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Alexandra Lacroix veut donner de l’amour à Angers Nantes Opéra

À la une, Angers, Nantes, Opéra
Alexandra Lacroix
Alexandra Lacroix

Photo Delphine Perrin

Alexandra Lacroix est la seule artiste femme à diriger un opéra en France. Depuis le 1er janvier, la metteuse en scène est la directrice générale et artistique d’Angers Nantes Opéra, avec l’ambition de confier un rôle actif au public pour que l’opéra lui ressemble. 

Qu’est-ce que cela change une artiste à la direction d’une telle institution ?

Alexandra Lacroix : Cela change l’approche, puisque je connais le rapport au plateau du fait de mon activité de metteuse en scène, mais aussi de scénographe. Je comprends ce qui s’y joue. Tous les directeurs le comprennent, bien évidemment, mais cette pratique change le lien direct que je vais tisser avec les équipes. Je connais chacun des métiers. Mais cela ne veut pas dire que j’en ai une complète expertise, les équipes l’ont bien plus que moi encore, mais je les comprends. On peut échanger, discuter. Cela m’amène aussi à penser le projet différemment. Diriger cette maison d’opéra, c’est comme diriger une œuvre, en cherchant une cohérence totale, comme une dramaturgie. Il s’agit de penser le projet de la maison, comme un récit, une histoire qui fait sens.

Vous souhaitez que le public partage ce projet à travers une grande consultation. Vous avez posé cette question au public : « Pour vous, c’est quoi l’amour ? ». À quoi va servir cette consultation ?

A.L. : L’amour, ce sera le premier jalon thématique de la saison 2026/2027. Pour le moment, c’est juste une question. Elle va s’approfondir avec les témoignages du public, qui vont nourrir la programmation. C’est le point de départ d’un dialogue entre les spectateurs, les artistes et l’opéra, ainsi que le comité scientifique ECHO, qui sera composé de six chercheurs et chercheuses, et qui est l’un des nouveaux dispositifs de notre maison. Ce comité doit nous permettre d’avoir un autre point de vue sur ce qui nous passionne, l’opéra, en nous reliant aux universités, au CHU et à d’autres structures. Il y aura un autre nouveau dispositif, le RING Lab, un dispositif de résidence et de recherche artistique avec quatre artistes en résidence.

Comment ces artistes vont-ils s’intégrer à la saison 2026/2027 ?

A.L. : Ils vont s’emparer de ces témoignages pour nourrir leur travail, leurs actions sur le terrain et leur recherche artistique. Nous souhaitons, avec eux, être dans une recherche pluridisciplinaire à travers de nouveaux formats. Le comité scientifique, lui, va se nourrir des témoignages pour nourrir des débats, des conférences, et tout ce qui sera satellitaire à la programmation traditionnelle, à côté des quatre grandes productions.

Diriger un opéra, c’est se projeter vers la création, mais aussi faire vivre un héritage, un répertoire. Et souvent le répertoire fait référence à des histoires d’un autre temps, avec des relations femmes/hommes qui ne sont plus les mêmes. Le répertoire a-t-il encore sa place dans les maisons d’opéras d’aujourd’hui ? 

A.L. : Oui, absolument. Je tiens beaucoup autant au répertoire qu’à la création. Je pense que les deux peuvent vivre en même temps et en parallèle, et même parfois en cohabitation. Ce sont des choses que j’ai déjà faites comme metteuse en scène, de faire cohabiter des œuvres du répertoire et de les mettre en résonance avec une œuvre contemporaine. Cela permet d’avoir un regard contemporain sur une œuvre du passé. Je le ferai donc parfois aussi dans la programmation. Parce que si je pense que le répertoire, en effet, est contextualisé, les grands thèmes qu’il traite sont universels, notamment la question de l’amour.

Est-ce que cela aura une incidence sur le choix des artistes qui vont créer des opéras ?

A.L. : Oui, car je m’intéresse aux créateurs qui aiment le répertoire pour aller fouiller dans l’œuvre et la placer à leur endroit d’artistes créateurs d’aujourd’hui, et qui se posent la question de la présentation d’une œuvre en 2026. L’aspect contemporain ne réside pas uniquement dans la création d’une œuvre et sa composition, mais aussi dans la façon dont on amène une œuvre du répertoire aujourd’hui sur un plateau. Et je tiens à ce qu’on soit attentif à ce que tous les sujets potentiellement datés ou problématiques dans les livrets d’opéra soient abordés en conscience.

Ce qui ne vieillit pas, ce sont les partitions ? 

A.L. : Absolument. Je trouve que c’est la force de la musique. Notre meilleur ambassadeur, c’est sa puissance émotionnelle. Le chef a aussi une responsabilité dans son interprétation. Par ses tempi, par la couleur orchestrale, il va aussi influer sur l’interprétation vocale, et donner une nouvelle signification au texte. C’est vraiment la collaboration du chef ou de la cheffe avec le metteur ou la metteuse en scène qui va conjointement donner un éclairage à l’œuvre de répertoire.

Les productions d’opéras coûtent cher, pour souvent peu de représentations, même si Angers Nantes Opéra regroupe plusieurs lieux. Comment assurer l’avenir de votre structure dans un contexte budgétaire contraint ? 

A.L. : C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles je me suis engagée auprès des Forces Musicales, dont je suis la vice-présidente. J’ai accepté de prendre cet engagement pour avoir un levier d’action au niveau national. Les coupes budgétaires ont été violentes pour notre opéra. Nous avons été les premiers, et c’est une tendance qui est en train de se diffuser un peu partout. Mon action consistera à participer à l’élaboration de solutions, à être dans le dialogue avec les élus pour essayer, ensemble, de réoxygéner notre économie de la culture, et montrer aussi sa nécessité.

La diffusion des œuvres est un enjeu clef. Les coproductions avec d’autres opéras seront importantes ?

A.L. : Les coproductions ne sont pas uniquement nécessaires pour des raisons économiques, mais bien pour faire circuler les œuvres. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’étais très heureuse d’être nommée à Angers Nantes Opéra. Nous avons déjà des relations avec l’Opéra de Rennes, avec deux à trois productions par an qui sont partagées entre nos deux maisons et complètement mutualisées. C’est une chose inédite en France. Et il y aura aussi des coproductions avec d’autres maisons et des opéras nationaux.

Comment faire pour que l’opéra soit écoresponsable ? 

A.L. : Dans mon travail artistique depuis 20 ans, j’intègre la question du réemploi des décors, de leur mutualisation, de leur transport, mais aussi une réflexion sur les déplacements, sur la façon de penser nos productions dans une démarche plus écoresponsable. Les Forces Musicales et de nombreuses structures culturelles sont engagées dans ce travail. Les initiatives et les dispositifs sont maintenant suffisamment nombreux pour que toutes les maisons d’opéras puissent s’emparer de ces questions-là. La réflexion concerne aussi le matériel d’orchestre et la mobilité des musiciens. Il en va de notre responsabilité au quotidien pour que l’opéra reste pleinement inscrit dans le monde d’aujourd’hui et de demain.

Propos recueillis par Stéphane Capron – www.sceneweb.fr

10 mars 2026/par Stéphane Capron
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