plus tard, la pièce de Lygre met en scène trois femmes d’âges différents également, et maintenant, je suis celle qui a 50 ans ! (rires) Une autre histoire, et un tout autre style de théâtre, mais un miroir ou un écho… Des correspondances.

Premier coup de cœur ? 

Gena Rowlands dans les films de Cassavetes. Un choc. J’ai dix-sept ans, un ami m’emmène voir une rétrospective de tous ses films. Je me dis : c’est ça, une vraie actrice, c’est comme ça que je veux vivre et, comme elle, travailler avec ceux que j’aime !

2 mars 2026/par L'équipe de sceneweb
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