L’édition 2026 du festival DañsFabrik se déroulera du 3 au 7 mars.
Depuis une vingtaine d’années, le festival Antipodes, devenu DañsFabrik en 2016, représente un rendez-vous incontournable de la danse contemporaine à Brest. Durant une semaine, il propose une programmation audacieuse mêlant créations locales, nationales et internationales. Les performances investissent différents lieux culturels de la ville, offrant une plateforme à des chorégraphes émergents et confirmés. Avec une approche interdisciplinaire et des formats variés (performances, ateliers, rencontres), le festival explore les frontières du mouvement et des arts vivants, engageant le public dans une réflexion artistique et sensible.
Après le retour au Quartz l’année dernière, le festival allonge sa durée pour augmenter le temps de présence des artistes et soutenir la création. Regarder le passé, interroger le présent et penser l’avenir par le mouvement demeure l’ambition de ce festival.
L’édition 2025 a été concoctée par Le Quartz avec la complicité de nos fidèles partenaires Le Mac Orlan, La Maison du Théâtre, Le Fourneau, Les Ateliers des Capucins.
DañsFabrik revendique un rapport assumé à l’héritage et à la transmission. La présence de Lucinda Childs, figure majeure et icône de la danse post-moderne, et de Ruth Childs, dans un geste de transmission sensible et rigoureux, rappelle combien la danse se construit dans le temps long : par reprises et réinterprétations.
Cette attention portée aux héritages traverse également NÔT de la chorégraphe capverdienne Marlène Monteiro Freitas, relecture puissante et radicale des Mille et Une Nuits, où le récit devient un geste de survie, un acte de résistance. Après avoir exploré les danses serpentines de Loïe Fuller, Ola Maciejewska poursuit cette recherche avec Ongoing.
La programmation fait une place centrale aux voix féminines, à leurs récits et à leurs gestes : Betty Tchomanga, Ola Maciejewska, Nina Laisné, entre autres. Des artistes dont les œuvres interrogent la mémoire, l’intime et le politique, et réaffirment la danse comme espace d’émancipation et d’hybridation.
Avec Histoire(s) Décoloniale(s) #Autoportrait, Betty Tchomanga revient sur l’histoire qui relie ses deux pays d’origine, le Cameroun et la France, tissant un lien étroit entre récit personnel et histoire collective.
Avec Como una baguala oscura, Nina Laisné convoque le folklore argentin, ses voix, ses archives, pour faire résonner une mémoire musicale et corporelle.
La relation à la nature et aux éléments traverse également cette édition. Dans Agwuas, Marcela Santander Corvalán dialogue avec les eaux — océans, glaciers, fluides corporels — comme autant de réservoirs de mémoire, intime et collective. Avec Heliosfera, Vânia Vaneau explore la lumière comme matière vivante, physique et sensorielle, mettant les corps en relation avec des phénomènes lumineux, biologiques et cosmiques. La danse devient alors un espace d’écoute et de résonance avec le monde vivant.
L’art de vivre de Clédat & Petitpierre invite sur scène un comédien-danseur en situation de handicap, aux côtés d’un acteur professionnel, pour composer une fable sensible et poétique sur nos manières d’être ensemble. Ce choix artistique fait écho à l’entrée du Quartz dans le réseau des Scènes inclusives, au sein duquel l’accessibilité n’est pas une contrainte, mais une richesse esthétique et humaine.
La conviction que la danse détient un pouvoir extraordinaire de transformation et de liberté traverse l’ensemble du festival et trouve une expression directe avec SUPERPOUVOIR – Que peut la danse ? de Julie Nioche et Isabelle Ginot. Cette conférence performée interroge la capacité de la danse à agir sur le réel, à résister, à prendre soin, à déplacer les cadres de pensée et les formes de débat.


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