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De la joie plein les cartons

Agenda

Photo : Marc Domage

Avec Ultrasensibles, Fanny de Chaillé compose une série de saynètes autour des souvenirs de famille. Portée par deux musicien·ne·s et huit comédien·ne·s virtuoses, la pièce est un pur plaisir de mise en scène.

 

On ne vide pas une cave tous les quatre matins. On ne déménage pas sur un coup de tête. Heureusement, d’ailleurs. L’expérience est épuisante. Pas tant à cause des caisses qu’il faut porter, des marches qu’il faut monter, puis redescendre — mais parce qu’il se joue là quelque chose de cathartique ; une archéologie personnelle mettant en scène des morceaux de vie, parfois même des vies entières.

De cette expérience, Fanny de Chaillé en a fait le point de départ de sa dernière pièce, Ultrasensibles ; pièce qu’elle inscrit dans la continuité de Chœur (2020), Une autre histoire du théâtre (2022) et Avignon, une école (2024). À raison, puisqu’il s’agit de la même démarche : partir de l’anecdote, de l’intime, du cas concret, pour tendre à quelque chose d’universel ; pour tenter d’écrire quelque chose de l’ordre « d’une histoire des sensibilités ».

Vaste projet. Humble projet. (Tout à la fois.)

Ainsi, le spectacle commence avec un problème d’ordre familial, exposé par huit comédien·nes en rang d’oignons sur un plateau nu. Le fils a vidé la cave, sans crier gare. Tollé général ! Bronca dans le rang ! (D’oignon.) L’une des filles s’insurge. L’autre le défend. Le gendre s’en mêle. Pourquoi n’avoir prévenu personne ? Mais parce qu’il fallait bien le faire ! Chacun·e y trouvera là des échos à sa propre histoire. Mais le débat (houleux) fait place à une activité plus sympathique : la famille se replonge dans ses archives.

Et c’est ici que le plaisir du théâtre entre en jeu. Les huit acteur·rice·s enchaînent les saynètes, tambour battant, recomposant les photos et les vidéos, re-racontant les souvenirs… Et quel régal ! Parce que la virtuosité des comédien·nes est remarquable — une question de précision, d’alchimie, de lâcher prise. Car la musique, interprétée au plateau par Gilles Coronado à la guitare et Sarah Murcia à la contrebasse et aux claviers, est aussi élégante qu’elle est bien exécutée. Parce que la mise en scène de Fanny de Chaillé fourmille d’idées qui engagent les corps, et font advenir des milliers de références sans jamais s’y attarder.

C’est la pièce de théâtre un peu gênante de la petite sœur, à cinq ans, que l’on exhume. C’est la première sortie en boîte de nuit, où l’on ne sait plus où donner de la tête, entre les histoires de cœur, l’alcool, la musique… Ce sont les zones d’ombre dans la vie des parents sur lesquels on ne parvient pas à faire toute la lumière.

On rit beaucoup. On s’émeut, parfois. Même si, vers la fin du spectacle, au terme de cette heure trente endiablée, l’effet « empilement de saynètes » se fait un peu sentir. Peut-être aurait-il été souhaitable que ces instants croqués constituent un ensemble dramaturgique, sur lequel auraient pu émerger des personnages ? Sans doute, aurions-nous été davantage touchés si Fanny de Chaillé avait travaillé les liens et les correspondances au sein de cette famille ?

On retiendra néanmoins ce plaisir du jeu ; ce plaisir que seul le théâtre procure avec une telle immédiateté. C’est déjà beaucoup. C’est presque tout.

 

Igor Hansen-Løve — sceneweb.fr

 

Ultrasensibles, conception et mise en scène Fanny de Chaillé

Avec Margot Alexandre, Maudie Cosset-Chéneau, Luna Desmeules, Pierre Ripoll, Malo Martin, Tom Verschueren, Margot Viala, Valentine Vittoz.

Musique : Sarah Murcia (Contrebasse/clavier), Gilles Coronado (guitare).

Assistanat : Christophe Ives.

Lumière : Willy Cessa.

Son : Manuel Coursin. Régie lumière : François-Xavier Vilaverde.

 

Production déléguée tnba — Théâtre national Bordeaux Aquitaine. Coproduction Théâtre de Nîmes — scène conventionnée d’intérêt national. Nouveau théâtre de Besançon, Centre dramatique National. Bonlieu Scène Nationale d’Annecy. MC 93, Maison de la culture de Seine–Saint-Denis.

 

Durée 1 h 30

 

du 20 mai au 22 mai 2026

tnba — Théâtre national de Bordeaux Aquitaine

 

le 7 octobre

Espaces pluriels de Pau

 

le 9 octobre

Scène nationale Sud Aquitaine Bayonne

 

le 19 novembre

TAP, scène nationale de Poitiers

 

du 2 au 5 décembre

Maison de la culture de Seine–Saint-Denis, dans le cadre du festival d’Automne

 

du 8 au 10 décembre

Le lieu unique, scène nationale de Nantes

 

du 12 au 15 janvier

Nouveau théâtre de Besançon — CDN

 

le 27 janvier

Théâtre de Nîmes

 

Les 17 et 18 février

Le Quai CDN d’Angers

 

Les 6 et 7 mars

Bonlieu, scène nationale d’Annecy

21 mai 2026/par Igor Hansen-Løve
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