François Lamargot a présenté en avant-première, au festival La Maison danse d’Uzès, Quartet pour Oiseaux, Quetzalcóatl, avant sa création en mai 2027 à l’Odéon, théâtre de Nîmes. À Montpellier Danse, il proposera Pulse. Portrait d’un chorégraphe en quête de synthèse entre ses racines hip-hop et une exploration théâtrale et littéraire.
François Lamargot a grandi à côté d’Alès, dans le Gard. C’est donc naturellement en Occitanie qu’il a choisi d’installer sa famille et sa compagnie, après avoir débuté sa carrière à Paris, en créant la compagnie La XXe Tribu, et avoir dansé pour Claude Brumachon, George Momboye et Laura Scozzi. Dans cette région, il découvre un sacré potentiel grâce au réseau Danse Occitanie, créé en 1991 et qui rassemble 33 structures. « J’ai sous-estimé le potentiel du réseau occitan et je ne m’attendais pas à ça en réalité. J’ai mis deux ans à monter cette production, et tout s’est débloqué quand je suis arrivé en Occitanie. Émilie Peluchon et l’équipe de La Maison danse à Uzès m’ont ouvert grandes les vannes. »
Si François Lamargot vient du break et du hip-hop, il puise son influence dans tous les styles. « La compagnie La XXe Tribu m’a marqué au fer rouge, mais, dans la technique, j’ai vraiment touché à tout. Je suis un boulimique de la danse », ce qui fait de lui un chercheur. « J’ai l’impression qu’il y a toujours des pistes à explorer qui reprennent des ingrédients existants. Par exemple, je trouve que la danse théâtre initiée par Pina Bausch n’a pas été totalement poussée à mon goût, notamment dans le hip-hop. Pour moi, il y a encore des terrains de jeu à creuser, et ça m’éclate de chercher de nouvelles portes d’entrée avec le hip-hop. »
Le groove des oiseaux
Le hip-hop est au cœur des spectacles de François Larmagot, mais il y a aussi la littérature. Il s’inspire de nombreux écrivains et philosophes, comme Lao Tseu, Marguerite Duras, Henri Gougaud, Maître Dōgen, Lin-Tsi et Luis Ansa, pour sa dernière création. « C’est quelqu’un qui me transporte dans ses livres. Je le trouve fascinant. Il a été peintre et a écrit beaucoup d’ouvrages sur la pensée chamanique et sur le Quetzalcóatl, l’incarnation du serpent à plumes, l’une des principales divinités pan-mésoaméricaines. J’ai donc essayé de marier cet amour pour Ansa avec mon amour pour le hip-hop, en fusionnant les deux dans Quartet pour Oiseaux, Quetzalcóatl. »
Le résultat est saisissant. Sur scène, quatre danseurs masqués (William Domiquin, Oscar Lassus Dit Layus, Lisa Dwomoh, Emilie Schram), emmenés par la DJette Fanny Bouddavong, inventent le hip-hop des oiseaux. François Larmagot est parti d’une page blanche pour créer cette chorégraphie d’un nouveau genre, totalement enivrante. « C’était ça qui m’excitait, de reproduire cette super laxité des oiseaux. On a travaillé sur la gestuelle pour voir comment les oiseaux pouvaient groover. » Les danseurs ont aussi regardé beaucoup d’images d’oiseaux pour reproduire leurs mouvements, mais aussi leurs cris, et cela confère au spectacle une grande théâtralité, et beaucoup d’humour aussi, dans une pièce qui ne ressemble à aucune autre, fruit de l’imagination de l’inventeur d’un nouveau geste chorégraphique.
Stéphane Capron – www.sceneweb.fr



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