Du 14 au 28 septembre 2026, l’Arménie accueillera la troisième édition de THÉÂTRONS, Festival international francophone du spectacle vivant. Fondé et dirigé par la metteuse en scène franco-arménienne Saté Khachatryan, le festival s’inscrit cette année dans la célébration du 35e anniversaire de l’indépendance de l’Arménie.
Formée à l’Institut du Théâtre et du Cinéma d’Erevan et au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (CNSAD) de Paris, la metteure en scène, traductrice et éditeure Saté Khachatryan porte à travers THÉÂTRONS une conviction intime : la culture comme langage universel capable de rapprocher des peuples que l’histoire et la géographie éloignent parfois.
« Nous ne voulions pas créer un festival de plus. Nous voulions créer un lieu de confiance », résume la directrice artistique. Son parcours témoigne de cette volonté constante d’ancrer ses créations dans une circulation vivante entre les territoires, qu’il s’agisse de son adaptation scénique en 2024 de La Couleur de la grenade aux côtés de Mourad Merzouki (hommage au cinéaste Sergueï Paradjanov) ou de sa pièce Manouchian : Cet après-midi à 15h, créée au Théâtre National d’Artashat lors du Mois de la francophonie en mars 2025.
Pour cette édition 2026, le festival prend une résonance historique singulière. En s’inscrivant dans la commémoration des trente-cinq ans d’indépendance de l’Arménie, l’événement rappelle, par la voix de sa fondatrice, que l’émancipation d’une nation ne se bâtit pas seulement par ses institutions, mais par la vitalité de sa création, la liberté de ses artistes et sa capacité à dialoguer de plain-pied avec le monde.
La réécriture des mythes antiques face aux tragédies contemporaines
Le fil conducteur de l’édition 2026 invite les artistes invités à sonder les textes fondateurs pour éclairer les soubresauts et les traumatismes de nos sociétés contemporaines. D’Hécube, reine de Troie brisée par la guerre et devenue figure universelle de l’exil, du deuil et de la dignité outragée, aux Nuits barbares qui remontent aux premiers matins du monde, les œuvres présentées font écho aux blessures de l’histoire — des conflits du Haut-Karabagh à la guerre des quarante-quatre jours de 2020.
Ce questionnement trouve son prolongement naturel dans les résidences d’écriture dramaturgique soutenues par le festival. Après une première initiative menée en 2025 au Théâtre national de Kapan avec l’autrice et metteure en scène française Nathalie Fillion, l’édition 2026 accueille au Théâtre national d’Artashat le dramaturge canadien Olivier Kemeid.
Au terme de sa résidence consacrée à la figure d’Hécube, le public et les professionnels assisteront, le 27 septembre, à une lecture théâtralisée publique portée par la troupe permanente du Théâtre d’Artashat, intégralement traduite et surtitrée en français, constituant la première étape d’une diffusion appelée à irriguer tout l’espace francophone.
Un ancrage social fort
Le festival déploie une programmation éclectique et prestigieuse, conjuguant le hip-hop, la danse contemporaine, les arts marionnettistiques et la recherche chorégraphique sur l’ensemble du territoire arménien (Erevan, Gyumri, Artashat, Meghri et Kapan) :
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La Compagnie Käfig & Mourad Merzouki : Temps fort institutionnel de cette édition, la présentation du spectacle Folia (création 2018) les 23 et 24 septembre sur la scène du Théâtre national académique Gabriel Sundukyan. Douze danseurs et huit musiciens y font dialoguer avec virtuosité la folia baroque et les rythmes urbains. Des ateliers de danse seront également dispensés à la Philharmonie nationale d’Arménie.
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Amalia Salle et la santé publique : Le spectacle de danse Avant que j’oublie sera présenté à Gyumri (15 septembre) puis au Théâtre de Marionnettes Hovhannès Toumanian à Erevan (18 septembre), en partenariat direct avec le Ministère arménien de la Santé et l’association Armenia Care Alzheimer. Ce volet inclusif s’accompagne d’une conférence médicale majeure animée le 19 septembre à l’Université médicale d’Arménie par le Pr Olivier de Ladoucette, président de la Fondation Alzheimer de Paris.
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La Compagnie Tchaïka (Natacha Belova et Tita Iacobelli) : Présentation du spectacle de marionnettes LOCO les 24 septembre au Théâtre Hamazgayin, précédée d’ateliers de formation et de transmission à l’Institut du Théâtre et du Cinéma.
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Hervé Koubi : Clôture magistrale du festival le 28 septembre au Centre des arts Cafesjian avec le spectacle Les Nuits barbares ou les premiers matins du monde (création 2016), précédée de masterclasses données aux élèves du Collège chorégraphique d’État d’Erevan.
Au-delà des représentations publiques, THÉÂTRONS 2026 se positionne comme un espace de réflexion stratégique pour les professionnels du livre et de la scène. La table ronde du 25 septembre à la Black Box du Théâtre Sundukyan permettra de repenser les circuits de diffusion, l’édition théâtrale bilingue et les politiques de programmation à l’ère des mutations contemporaines.




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