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Julie Sanerot fête les 50 ans de la Maison des Arts de Créteil

À la une, Créteil, Danse, Théâtre
Julie Sanerot
Julie Sanerot

Photo Patrick Berger

Julie Sanerot dirige depuis le 1er septembre 2025 la Maison des Arts de Créteil. Elle a succédé à José Montalvo, et lui revient la lourde tâche d’organiser les 13 et 14 mars le jubilé des 50 ans de la MAC. 

Comment se sent-on quand on dirige un lieu avec autant d’histoire ?

On se sent obligé, avec une grande responsabilité, car c’est un lieu chargé d’histoire, et c’est ce que je souhaite raconter avec ce jubilé, alors que je ne suis pas forcément portée vers les hommages et les anniversaires. Et je me suis dit que ce n’était pas n’importe quel lieu. C’est important de crier haut et fort qu’il y a 50 ans, des hommes et des femmes ont eu cette envie de créer des lieux ambitieux, dans des quartiers parfois reculés, voire dans des villes qui n’existaient pas encore. Créteil, c’était vraiment une ville nouvelle. En arrivant à la tête d’une maison avec une telle renommée, je regarde évidemment vers l’avenir, vers les 50 prochaines années, mais je n’oublie pas les 50 dernières. Pour créer la scène nationale du futur, il faut savoir d’où l’on vient.

Que reste-t-il de l’utopie de la MAC, 50 ans après ?

C’est le public, toujours aussi curieux, qui vient voir des projets très expérimentaux, numériques, comme des grands ballets classiques. Je crois dur comme fer à la pluridisciplinarité qui permet aux gens de faire des découvertes, des voyages artistiques auxquels ils ne s’attendraient pas. Donc, ce public est toujours aussi fidèle, il s’y connaît. Certains viennent depuis 30 ans, toujours à la même place dans la salle, au regard très aiguisé, et vont me faire un comparatif des dernières créations des Chiens de Navarre ! Cette utopie, c’est ce public qui a grandi avec la MAC, et un public qui se renouvelle. La ville de Créteil offre à tous les primaires, du CP au CM2, tous les ans, un spectacle en décembre. Un enfant qui entre ensuite au collège aura donc vu cinq spectacles à la MAC au minimum dans sa vie. Et ce public, il faut continuer de l’élargir, car il est parfois forcément vieillissant. C’est mon enjeu premier : aller conquérir le public jeune dans le sens le plus large possible. Et que tout le monde considère la Maison des Arts comme sa propre maison.

Un lieu ambitieux, avec une grande salle pour accueillir des grandes formes. Est-ce qu’elle correspond encore au spectacle vivant d’aujourd’hui ?

En effet, nous avons l’un des plus beaux plateaux d’Île-de-France avec l’une des plus grandes ouvertures de scène, après celle de Chaillot. Ce qui est en effet idéal pour accueillir des grands formats et des artistes internationaux, des noms qui font rêver. Cela fait partie des missions d’une scène nationale. Aujourd’hui, au XXIe siècle, faire venir des internationaux, on ne le fait plus de la même façon qu’il y a 50 ans, c’est sûr. On doit le faire dans une réflexion de tournées mutualisées, avec d’autres partenaires, dans des soucis économiques et écologiques.

En 1993, quand Didier Fusillier prend la direction de la MAC, le théâtre a peu de public, 280 abonnés pour 21 000 spectateurs à l’année. Il change la programmation, et fait de la MAC l’une des scènes nationales les plus audacieuses de France. Aujourd’hui, le spectacle vivant est en crise, l’argent fait défaut. Comment pouvez-vous continuer à maintenir la MAC comme lieu de création ?

J’ai beaucoup d’énergie ! Je viens de la production, donc aller chercher de l’argent, faire des économies d’échelle, c’est ce que je fais depuis toujours. Partager les risques financiers, c’est vraiment dans mon ADN. Et c’est vrai que l’on ne programme plus de la même façon. Faire venir un spectacle international pour deux dates, cela n’a plus de sens. Pour la dernière création de Christos Papadopoulos, on va s’associer avec la Biennale de danse du Val-de-Marne. Il ne faut surtout pas baisser l’ambition artistique. Et tout cela doit se faire sans faire peser les coûts sur le public, sans augmenter le prix du billet.

Dans une société ultra numérisée, comment un théâtre comme la MAC peut-il permettre de continuer de tisser du lien ?

Cette réflexion sur le numérique et cette société numérisée, la MAC l’a toujours eue. J’hérite d’un riche passé sur les arts numériques et les nouvelles technologies. Il y a eu le festival Exit, créé par Didier Fusillier, qui a été très important pour parler des nouvelles technologies. De mon côté, j’ai énormément travaillé sur la Biennale Némo sur les arts numériques de la Région Île-de-France quand j’étais au CentQuatre. Et il s’avère que la MAC a été un partenaire historique de Némo. Lorsque je suis arrivée, le premier spectacle de la saison, c’était 360 de Mehdi Kerkouche. Je me suis retrouvée entourée d’un public d’abonnés, mais aussi de hordes de lycéennes enthousiastes parce qu’elle connaissait Mehdi à travers les réseaux sociaux. Elles ne seraient pas forcément venues dans une scène nationale si cela n’avait pas été un spectacle de Mehdi, donc je vais continuer d’insuffler beaucoup de mélange dans la programmation.

Justement, quels seront les liens avec le Centre Chorégraphique National dirigé par Mehdi Kerkouche ?

Des liens assez classiques de diffusion, de coproduction, mais aussi la volonté de construire ensemble. Nous allons choisir un artiste en résidence en commun, dont je ne peux pas encore vous révéler le nom, pour l’accompagner pendant plusieurs saisons. Et puis, on réfléchit aussi à la question du cabaret, une forme dont j’ai toujours été très proche. Je souhaite transformer un espace de la MAC en cabaret, et Mehdi est justement ambassadeur du plan Cabaret du ministère de la Culture.

Quelle tonalité souhaitez-vous donner à ce week-end de jubilé ?

Je voulais vraiment avoir des artistes qui ont marqué les 50 dernières années, comme Maguy Marin, Angelin Preljocaj, José Montalvo ou Mourad Merzouki. Toutes les disciplines seront présentes, avec le cirque et le duo aérien de Victoria Bubnova et Ilia Osokin, médaillés au Festival Mondial du Cirque de Demain, et les performances des élèves de l’École nationale des arts du cirque de Rosny-sous-Bois (ENACR). Le théâtre, avec Léo Cohen-Paperman, qui proposera une plongée drôle et grinçante dans les années Giscard, mais aussi des œuvres en réalité virtuelle autour de Sharon Eyal et Bartabas. L’idée est aussi de montrer les artistes qui vont représenter les 50 prochaines années, dans un mélange joyeux et festif.

6 mars 2026/par Stéphane Capron
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