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Massimo Furlan lève le voile sur «1973 Single Player Version »

Agenda, En bref, Festival d'Avignon
photo C.Raynaud de Lage

photo C.Raynaud de Lage

« Quand j’étais petit, je nouais un mouchoir autour de mon cou et, en pyjama, je me jetais sur le lit en pensant que j’étais Superman. Et quand je jouais au foot, c’était dans ma chambre, où je marquais les plus beaux buts du monde face à mon poste radio. » De ses souvenirs, Massimo Furlan a monté des spectacles, où se mêlent avec esprit et facétie le kitch et le sacré, l’humour, la philosophie et la poésie. Qu’il rejoue, seul et sans ballon, la demi-finale du Mondial de foot 82 sur la véritable pelouse du Parc des Princes (Numéro 10), ou qu’il revête la panoplie d’un super héros dans (love story) Superman, c’est la biographie qui est au centre du travail de cet artiste italo-suisse. Pour sa création au prochain Festival d’Avignon, il a choisi de faire revivre l’Eurovision 1973 dans une version single player ou presque. « Il s’agit de rejouer une archive, de reprendre un événement de l’histoire, une soirée d’avril qui m’a particulièrement marqué. C’est un morceau du temps passé qui ressurgit et propose un scénario précis. Bien entendu, la reprise ne sera pas identique à l’original. Ce ne sont pas les mêmes acteurs, ce n’est pas la même époque, ce n’est pas le même contexte. Il sera forcément question d’un écart considérable entre l’original et la copie. C’est précisément cet écart-là qui m’intéresse. Il questionne l’histoire de la télévision et l’histoire de la musique, la culture populaire, le souvenir personnel et la mémoire collective ; il interroge notre rapport au temps… »

Après une formation à l’Ecole des Beaux-Arts de Lausanne, Massimo Furlan initie un cycle de travaux axés sur la thématique de la mémoire et de l’oubli. Depuis 1987, il expose régulièrement son travail dans des galeries et musées en Suisse comme en Europe. Peu à peu, il s’intéresse à la question de la représentation scénique et collabore avec plusieurs chorégraphes et metteurs en scène, avant de fonder en 2003 sa propre compagnie Numero23Prod. Ses créations puisent leur source dans son histoire personnelle : celle d’un enfant de parents italiens, né en Suisse, celle d’un adolescent comme les autres. Ne se posant pas la question des genres, Massimo Furlan interroge l’acte de la représentation : il revisite les icônes, sonde notre imaginaire collectif, aborde l’écart entre le modèle et le vivant, produisant par là un effet burlesque et poétique. Oser des paris impossibles et en tirer des moments confondants ou bouleversants de vérité : là réside la force de cet artiste et de son univers, où le drôle est toujours lesté de gravité.

Au Festival d’Avignon, Massimo Furlan a déjà créé un Sujet à vif en 2008, intitulé Chanteur plutôt qu’acteur : une forme courte où il brouillait les pistes en mêlant faux artistes associés et vrais philosophes pour une série de débats, piégés mais sérieusement alimentés, sur la filiation. D’après communiqué de presse du Festival d’Avignon.

Mardi 23 février 2010 à 20h30 à l’Ecole d’Art boulevard Raspail

84000 Avignon. Entrée libre, réservation conseillée au 04 90 27 66 50

12 février 2010/par Dossier de presse
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