Au départ de MUT(H)OS, deux mortelles face à nous mais aussi face au vide, face au rien, comme les Dieux de l’Olympe en leur temps. Ce rien les pousse à agir pour se sentir vivantes. Leurs visages se déforment, mutent, chaos momentané duquel naîtra une multitude de personnages : dieux déesses, héros ou héroïnes. Il leur faut revenir à l’origine du jeu pour raconter des histoires.
Et si on reprenait tout à zéro. Au commencement était le verbe et les premières histoires transmises.
Parce qu’ils sont le berceau de l’humanité, les mythes questionnent l’essentiel de notre existence, ainsi que son absurdité. Ils sont le résultat des premières tentatives des Hommes pour tenter de trouver le sens de la vie.
“Il y a bien longtemps les Dieux et les Déesses de la Grèce antique régnaient sur un monde vide”. Alors pour s’occuper ils vont CRÉER quelque chose de nouveau : les Hommes.
En repartant de cet acte créateur, les deux comédiennes de MUT(H)OS convoquent avec tendresse et dérision une pléiade de figures mythologiques et leurs quêtes tout aussi démesurées. Comme une ôde à l’imagination, à la création qui peut jaillir même de l’ennui le plus abyssal, MUT(H)OS nous invite à creuser au fond de soi pour transformer l’ennui en une foisonnante épopée où l’imaginaire, le rire, les passions et faiblesses humaines se disputent le premier rôle.
Qui n’a pas frémi un jour en entendant les châtiments éternels : Prométhée se faisant dévorer le foie chaque jour pour avoir désobéi aux Dieux ? Mais qui n’a pas eu envie, comme Pandore, d’ouvrir la porte vers quelque chose d’interdit ?
L’ensemble de ces mythes aborde des moments de faillite humaine. Ces instants où le trouble est si extrême que les personnages se retrouvent à outrepasser la loi des Hommes. C’est en ça que ces histoires enchâssées les unes aux autres deviennent passionnantes et nous concernent.
Jalousie, trahison, envie, bêtise, quête de pouvoir, amour toxique : que se passe-t-il quand on va trop loin ? Plonger dans un seul mythe n’aurait pas permis d’appréhender la complexité de l’âme humaine. En choisir un certain nombre permet de décortiquer les sentiments humains et de naviguer entre eux. Le caractère pluriel de ces histoires permet à chacun·e de s’identifier.
Mais faut-il être raconté dans l’éternité, à tout prix ? Oui, absolument. La vraie mort, c’est l’oubli.
Au début de MUT(H)OS, les comédiennes sont sans masque. Puis peu à peu, ils font leur entrée selon les personnages, les situations. Leur première apparition assume pleinement l’étrangeté du masque pour donner le code aux spectateur·ice·s et jouer avec l’étendue des possibles qu’offre sa plasticité. S’autoriser à faire des aller-retours entre masque et vraie peau, permet de rendre poreuses les frontières du vrai et du faux et amener le public à se perdre, à se reconnaître, et surtout à se laisser emporter dans une boucle sans fin, aux limites de la mythomanie et de la mythologie.
Nous souhaitons adresser ce spectacle au public à partir de 11 ans. Le début de l’adolescence est un temps de transformation corporelle et psychique constante. C’est une période de construction et d’affirmation de son identité. On s’invente, on se crée de toutes pièces puis on change de costume et c’est exactement les émotions que traversent les personnages des mythes que nous avons choisis. La tentation avec Orphée et Eurydice ou Pandore, le rejet avec Echo, le rapport à l’image avec Narcisse, ou le mythe de la virilité avec Jason, Thésée ou Persée, trouvent des résonances. Tous ces personnages nous hurlent leur furieux besoin d’exister et de trouver une place dans la communauté. N’est-ce pas là toutes les questions vacillantes de nos jeunes années ?
Note d’intention de Julie Badoc et Maud Bouchat
MUT(H)OS
Création et jeu Julie Badoc & Maud Bouchat
Collaboration artistique Lisa Garcia
Créateur sonore Raphaël Barani
Régie générale et création lumières Jean-Philippe Boinot
Création masques et costumes Adélaïde Baylac-Domengetroy
Co-confection des masques Justine Pitolet
Scénographie Fanny Papot
Dramaturge Flora DonarsProduction
Tréteaux de France – Centre dramatique national
Coproduction
Théâtre d’Angoulême – Scène nationale
NEST – CDN transfrontalier de Thionville-Grand Est
Le théâtre de Rungis
Avec le soutien
La Manekine, scène intermédiaire des Hauts-de-France
Centre culturel Nelson Mandela, Ville de Pantin
Cité éducative d’Aubervilliers
Avec la complicité de La Bêle Équipe, projet d’innovation durable qui valorise la laine française à travers un processus local de transformation responsable.29 et 30 janvier 2026
Le Gallia Théâtre, Saintesdu 3 au 5 février
Théâtre d’Angoulême, Scène nationale27 et 28 mars
NEST, CDN de Thionville



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