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Salia Sanou : « J’ai envie, à travers la danse, que l’on écoute son corps »

À la une, Danse, Nantes
Salia Sanou
Salia Sanou

Photo Bastien Capela

Salia Sanou vient de prendre la direction du Centre chorégraphique national de Nantes. Il succède à Ambra Senatore. Il a présenté dans le cadre du festival Trajectoires une nouvelle version de son projet Multiple-s, avec Ange Fandoh et le compositeur Babx. L’occasion pour le danseur et chorégraphe de plonger très vite dans le grand bain de ses nouvelles fonctions.

Vous avez pris vos fonctions de directeur du CCN de Nantes le 5 janvier, et vous êtes déjà sur scène à l’occasion du festival Trajectoires. Il était important pour vous de montrer très vite au public de Nantes votre travail ?

Oui, c’est une très bonne manière de se présenter au public en proposant cette forme de spectacle qui est multiple, que j’ai commencé il y a cinq ans, avec des artistes différents. Il s’agit de la quatrième version de ces Multiple-s qui avaient débuté avec Nancy Huston et Germaine Acogny à Limoges. C’est une sorte de carte de visite. Voilà, je me présente au public, en toute simplicité, avec Babx au piano, et la chanteuse Ange Fandoh. C’est vraiment une belle manière de prendre mes fonctions et d’habiter ce lieu magique qu’est le centre chorégraphique dans cet ancien couvent des Capucins, qui est un lieu habité, inauguré par Claude Brumachon, puis dirigé avec Benjamin Lamarche, qui l’a rejoint pendant dix ans, et enfin avec Ambra Senatore, qui me passe le relai. Je me sens comme dans une maison dans laquelle les générations se croisent. On y passe les relais, et je ne suis que l’un des témoins aujourd’hui.

Dans le spectacle, Babx chante justement une très belle chanson intitulée Prendre soin. Devenir directeur d’un CCN, c’est prendre soin d’une maison où vous ne serez que de passage ?

C’est une responsabilité énorme d’arriver dans un lieu qui vit depuis 33 ans. Il s’est passé des choses. Ce lieu possède une histoire et on ne peut que s’appuyer sur les traces laissées par les autres artistes, par les autres chorégraphes, pour continuer à créer. Dans la culture africaine qui est la mienne, on part du néant. Et on surgit de quelque chose qui a existé et qui nous permet d’être là aujourd’hui.

Alors, justement, vous parlez de culture africaine. Vous avez un pied forcément dans cette culture, et un pied dans la culture contemporaine occidentale. Ce sont vos deux jambes. Elles vont continuer de marcher ensemble à Nantes ? 

Il faut toujours que je trouve l’équilibre ! Être des deux côtés de la rive. Je ne peux exister ici que si j’ai les ressources de cette culture africaine qui a nourri mon enfance, qui m’a fait grandir ensuite sur d’autres territoires. Quand je vais en Afrique, ce que j’amène de mon expérience en France me permet aussi d’exister là-bas. Ce va-et-vient sur les deux rives me permet d’avoir cet équilibre.

Comment imaginez-vous votre projet à Nantes ?

J’ai envie d’ouvrir des espaces, d’ouvrir des horizons, de partir d’un ancrage territorial, avec ces quartiers, ces villes, ces métropoles, le département, la région, pour créer des rayonnements, une ouverture sur l’autre. C’est l’élan que je souhaite donner. Que les dynamiques chorégraphiques se croisent, se tamponnent, se confrontent. Et que quelque chose surgisse. J’ai envie que les publics se croisent. Que l’on soit d’un quartier riche ou populaire, il faut dialoguer. Très souvent, on ne se parle pas, on ne s’écoute pas. J’ai envie, à travers la danse, que l’on s’écoute, que l’on écoute son corps.

Dans Multiple-s, justement, la chorégraphie de votre corps est simple. Chacun peut essayer de reproduire les gestes, même si on n’est pas danseur professionnel. Vous souhaitez que votre danse soit très accessible ?

Oui, je ne connais pas un peuple qui ne danse pas. Et je pars du principe que tout le monde peut danser. Et, d’ailleurs, c’est quelque chose que je veux continuer à faire, en développant des projets participatifs, organiser des bals populaires, des « bals maquis » comme j’aime bien les appeler. On sort du bureau, on sort de l’école, on passe une tête, on regarde, on participe, et on danse.

Qui sont les artistes qui vont vous accompagner sur les premières années de votre mandat ?

Il y a No Anger, artiste pluridisciplinaire engagée, qui, à partir de ses propres expérience et réflexion féministes et queers sur le handicap physique, développe une pensée critique du validisme. Elle se bat, et je suis impressionné par sa singularité. Son travail résonne avec mon histoire. Je suis aussi entouré d’Alice Gautier, chorégraphe, plasticienne, qui mène un travail intéressant sur l’image et sur la réalisation des films, sur la danse.

Pour votre arrivée, vous présentez une pièce intime. Le public pourra-t-il découvrir de plus grandes formes ?

Oui, la saison prochaine, je vais présenter De Fugues… en Suites… qui explique comment la musique classique occidentale de Bach résonne avec les origines, avec mon enfance, avec cette chorale de la foi qui a bercé mon enfance. Et puis, je vais créer une grande forme autour de Nina Simone, autour de son œuvre musicale. C’est immense ce que sa musique a apporté à l’humanité, ce que sa parole, en tant qu’artiste, a apporté à l’humanité. Sa musique a inspiré beaucoup de créateurs et de compositeurs. J’aime cette artiste qui s’est engagée pendant toute sa carrière.

27 janvier 2026/par Stéphane Capron
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