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Irina Brook décape Roméo et Juliette

À la une, A voir, Les critiques, Nice, Théâtre

Photo Gaëlle Simon

Pour son avant-dernière création en tant que directrice du Théâtre national de Nice, la metteuse en scène fait souffler un vent de fraîcheur sur l’oeuvre du grand Will. Aux commandes d’une troupe de jeunes comédiens très engagés, elle emporte cette pièce culte vers de fougueux et populaires rivages, quitte à en obérer parfois le tragique.

Irina Brook rend les armes. A la tête du Théâtre national de Nice depuis 2014, la metteuse en scène a préféré mettre un terme anticipé à son second mandat pour retrouver, confie-t-elle, « un nouveau souffle créatif ». Et pourtant, de souffle et d’audace, elle ne manque pas, comme le prouve son adaptation de Roméo et Juliette qui restera comme son avant-dernière création en tant que patronne du CDN niçois.

Dix-huit ans après en avoir proposée une première version, elle remet sur le métier la célèbre lutte entre les Montaigu et les Capulet, dont l’amour naissant entre Roméo et Juliette fait les frais. Comme pour l’ensemble de son exploration de l’oeuvre du grand Will, à qui elle revient aussi régulièrement qu’inlassablement, Irina Brook s’est laissée guider par un seul objectif : prouver au public, et notamment aux plus jeunes, que le plus célèbre des dramaturges britanniques a encore des choses à nous dire, qu’il n’est pas cet auteur poussiéreux, sérieux et ennuyeux dépeint par certaines mises en scène classiques.

Ce parti-pris en tête, elle a utilisé toutes les armes à sa disposition pour s’y tenir. Au texte lui-même, elle a offert une coupe de printemps et taillé çà et là dans les passages les plus touffus, pour ne garder qu’un substrat, haletant, capable de tenir en 1h59, montre en main. Surtout, la nouvelle traduction de Marie-Paule Ramo fait le pari de la modernité. Sans la tordre, ni sacrifier les passages les plus poétiques, elle prend la langue shakespearienne à son propre jeu et, comme l’avait voulu le dramaturge britannique, l’inscrit dans l’époque de la représentation, la nôtre, jusqu’à la rendre compréhensible par tous, y compris dans sa vulgarité.

Ne restait plus, alors, aux comédiens qu’à empoigner ce canevas cousu main et à investir ces personnages qu’Irina Brook a patiemment creusés. D’une jeunesse, d’une envie et d’une diversité à en faire pâlir beaucoup d’autres, la troupe empoigne le texte shakespearien avec une fougue dévorante et transforme la bataille antédiluvienne entre les deux familles de Vérone en guerre de gangs où le ghetto blaster, le survêtement et le cran d’arrêt ont remplacé le chapeau, la cape et l’épée. Dans cet affrontement de rue, les deux victimes prématurées, Marjory Gesbert en Tybalt sanguinaire et Samuel Charieras en Mercutio dégingandé, s’imposent comme de fines fleurs et font particulièrement mouche.

Menée tambour battant, soutenue par Irène Reva en nourrice truculente et Kévin Ferdjani en Roméo troublant et troublé, l’entreprise embarque dans sa valse scénographique, à la fois simple et agile, et tient bon, jusqu’au tournant tragique de la pièce. Visiblement moins à l’aise avec la partition à la fois plus enlevée, noire et poétique de la seconde partie, la troupe, qui ne perd rien de son dynamisme, ne parvient pas à s’y engager avec la même réussite, à sublimer toutes les facettes de ce diamant noir, et à en révéler les enjeux sous-jacents qui font la grandeur de Shakespeare. Malgré tout, Irina Brook aura réussi son pari, celui de redonner au grand Will sa fougue d’antan, capable de conquérir les jeunes, et les moins jeunes, qui repousseront, à coup sûr, les portes d’un théâtre, à Nice ou ailleurs.

Vincent Bouquet – www.sceneweb.fr

Roméo et Juliette
de William Shakespeare
Mise en scène et scénographie Irina Brook
Traduction Marie-Paule Ramo
Avec Samuel Charieras, Aliénor De Georges, Kevin Ferdjani, Marjory Gesbert, Cyrille de Gonzalgue, Laurent Grappe, Maïa Jemmett, Issam Kadichi, Jérémy Komboh Alié, Haykel Mashate, Irène Reva, Quentin Richard
Chansons originales Maïa Jemmett
Assistante à la mise en scène stagiaire Milica Milosavljevic
Collaboration artistique Tess Tracy
Lumière Alexandre Toscani
Son Guillaume Pomares
Costumes Magali Castellan, Coline Dalle, Aurore Lane
Accessoires plateau Anne-Laure Chiron, Laure Millet, Virginie Pelsez
Production Théâtre National de Nice – CDN Nice Côte d’Azur
Coproduction Passionnément TNN

Durée : 2 heures

Théâtre National de Nice
Du 3 au 10 avril

8 avril 2019/par Vincent Bouquet
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