Environ 150 personnes venues de toute la France se sont mobilisées mercredi dans la Creuse pour afficher leur soutien à la Scène nationale d’Aubusson, la plus petite du pays, menacée de disparition en raison, notamment, d’infiltrations d’eau dans le théâtre imposant de coûteux travaux.
Venus de Normandie, de Marseille, de Lyon ou Poitiers, les sympathisants réclament le maintien dans le département, le deuxième moins peuplé de France après la Lozère, de ce site culturel cofinancé par l’État accueillant spectacles vivants, classes de musique ou encore résidences d’artistes. Ils ont déployé une banderole « Ensemble pour la culture à Aubusson ».
« Quelle sensation étrange, d’être obligés d’organiser une telle mobilisation pour défendre ce que tous les élus, réclament dans leurs discours : l’existence d’un lieu culturel implanté dans un territoire rural », a expliqué Joris Mathieu, co-président du Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac), l’un des syndicats co-organisateurs de ce déplacement.
Le département, propriétaire du théâtre Jean-Lurçat et accusé de « désengagement », chiffre les travaux entre 4 et 6 millions d’euros.
« Être propriétaire ne signifie pas être gestionnaire à vie, a fortiori quand nous ne sommes plus utilisateurs du bâtiment », répond Valérie Simonet, présidente (LR) du conseil départemental, pour qui l’enjeu n’est pas seulement « l’investissement initial » des travaux mais aussi « les charges pérennes ».
L’élue réfute tout désintérêt pour la culture et suggère par exemple de « céder ce bâtiment à la commune ou l’intercommunalité, avec possibilité d’accompagnement financier du Département ».
Le temps presse car le bail pluriannuel entre la collectivité et la structure arrivera à son terme le 5 juillet.
« On pense à plusieurs alternatives », avance Christine Mallard, directrice de la Scène nationale d’Aubusson. « Notamment continuer temporairement, hors les murs, mais sous peine de ne plus respecter le label Scène nationale qui finance une grande partie de notre budget. Mais on sait que le ministère peut être compréhensif. »
La préfecture de la Creuse doit organiser le 13 mars une réunion avec les acteurs du dossier. « On en attend beaucoup car il en va de notre survie », souligne Christine Mallard. Est également évoquée l’idée d’une coopérative intégrant les spectateurs. Un collectif, revendiquant 250 personnes, s’est constitué.
« C’est un lieu de sociabilité qu’il faut avoir ici », explique Bruno, l’un des responsables de ce collectif qui ne donne pas son nom pour ne pas se mettre en avant. « Ça draine tellement de choses, y compris avec les scolaires. Ce n’est pas seulement de la représentation de spectacles. C’est bien plus que cela », plaide-t-il.



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