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Marcos Caramés-Blanco, la jeune voix de toute une génération

À la une, Le Mans, Paris, Théâtre, Toulouse
Marcos Caramés-Blanco
Marcos Caramés-Blanco

Photo Tonatiuh Ambrosetti

Marcos Caramés-Blanco fait partie des auteurs dramatiques incontournables de la saison. Théâtre Ouvert lui consacre en ce moment un diptyque composé de IX : variations et de Ce qui m’a pris, qu’il présente entouré d’une joyeuse bande d’ami·es. Portrait d’un jeune artiste prolifique qui dépeint dans ses textes les affres et les espoirs de sa génération.

Entouré de néons criards, IX se maquille les paupières en rose, Amel Bent en fond sonore. En dix-sept fragments, on vient de remonter l’enfance de IX, né intersexe, qui doit se frayer un chemin à travers une identité mouvante et incertaine, dans une petite ville où tout le monde se connaît, au pied des stations de ski, dans les Pyrénées. Depuis sa naissance, à l’assignation d’un genre par défaut, aux violences médicales, en passant par les bousculades dans la cour de récréation jusqu’à la première fugue, Sacha Starck se maquille, se démaquille, puis se remaquille, virevoltant d’une tenue à l’autre comme autant d’identités multiples qui composent l’existence d’une enfance queer. Leur enfance, en l’occurrence. Car Sacha et Marcos ont grandi dans le même village des Hautes-Pyrénées et se sont rencontrés au lycée. Une fois leurs formations théâtrales achevées – à la Manufacture de Lausanne pour Sacha, à l’ENSATT de Lyon pour Marcos –, les deux amis se retrouvent avec Trigger Warning, mis en scène par Maëlle Dequiedt, puis par Isis Fahmy, un texte qui explore les interactions virtuelles qui jalonnent l’adolescence. Alors c’est tout naturellement que Marcos Caramés-Blanco s’est ensuite attelé à la rédaction de IX : variations au côté de Sacha Starck, qui co-signe la mise en scène, avec l’espoir chevillé au corps de « combler les représentations manquantes ». Celles des enfances queers, des classes populaires et des territoires ruraux. Ou même des trois à la fois. Créé au Théâtre de la Bastille après une résidence à la Colline et repris en ce moment à Théâtre Ouvert, IX : variations offre aussi le portrait d’une génération, celle née dans les années 1990 et qui a vu la révolution Internet tout bousculer : « notre manière de communiquer, de faire de l’art, de faire de la politique », analyse le jeune auteur.

Ainsi, comment se fait-il qu’on n’ait jamais été aussi connectés, mais que, dans le même temps, on se sente aussi seuls ? C’est également la question qui traverse Ce qui m’a pris, la seconde pièce qui forme le diptyque visible en ce début d’année à Théâtre Ouvert. Ce texte, Marcos Caramés Blanco l’a écrit pour Fanny Brûlé-Kopp, qui enflamme le plateau dans ce portrait sombre et onirique d’une jeune femme à l’existence passablement houleuse – on la découvre se faisant virer de son job d’animatrice, car elle a malencontreusement dévoré le gâteau d’anniversaire prévu pour les enfants et passablement dézingué le costume de Fée Clochette dont elle était affublée, qui était de toute façon ridiculement trop petit pour elle. D’errances en égarements, la jeune femme passe son temps dans son appartement entre listes de courses, pilates au mur et désespoir. Là encore, Internet est un ami vecteur d’isolement tout comme que de potentielles émancipations. Naviguant entre des vidéos de petits chats, des recettes de cuisine ratées et du contenu pornographique, c’est surtout un semblant de sens qu’elle cherche désespérément, glissant dans une frénésie pop-sacrée, oscillant entre la lecture de la Bible en ligne et une passion démesurée pour les horoscopes.

Le théâtre, une « safe place »

À la co-mise en scène, Orane Lemâle fait aussi partie de cette joyeuse bande d’ami·es qui se sont rencontré·es sur les bancs de la fac de Toulouse et que ces deux projets viennent rassembler, dix ans après. Marcos Caramés-Blanco se souvient de la déflagration, à l’époque. « Je ne connaissais rien au théâtre. Chez moi, c’était surtout la Star Ac, Miss France et beaucoup de clips. » Peu importe, ils montent ensemble une petite troupe universitaire, jouent les textes de Sarah Kane et de Jean-Luc Lagarce. « Voir ces gens si libres sur scène, ça a été une révélation. C’est devenu ma safe place, souligne-t-il. Aujourd’hui, j’ai écrit ces deux textes en pensant à eux et à elles. À leur théâtralité, à leur texture de jeu, à leur voix. Parce qu’on se connaît par cœur. »

Ce sera donc le théâtre, d’accord, mais du côté de l’écriture, pas du jeu. « C’est décortiquer la dramaturgie qui m’intéresse », explique le jeune auteur, qui ne quitte jamais son éternel sourire. De là à envisager de pouvoir en faire un métier, il a fallu en passer par un master en études théâtrales et le parcours d’écriture dramatique de l’ENSATT à Lyon. « Mes parents auraient préféré que je fasse quelque chose de plus stable, mais je me suis battu pour faire ce que j’aimais. » Et les efforts ont payé. En plus des deux seuls en scène joués à Théâtre Ouvert, il collabore avec Jonathan Mallard, pour qui il a écrit Bois brûlé, qui tourne jusqu’en mars, et Sarah Delaby-Rochette, avec À sec, créé à Valence, sans oublier deux textes à destination des collégiens et des lycéens respectivement mis en scène par Karelle Prugnaud et Nathalie Bensard. La saison prochaine, il s’agira de faire tourner ces différents projets le plus possible, mais, qui sait, peut-être verra-t-on également Marcos Caramés-Blanco sur scène aux côtés de la circassienne Sandrine Juglair dans une re-création de leur performance commune, Doliprane. L’occasion, on l’espère, de découvrir de nouvelles facettes de ce talent si unique et sensible.

Fanny Imbert – www.sceneweb.fr

Ce qui m’a pris
Texte Marcos Caramés-Blanco
Mise en scène Marcos Caramés-Blanco, Orane Lemâle
Avec Fanny Brulé-Kopp
Son Juliette Chmielarz
Lumière et régie générale Laurine Chalon
Scénographie Rachel Testard
Costumes Orane Lemâle
Assistant son Timothée Vierne
Assistant lumière Johan Spangenberg

Production Cie CONTINUUM
Coproduction Théâtre Ouvert – Centre National des Dramaturgies Contemporaines ; Théâtre du Grand-Rond – Toulouse ; Les Quinconces & L’Espal – Scène nationale du Mans ; Prémisses Production
Soutiens Région Occitanie ; Fondation Entrée en Scène Ensatt / La Colline ; La Chartreuse – CNES de Villeneuve-lès-Avignon ; Le Tracteur – Cintegabelle ; Centre National du Livre ; Emergence(s) – Bruxelles ; Iles SUITCASE

Théâtre Ouvert, Paris
du 19 au 31 janvier 2026

Théâtre du Grand-Rond, Toulouse
du 5 au 7 février

Les Quinconces et L’Espal, Scène nationale du Mans
du 26 au 28 mars

Ix : variations
Texte Marcos Caramés-Blanco
Mise en scène Marcos Caramés-Blanco, Sacha Starck
Avec Sacha Starck
Collaboration artistique Maëlle Dequiedt
Création sonore Thibaut Farineau
Création lumière Enzo Cescatti
Costumigraphie Noé Quilichini
Régie générale Timothée Vierne

Production déléguée Théâtre de la Bastille
Coproduction Les Quinconces et L’Espal, Scène nationale du Mans ; Théâtre Ouvert – Centre National des Dramaturgies Contemporaines pour la re-création en salle
Soutiens La Colline-théâtre national ; La Chartreuse – CNES de Villeneuve-lez-Avignon

Durée : 1h10

Théâtre Ouvert, Paris
du 20 au 31 janvier 2026

24 janvier 2026/par Fanny Imbert
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« Alann et Valentin (deux portraits) » de Marcos Caramès-Blanco et Pauline Peyrade
Fanny Brulé-Kopp dans Ce qui m’a pris de Marcos Caramés-Blanco photo Davide Grillo Fanny Brulé-Kopp dans « Ce qui m’a pris » de Marcos Caramés-Blanco
Sacha Starck dans lx variations de Marcos Caramés-Blanco photo Christophe Raynaud de Lage Sacha Starck dans « lx : variations » de Marcos Caramés-Blanco
Sarah Delaby-Rochette met en scène « À sec » de Marcos Caramés-Blanco
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