Georges-François Hirsch
Entre 700 et 900 professionnels du spectacle vivant ont arpenté les rues d’Avignon jeudi 15 juillet à l’appel de deux organisations de salariés (la CGT du spectacle et la CFE-CGC) et de trois organisations d’employeurs (le SNSP -syndicat national des scènes publiques-, le Syndeac -syndicat national des entreprises artistiques et culturelles- et l’Ufisc – union fédérale d’intervention des structures culturelles). Une manifestation en forme de cri d’alarme en plein milieu du 64ème Festival d’Avignon. Les metteurs en scène Ludovic Lagarde et Stanislas Nordey, l’écrivain Olivier Cadiot – artiste associé du Festival – étaient présents au départ du cortège, ainsi que des élus politiques de gauche comme Jean-Jacques Queyranne, le Président PS de la Région Rhône-Alpes, et Patrick Mennuci, vice Président de la Région Provence Alpes Côte d’Azur chargé de la culture. Les manifestants se sont rassemblés devant le Palais des Papes avant de descendre la rue de la République et envahir le cloître Saint-Louis (siège de l’administration du Festival d’Avignon) en demandant à Georges-François Hirsch, le directeur général de la création artistique au Ministère de la Culture présent à Avignon de venir discuter eux. Lors d’un débat houleux, il a affirmé que « Frédéric Mitterrand se bat pour maintenir le budget du spectacle vivant 2010 en 2011. Ce qui serait une grande victoire. Nous revendiquons les mêmes choses que vous: un budget pour la culture. Ce n’est pas si simple, car en face de nous il y a un Gouvernement et le Ministère du Budget« .
Les techniciens, artistes entendaient dénoncer la future réforme des collectivités territoriales et la suppression de la taxe professionnelle. « Si les collectivités ne pourront ou ne voudront pas compenser la désengagement de l’Etat : c’est la fin programmée des compagnies », expliquent les syndicats dans leur communiqué. « Sarko veut détruire la culture. Nous devons protéger l’industrie culturelle », surenchérit Patrick Mennuci, en expliquant que la Région PACA consacre à la culture 60 millions d’euros en fonctionnement et 30 millions d’euros en investissement. Greg Germain, le Président d’AF&C, l’association qui encadre le Off, s’inquiète de la théorie des dominos. « Si l’on réduit les budgets dans les structures publiques, ce sont les compagnies qui font souffrir encore plus ». Il y a déjà des signes inquiétants selon, Denys Fauqueray, délégué général de la CGT. «On a déjà vu des structures réduire leur programmation cette saison, et cela ne va qu’empirer. Et le Ministère prépare des regroupements de structures comme entre les Opéras de Metz et de Nancy, les scènes de Belfort et de Montbéliard, ou encore le Tarmac avec le TEP ».
Yannis Jean - UFISC
Au-delà des revendications purement syndicales, c’est surtout l’importance de la culture qu’entendaient défendre les manifestants. « Il faut replacer la culture au sein d’un projet de société, et défendre notre choix » explique Yannis Jean de l’Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles (UFISC). En retrait du cortège, Jean-Michel Ribes, le directeur du Rond-Point est sur la même ligne. « La manifestation est un épiphénomène, le vrai phénomène c’est que l’on n’entend plus jamais parler de culture dans la bouche de nos dirigeants. On enlève le sang qui irrigue notre société, c’est un basculement sociétal. La France se dessèche. »
Stéphane CAPRON – www.sceneweb.fr
Les professionnels du spectacle vivant dans la rue à Avignon
envoyé par SCENEWEB.
Laisser un commentaire
Rejoindre la discussion?N’hésitez pas à contribuer !