Du 11 au 20 septembre 2026, la 22ème édition du festival « Village de Cirque », orchestrée par La Coopérative de Rue et de Cirque (2R2C), investit la Pelouse de Reuilly à Paris, réunissant 10 compagnies.
Le festival propose cette année une immersion totale dans les esthétiques plurielles du cirque actuel, le cirque n’est pas « un supplément d’âme ou une cerise sur le gâteau », mais un art ancestral dont la jeunesse permanente garantit la vivacité d’un rapport au monde lucide et solidaire. L’édition 2026 se lit ainsi comme une véritable photographie instantanée du cirque d’aujourd’hui, traversée par des flux de créativité débordante, de recherche plastique rigoureuse et d’inventivité formelle sans cesse renouvelée.
Un état des lieux foisonnant du cirque d’aujourd’hui et de ses mutations esthétiques
Structuré autour de deux semaines de programmation dense et complémentaire, le festival tisse un pont subtil entre des créations fraîchement écloses, des premières en France et des formes courtes mûries sur les routes de tournée à travers l’Hexagone et l’Europe. Deux chapiteaux phares animent l’ensemble de la manifestation pour des séries franciliennes très attendues : Ignis du Collectif Sismique (porté par Nicolas Fraiseau) et Si c’est sûr c’est pas peut-être (de la compagnie Takakrôar), installant durablement les chapiteaux comme des foyers de vie nocturne et artistique au milieu des arbres.
Première semaine : Mémoires intimes, urgence écologique et flammes métaphoriques
Dès le vendredi 11 septembre, la première partie de festival explore les marges de l’intime et les brûlures du réel à travers des propositions artistiques fortes qui marquent les esprits :
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« Ignis » (Collectif Sismique / Nicolas Fraiseau) : Sous chapiteau, ce solo de clown pyrotechnique prend le contre-pied du feu spectaculaire et grandiloquent pour en explorer la face intime, fragile et archaïque. Entre destruction et renaissance, Eros et Thanatos, Nicolas Fraiseau manipule la flamme comme un miroir de nos vulnérabilités et de nos doutes. Lauréat de la bourse d’aide à l’écriture Beaumarchais-SACD et finaliste circusnext 2024, le spectacle renoue avec la contemplation pure à travers un cérémonial d’une grande sobriété plastique, s’appuyant sur une dramaturgie signée Léa de Truchis, une coécriture et direction d’acteur menée par Delphine Cottu, ainsi qu’un univers sonore enveloppant.
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« Si c’est sûr c’est pas peut-être » (Cie Takakrôar) : Porté par Louison Lelarge, Madeg Menguy et Charly Sanchez, ce cirque absurde et poétique interroge notre besoin obsessionnel de certitudes dans un monde qui va toujours plus vite. Mêlant anneaux chinois, acrobatie engagée et paysages sonores acoustiques sur mesure, les trois artistes transforment le doute en moteur de jeu, illustrant avec une infinie tendresse la manière dont les corps meurtris ou hésitants se portent, se relèvent et s’accordent dans une partition collective pleine d’un humour délicieusement décalé.
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« Santa, ce qu’il me reste de la Corse » (Pauline Dau) : Seule en scène burlesque et musical, l’artiste aborde la perte paternelle et l’exil identitaire avec une puissance poétique rare. Entre hula-hoop pailleté, piano live et textes écrits à la main, elle interroge le déchirement insulaire et la culpabilité de grandir, dans un spectacle co-mis en scène avec Fanny Sintès et Marc Vittecoq, où le rire carnassier voisine avec la mélancolie la plus vive.
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« Préviens les autres » (Galapiat Cirque) : Aménagé dans l’atmosphère feutrée et chaleureuse d’une yourte, ce solo interprété par Jonas Séradin (sur une écriture partagée avec Ivan Aubrée) donne la parole à un ancien gardien de phare retiré du monde. L’homme y dresse un réquisitoire poétique, féroce et documenté contre les absurdités de notre monde contemporain — des marées d’algues vertes suffocantes sur les côtes bretonnes à la dissémination toxique de la chlordécone aux Antilles, en passant par l’or vert du soja. Préférant résolument le crayon au lancer de couteaux, le comédien sollicite directement les spectateurs pour bâtir, ensemble, des alternatives citoyennes et politiques face aux injustices systémiques.
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« Faune » (Cie Libertivore) : Conçu en extérieur par la chorégraphe Fanny Soriano, ce triptyque interprété par Nina Harper, Camille Guichard et Victoire Godard utilise des bois de cerf comme agrès de cirque inédits et totémiques. Véritable forêt de symboles et de résonances archaïques, la pièce interroge notre rapport aliéné au sauvage et esquisse, par le biais d’une danse acrobatique exigeante et d’une recherche pointue sur la matière organique, les contours d’une nouvelle alliance sensible avec le vivant.
Seconde semaine : Hauteur vertigineuse, arts martiaux et géométries variables
À partir du mercredi 16 septembre, le festival renouvelle son vocabulaire scénique avec l’arrivée de nouvelles propositions tout aussi percutantes qui déplaceront les lignes de la physicalité :
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« Le Témoignage de la Chimère » (Cie Charge Maximale de Rupture) : Sous chapiteau, Pablo Penailillo, Nicolás Palma et Cristóbal Espoz unissent leurs destins corporels autour d’un agrès unique et redoutable : les sangles aériennes. Leurs équilibres étant totalement interdépendants, chaque oscillation, chaque tension de l’un modifie instantanément la trajectoire collective. Une exploration saisissante de la frontière poreuse entre attachement et appartenance, où la chute devient le plus bel apprentissage de la cohésion, du désaccord et de l’imperfection partagée.
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« Ki No Nagare » (Collectif Malunés / Arne Sabbe) : Présenté en première française sous chapiteau, ce spectacle fusionne les portés acrobatiques de haut vol (hand-to-hand, techniques icariennes) avec les principes circulaires et fluides de l’aïkido, explorant littéralement la voie de l’harmonie. Porté par la pulsation primitive et tellurique des percussions taiko de Tsubasa Hori et la rigueur technique de Maxime Gérard, le trio orchestre un dialogue silencieux, généreux et chaleureux où le contraste des corps s’efface au profit d’une quête d’équilibre intérieur et mutuel.
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« El Dorado » (Cie NDE / Nicanor de Elia) : Pensée pour l’espace public et les lieux non dédiés, cette performance chorégraphique abolit l’usage des traditionnelles massues au profit d’une jonglerie purement organique : ici, ce sont les bras, les jambes, les têtes et les corps entiers qui se manipulent mutuellement dans une fête hybride, survoltée et jubilatoire, naviguant avec brio entre corps-objet et corps-sujet.
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« Passages » (Cie Ar / Alice Rende) : Solo de contorsion en plein air, confiné et mis en tension dans un prisme rectangulaire transparent, cette pièce observe le corps humain dans ses états de contrainte extrême, d’ascension et de lévitation, transformant la structure architecturale rigide en un partenaire de jeu muet pour questionner frontalement la politique du corps, l’enfermement et le vertige.
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« Avion Papier » (Collectif La Méandre) : Insolite ciné-concert forain blotti dans l’intimité d’une caravane transformée, ce spectacle miniature combine arts numériques, projection vidéo, musique live artisanale et théâtre d’objets pour faire vivre au public le voyage onirique et sensoriel d’une héroïne animée, dont les péripéties s’échappent littéralement de l’écran grâce à un travail minutieux sur des dispositifs mécaniques et des instruments sonores insolites.
Une accessibilité renforcée et un ancrage citoyen pleinement assumé
Fidèle à ses engagements démocratiques et de service public, le Village de Cirque maintient une politique tarifaire conçue pour éviter toute exclusion culturelle face à l’inflation des loisirs. Si les spectacles sous chapiteau s’échelonnent entre 12 € et 20 €, des formules d’abonnement avantageuses (comme le Pass 1 jour 2 chapiteaux dès 18 € en tarif réduit ou 32 € en plein tarif) facilitent grandement la découverte croisée et l’itinérance festivalière. Mieux encore, l’accès aux propositions artistiques présentées en plein air (Faune, El Dorado, Passages) demeure entièrement gratuit, réaffirmant avec force l’espace public comme un lieu d’art partagé sans aucune barrière financière.
Le festival propose également des temps d’immersion active et de transmission à travers des ateliers pédagogiques ouverts à tous les publics : un atelier de tissu aérien pour adultes animé par le circassien Dany Tran (les dimanches 13 et 20 septembre, au tarif de 20 €) et un atelier d’initiation ludique aux arts du cirque pour les enfants encadré par Océane Maignan-Watson (le mercredi 16 septembre, au tarif de 18 €).
Enfin, autour des pistes et des chapiteaux, le Village déploie son âme profondément conviviale grâce à l’espace de restauration et de buvette baptisé « Le Cirke », ouvert chaque jour une heure avant le premier spectacle et jusqu’à deux heures après la dernière représentation. Installés confortablement dans des transats à l’ombre bienveillante des grands arbres de la Pelouse de Reuilly, artistes, festivaliers, familles et simples promeneurs peuvent ainsi refaire le monde, savourer une cuisine gourmande et locale, et prolonger la magie nocturne dans un esprit d’hospitalité et de partage inconditionnel.
Soutenu institutionnellement et financièrement par la Ville de Paris, la Mairie du 12e arrondissement, la Région Île-de-France, le Ministère de la Culture et divers réseaux professionnels partenaires (tels que Sceneweb, Les Trois Coups, Frictions, Foudrok’uptibles, Mouvement ou Télérama), le Village de Cirque confirme magistralement, en cette édition 2026, sa place de vigie incontournable et de laboratoire d’excellence pour un art vivant audacieux, populaire, généreux et résolument contemporain.
(Informations pratiques : 22ème Festival Village de Cirque 2026, du 11 au 20 septembre sur la Pelouse de Reuilly, Paris 12e. Accès par le Métro ligne 8 ou le Tramway T3a station Porte Dorée (sortie 6 + 10 minutes à pied), entrée principale par la place du Cardinal Lavigerie. Aucun accès automobile autorisé sur la pelouse ; parking à vélos sécurisé mis à disposition sur place. Réservations, billetterie et renseignements complémentaires sur le site officiel www.2r2c.coop ou par téléphone au 01 46 22 33 71).




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