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Le « Boléro » tournoyant de Mickaël Le Mer

A voir, Cherbourg, Danse, Grenoble, La Roche-sur-Yon, Le Mans, Les critiques, Lyon, Sceaux, Suresnes
ENSO - Boléro de Mickael Le Mer
ENSO - Boléro de Mickael Le Mer

Photo Nathalie Sternalski / Palais des Festivals

Mickaël Le Mer s’inspire du Boléro de Ravel et du symbole zen Enso pour créer une pièce intrigante avec neuf interprètes, entraînés par un mouvement circulaire sans fin.

Chez Mickaël Le Mer, les gestes hip-hop se déploient souvent dans un écrin en clair-obscur. Son Butterfly (2019) faisait virevolter les danseurs, devenus papillons de nuit, et Les Yeux fermés (2022) s’inspirait des Outrenoirs, les célèbres monochromes du peintre Pierre Soulages. Avec ENSO – Boléro, le chorégraphe s’attaque à la célèbre composition de Maurice Ravel avec neuf interprètes. Leur danse fluide, intégrant des techniques hip-hop et contemporaines, ondule en spirales et en cercles, créant un flux de mouvement continu.

Une douche de lumière éclaire le devant de la scène. Comme des insectes volants attirés par une lampe, les danseurs évoluent autour d’elle et la traversent tour à tour. Ils tracent des cercles de plus en plus amples dans l’espace, grâce à des grands moulinets de bras et des ronds de jambe, comme si, en étirant leurs mains au maximum, ils parvenaient à augmenter le périmètre de leurs corps. On comprend bientôt qu’ils dessinent le symbole Enso, inspiration explicite de cette pièce. Ce signe issu de la philosophie bouddhiste zen signifie la vacuité et l’achèvement. Le geste prend de l’ampleur, les danseuses et danseurs tournoient les bras écartés, s’accaparant chaque centimètre cube autour d’eux. La spirale se déploie aussi dans leurs corps, à travers des figures de break au sol, cartwheel ou handstand sur un bras, dans la continuité du mouvement global.

Sur la composition atmosphérique électro de David Charrier, ils et elles sont entraînés dans un tourbillon inarrêtable, stoppé ici par les secousses d’une danseuse façon popping ou là par une série de toprocks, ces pas scandés avant les figures au sol. On aperçoit au fil de ce voyage des cercles façon « battle » ou « cypher », propres aux danses hip-hop – on retrouve cette structure dans d’autres danses sociales, notamment les danses traditionnelles. Autre caractéristique typique du hip-hop : leur danse se cale avec précision sur la musique, faisait écho à la musicalité hors pair des interprètes les plus expérimentés.

L’ambiance change quand le Boléro de Maurice Ravel fait son entrée. La danse devient alors plus minimaliste : chaque interprète, bien campé sur ses appuis, fait face au public en ondulant les mains, chacun sous une douche lumineuse. Leurs gestes, qui au départ semblaient s’étendre au-delà des murs du théâtre, sont plus économes. Leur énergie tranche avec la version du Boléro de Maurice Béjart, dont le solo de Jorge Donn est devenu culte grâce au film Les Uns et les Autres (1981) de Claude Lelouch. Et l’ensemble est un peu écrasé par la montée en puissance de la musique, contrastant avec la fluidité de la première partie. Une chose est sûre : depuis sa création 1928 à l’Opéra Garnier, le Boléro initialement chorégraphié par Bronislava Nijinska des Ballets russes et commandé par Ida Rubinstein reste une source d’inspiration inépuisable pour la danse.

Belinda Mathieu – www.sceneweb.fr

ENSO – Boléro
d’après les morceaux de David Charrier et le Boléro de Maurice Ravel
Chorégraphie Mickaël Le Mer
Avec Evan Diguet, Fanny Mansot, Vanessa Petit, Ojan Sadat Kyaee, Bastien Roux, Tengis Jambaastamid, Chloé Wanner, Mwendwa Marchand, Guillaume Joly
Lumières et regard extérieur Nicolas Tallec
Scénographie Guillaume Cousin
Costumes Élodie Gaillard

Producteur délégué Compagnie S’Poart
Coproduction Festival de Danse Cannes – Côte d’Azur ; Les Gémeaux, Scène nationale de Sceaux ; Le Grand R, Scène nationale de La Roche-sur-Yon ; Conseil départemental des Vosges ; Théâtre de Suresnes Jean Vilar ; Les Quinconces & L’Espal, Scène nationale du Mans ; Le Trident, Scène nationale de Cherbourg ; Théâtre Olympia à Arcachon et Centre Chorégraphique National Malandain Ballet Biarritz ; Ville des Herbiers – Théâtre Pierre Barouh
Soutiens Le Majestic – Scène de Montereau ; Communauté de Communes de l’Ouest Vosgien – Trait d’Union de Neufchâteau ; Les Salorges – Noirmoutier ; Adami ; Spedidam
Partenaires financiers Drac Pays de la Loire ; Ville de La Roche-sur-Yon
Avec le soutien spécifique de l’Onda – Office national de diffusion artistique

Durée : 1h10

Vu en novembre 2025 au Festival de Danse Cannes – Côte d’Azur

Théâtre de Villefranche-sur-Saône
le 5 décembre

Les Quinconces L’espal, Scène nationale du Mans
le 9 décembre

Le Grand R, Scène nationale de La Roche-sur-Yon
les 17 et 18 décembre

Théâtre Pierre Barouh, Les Herbiers
le 9 janvier 2026

Théâtre Olympia, Arcachon
le 17 janvier 

La Rotonde, Thaon-les-Vosges
le 23 janvier 

Le Trident, Scène nationale de Cherbourg-en-Cotentin
les 28 et 29 janvier 

Théâtre de Saint-Lô
le 31 janvier

Le Majestic, Scène de Montereau
le 5 février 

Théâtre de Suresnes Jean Vilar, dans le cadre du festival Suresnes Cités Danse
les 7 et 8 février

Les Gémeaux, Scène nationale de Sceaux
les 11 et 12 février

La Rampe, Scène conventionnée d’intérêt national, Échirolles
le 12 mai

5 décembre 2025/par Belinda Mathieu
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