C’est en relisant « Le jeu de l’amour et du hasard » de Marivaux que m’est venuel’idée d’une pièce basée sur l’échange de rôles entre deux personnages.
Le procédé d’usurpation d’identité, de fonction, de sexe ou d’état est un ressort aussi vieux que le théâtre lui-même. Il revêt bien des formes.
On le rencontre déjà chez les auteurs grecs chez qui les dieux se font passer pour des humains avec « Amphitryon » ; chez Molière et ses divers « Médecins » ; chez Shakespeare et Marivaux ou les femmes se font passer pour des hommes, « Comme il vous plaira », « La nuit des rois », « La fausse suivante » ; et encore chez Marivaux et
Musset ou les hommes travestissent leurs identités pour éprouver l’amour de leurs futurs conjointes, « Le prince Travesti », « Il ne faut jurer de rien ».
Loin d’être exhaustive, cette liste montre que le procédé a existé de tous temps, et fait encore les beaux jours des comédies d’aujourd’hui.
Cette recette qui a largement démontré son succès permet des intrigues aux développements infinis, parsemée de quiproquos, de portes qui claques, de retournements de situations, et de catastrophes toujours évitées de justesse.
Un vrai genre à part entière …
Mais si je cite Marivaux comme ma source principale d’inspiration, c’est par volonté de mettre en exergue une autre dimension que celle du rebondissement dramaturgique.
Car Marivaux, précurseur de Tchekhov, est le premier auteur chez qui l’aspect psychologique revêt la même importance, voir même, se substitue et se confond avec l’intrigue elle-même. Marivaux, premier « dialoguiste », ou la parole proprement dite, fait plus avancer l’histoire que les événements qui la compose.
Les personnages parlent beaucoup, pour en apparence, ne pas dire grand-chose, tout en en dévoilant énormément, bien souvent malgré eux.
A l’aune d’aujourd’hui, on serait tenté de dire que celui qui ne trouve pas grâce à Marivaux risque de pas être bien emballé par Woody Allen.
C’est avec ces références que j’ai essayé de faire de ma pièce une comédie du langage, bien plus qu’une comédie de situation.
Car, si parler à l’autre, revient finalement, si l’on en croît Freud et sa théorie du transfert, à parler à soi. Qu’en est-il, si l’on prétend devenir l’autre ?
Parler à soi, tout en étant l’autre, suppose t’il pour autant, de voir plus clair sur soi même ? Parler de l’autre tout en étant lui, permet il de mieux le comprendre ?
Compliqué ? Dans la vie, comme au théâtre, il est difficile de faire « Au plus simple ». Note d’intention de Frédéric Tokarz
Au plus simple
Une pièce de Frédéric Tokarz
Avec
Cendrine Orcier
Elsa Pasquier
Philippe Hérisson
Rena ud Danner
Mise en scène
Frédéric Tokarz
Assistante à la mise en scène
Lila Lebelle
Scénographie
André Acquart
Lumières
Quentin Vouaux
Costumes
Malika Hjij
Fanande productions
Du 7 novembre 2012 au 5 janvier 2013
Du mercredi au samedi à 19h30 – dimanche à 15h30
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