photo CB Hoffman
L’immense comédien, Serge Merlin est mort à l’âge de 86 ans. Il a passé sa vie avec Thomas Bernhard, Beckett et Shakespeare et a été dirigé par Patrice Chéreau, Matthias Langhoff, André Engel, Alain Françon et Christian Schiaretti. Comédien tourmenté, il avait le don d’hypnotiser le public.
L’année dernière au Printemps des Comédiens, André Engel aurait du présenter Le Faiseur de Théâtre avec son comédien fétiche. Le spectacle avait du être annulé. André Engel l’avait dirigé en 2015 au théâtre de l’Œuvre dans Le Réformateur de Thomas Bernhard. La dernière fois que le comédien est monté sur scène c’était sous la direction d’Alain Françon dans Le Dépeupleur, de Samuel Beckett et dans Hamlet, je suis vivant et vous êtes morts de Wilfried Wendling.
En 2017, il revient sur scène au Théâtre les Déchargeurs dans Le Dépeupleur un texte de Beckett qui lui colle à la peau (il l’avait créé en 1978 dans le Off à Avignon). Sous la direction aiguisée d’Alain Françon et dans une très belle scénographie de Jacques Gabel, l’acteur continue d’hypnotiser le public. Serge Merlin, baguette à la main, longue redingote verte, tourne autour d’un cratère. Il s’avance vers le public pour mieux faire entendre les mots de Beckett, s’appuie sur les premiers rangs pour chercher le regard d’un spectateur. Il est incroyable. Serge Merlin était un acteur magnétique. Un acteur unique.
Outre ses nombreux rôles au théâtre, Serge Merlin avait joué dans une vingtaine de films. Son rôle le plus célèbre sur le grand écran était sans doute le personnage de Raymond Dufayel, « l’homme de verre », qu’il avait incarné dans Amélie Poulain au début des années 1990. Son dernier rôle au cinéma était celui de Louis XI dans Un peuple et son roi de Pierre Schoeller, sorti l’an dernier en salle.
Stéphane CAPRON – www.sceneweb.fr
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