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« Pling-Klang », couple en kit

A voir, Cirque, Colombes, La Rochelle, Les critiques, Montpellier, Paris, Saint-Brieuc, Sète
Mathieu Despoisse et Étienne Manceau dans Pling-Klang
Mathieu Despoisse et Étienne Manceau dans Pling-Klang

Photo Philippe Laurençon

Entre Mathieu Despoisse et Étienne Manceau, le courant passe. Tous deux pratiquants d’un cirque minimaliste aux accents absurdes, ils se retrouvent pour parler du couple dans Pling-Klang. Avec bonheur, le duo déconstruit cette notion tout en montant un meuble en kit. Ou plutôt en s’y essayant…

Depuis qu’il a quitté le Cheptel Aleïkoum dont il est l’un des cofondateurs, principalement avec d’autres artistes issus comme lui de la 15e promotion du Centre National des Arts du Cirque (CNAC), Mathieu Despoisse avance dans le cirque non pas en solo, mais à deux. Son passage de la troupe au couple se fait avec Arnaud Saury dans l’excellent Dad is dead (2018), duo de vélo acrobatique où les artistes déploient un dialogue en roue libre, décalé et parfaitement tout-terrain sur les idées de militantisme et de genre. Avec la compagnie qu’ils créaient pour l’occasion, MMFF (Mathieu Ma Fille Foundation), les deux complices sont invités partout en France, aussi bien par des lieux dont le cirque est la spécialité que dans des structures plus généralistes, à venir partager leur petite philosophie sur deux roues. Aujourd’hui encore, il leur arrive régulièrement d’emmener ici ou là leur unique vélo pour deux, de tracer au sol ou sur scène leur piste circulaire de neuf mètres de diamètre et d’enchaîner leurs acrobaties cyclistes et verbales hautement incongrues. Ce qui n’a pas empêché Mathieu Despoisse d’aller voir ailleurs, allant jusqu’à former un autre binôme qui, lui aussi, a tout pour connaître une belle longévité. Le partenaire s’appelle Étienne Manceau et le fruit de leur union, c’est Pling-Klang.

En la personne d’Étienne Manceau, c’est plus solitaire encore que lui qu’est allé chercher Mathieu Despoisse. Depuis une douzaine d’années en effet, avec sa compagnie Sacékripa, c’est seul en scène ou presque que l’artiste développe un univers absurde dont il est l’anti-héros trompant son ennui par des rituels intimes dont le spectateur est le témoin secret, le voyeur. Dans Vu, qu’il crée en 2012 et qu’il n’a jamais cessé de jouer jusqu’à maintenant – et dont il a aussi imaginé dix ans plus tard une version féminine interprétée par Amélie Venisse –, il se met lui-même en scène à travers une cérémonie du thé très personnelle, où la simple préparation du breuvage s’avère pour le protagoniste d’une complexité inouïe. Dans Vrai (2021), dont il est difficile de dire quoi que ce soit sans révéler ce que l’artiste veut garder secret – ce qui, après plusieurs années d’existence, relève du tour de force –, il se donne à observer évoluant au sein d’un dispositif circulaire ingénieux, dans des activités quotidiennes qui d’habitude se font à l’abri des regards extérieurs. En s’associant avec Mathieu Despoisse dans Pling-Klang, Étienne Manceau ne renonce guère à la figure décalée, au personnage de clown tendre et vaguement triste qu’il s’est forgé. Pas plus que son compagnon ne sacrifie son goût de la palabre où le monde actuel se présente sous des angles inattendus.

Dans ce spectacle dont le titre ne dit rien sinon son inscription dans le registre du foutraque, les deux entités singulières dans le paysage du cirque contemporain que sont ses créateurs choisissent de se relier par le biais d’un objet qui n’est pas reconnu comme un agrès, mais qu’ils utilisent comme tel : un meuble en kit de la célèbre marque suédoise. Lequel est aussi pour les deux amis à la fois la colonne vertébrale de leur pièce et la métaphore du sujet qu’ils y prennent à bras le corps : le couple. Sans surprise, c’est le bavard de service, Mathieu Despoisse, qui ouvre le débat sur une référence qui tranche avec l’imaginaire populaire véhiculé par les planches de contreplaqué qu’ils commencent à retourner en tous sens : « Suis-je amoureux ? Oui, puisque j’attends », lance-t-il à son comparse sans tarder de nommer l’auteur de ces mots, Roland Barthes. L’irruption des Fragments d’un discours amoureux dans l’espace de jeu, situé au centre d’un dispositif bifrontal, surprend autant que l’arrivée des notions de militantisme et de genre dans Dad is dead. C’est là l’une des parentés entre les deux spectacles qui, loin de les appauvrir, les enrichit en créant un réseau de correspondances, également nourri par l’esthétique de Mathieu Despoisse traversée par un sentiment d’inadéquation au monde et par Bram Dobbelaere, qui collabore à l’écriture. Pling-Klang, c’est ainsi la rencontre entre deux planètes voisines, qui peut tout à fait s’apprécier et se comprendre de manière autonome, mais qui gagne à être regardée à l’aune de ce qui précède chez les deux artistes.

En chaussant ces lunettes panoramiques, on observe comment, en s’éloignant de l’usage d’agrès traditionnels, Mathieu Despoisse fait un pas vers son ami qui lui-même a pris de la distance par rapport à sa pratique d’origine, le jonglage. Le cirque du quotidien qu’ils développent ensemble apparaît alors clairement comme une démarche d’extension du domaine du cirque, qui rejoint d’autres trajectoires d’artistes contemporains tels que Olivier Debelhoir avec son seul en scène Un soir chez Boris, où il incarne une sorte de trappeur solitaire, Stefan Kinsman, qui, dans son solo La Frontera, est une espèce de cow-boy en contact avec des présences invisibles, ou encore Arnaud Saury cité plus tôt, auteur d’une série de « performances domestiques » auxquelles Pling-Klang n’est pas sans faire penser. Ce duo autour d’un meuble immontable pour deux esprits si peu conformistes participe de ces démarches individuelles qui viennent renouveler les langages du cirque. L’analyse du couple, soumis par les deux amis à une mise en pièces, puis à un remontage très personnel qui suit les courbes accidentées de leur bricolage, se prête bien à cette approche du cirque. En disant à leur manière les limites, l’épuisement d’un modèle social qui signifie sans doute la fin d’un paradigme et le commencement d’un autre, Mathieu Despoisse et Étienne Manceau relient leur art au présent avec une intelligence et une grâce d’autant plus contagieuses qu’elles ne cherchent pas à séduire.

Anaïs Heluin – www.sceneweb.fr

Pling-Klang
Texte Mathieu Despoisse, Étienne Manceau, Bram Dobbelaere
Avec Mathieu Despoisse, Étienne Manceau
Conseil artistique Marie Jolet
Création lumière et régie de tournée Jean Ceunebroucke
Création sonore Julien Agazar et Roch Havet
Création costume Natacha Costechareire

Coproduction Équinoxe – Scène nationale de Châteauroux, Coopérative de Rue et de Cirque – Paris, L’Échalier – atelier de fabrique artistique (Saint-Agil), Larural – Scène de territoire en Créonnais, Cirk’Eole (Montigny-lès-Metz), Théâtre ONYX – Scène conventionnée de Saint-Herblain, Le Carré Magique – Pôle national Cirque en Bretagne, Plateforme 2 Pôles Cirque en Normandie – La Brèche à Cherbourg et Cirque-Théâtre d’Elbeuf, Centre culturel André Malraux – Scène nationale de Vandœuvre-lès-Nancy, Festival UTOPISTES (Lyon), La rose des vents – Scène nationale Lille Métropole Villeneuve d’Ascq, Le Plongeoir, Cité du Cirque – Pôle cirque Le Mans, CIRCa – Pôle national Cirque (Auch), MiraMiro – Gand (Belgique), Circuswerkplaats Dommelhof (Belgique), ROTONDES – Luxembourg, TRIO…S– Théâtre de Blavet (Inzinzac-Lochrist), La Mouche – Saint-Genis-Laval, Le Sirque – Nexon
Soutiens DGCA, DRAC Pays de la Loire, Région Pays de la Loire, Conseil départemental de Loire-Atlantique, Ville de Nantes, Ville de Saint-Herblain

Durée : 1h

Vu en avril 2024 dans le cadre du festival Rencontre des Jonglages, La Courneuve

Théâtre du Rond-Point, Paris
du 27 janvier au 6 février 2026

L’Avant Seine, Théâtre de Colombes
le 7 février

Le Citron Jaune, CNAREP, Port-Saint-Louis-du-Rhône
les 13 et 14 février

Le Carré Magique, Pôle National Cirque en Bretagne, Lannion
du 10 au 12 mars

L’Atelier Culturel, Landerneau
les 13 et 14 mars

La Passerelle, Scène nationale de Saint-Brieuc
du 16 au 18 mars

Théâtre du Pays de Morlaix
les 19 et 20 mars

Théâtre Molière Sète, Scène nationale Archipel de Thau
du 31 mars au 4 avril

Théâtre Jean Vilar, Montpellier
les 1er et 2 avril

Théâtre Durance, Château-Arnoux-Saint-Auban
du 7 au 9 avril

Le Cargo, Segré-en-Anjou-Bleu
les 29 et 30 mai

La Coursive, Scène nationale de La Rochelle
du 2 au 6 juin

27 janvier 2026/par Anaïs Heluin
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