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Elinor Couturier dans « Je suis celle qui reste »

Paris, Théâtre
J’ai ressenti l’urgence d’écrire ce texte pour dire l’horreur de la guerre, une personne qui m’est proche, victime de violences, m’a raconté le viol qu’elle a subi pendant le conflit lors du génocide des Tutsis et des hutus et une autre proche victime de viol cette fois-ci au Congo , puis le rejet de leur famille et communauté respective. Ce récit m’a bouleversée au point de me donner la nausée. Je n’en ai pas dormi de la nuit. Face à cette violence, le silence m’est devenu impossible. Il est pour moi nécessaire de prendre la parole pour ces femmes victimes de guerre, que ce soit en république démocratique du Congo, ou au Rwanda ou ailleurs dans le monde. Je ressens la responsabilité de porter leurs voix, de faire entendre ce que trop souvent on préfère taire. Je me sens légitime pour parler de ces crimes de guerre, pour nommer encore et encore, jusqu’à ce que le monde ouvre les yeux et entende ces cris. Parce que je suis une femme. Parce que je suis une mère. Et avant tout, parce que je suis un être humain. Et aucun être humain, homme, femme, enfant, ne mérite d’être sacrifié au nom d’une guerre ,d’une religion, d’un conflit politique ou de toute autre cause prétendument supérieure.

JE SUIS CELLE QUI RESTE est né de l’impossibilité de rester silencieuse devant l’habitude. L’habitude des guerres, des chiffres, l’habitude de l’indignation éphémère. Dans ce travail, je cherche à créer des espaces où la parole n’est pas décorative, mais nécessaire. Ici la femme sur scène n’explique pas: elle témoigne. Elle n’illustre pas : elle incarne. Elle n’interprète pas : elle devient le passage, la traversée de la mémoire en mouvement. J’ai choisi une écriture organique, incantatoire qui alterne entre récit brut, visions poétiques et fragments de souvenirs. Le corps est un territoire fissuré, mais encore debout, la voix est un souffle de résistance et la scène devient, le temps du spectacle, un lieu où les morts reviennent non pas pour hanter mais pour être entendus. Ce spectacle est un geste artistique et politique. Un hommage à celles et ceux qui n’ont plus de voix et une invitation à ne pas laisser les cendres retomber dans l’oubli.

Note d’intention d’Elinor Couturier

Je suis celle qui reste

Ecriture : Elinor Couturier

Interprétation : Elinor Couturier

Mise en scène : Lili DUBOIS

Scénographie : Lili DUBOIS

Régie : Mathias PISCIONE

Production : Miroir d’ici et d’ailleurs

Soutien artistique : Les RESSOURCEES

vendredis 11, 18, 25 septembre et 2 octobre 2026 à 19h
Le Passage vers les Etoiles – 17 Cité Joly 75011 Paris

1 septembre 2026/par D'après dossier de presse et site de la structure
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