Depuis quelques jours, les structures et les compagnies reçoivent les notifications de leurs subventions de la part des directions régionales des affaires culturelles (DRAC). Le plan social redouté par les organisations syndicales, dont le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (SYNDEAC), se précise. Toutes les remontées font craindre le pire pour la saison 2026/2027.
C’était attendu depuis la promulgation de la loi de finances 2026 fin février, c’est désormais concret : les arbitrages sont en cours dans les différentes DRAC sur l’ensemble des territoires. Un premier pointage du SYNDEAC montre une baisse de 5% des crédits dédiés à la création. « Les diminutions de crédits sur les lieux de production et diffusion constituent une double peine pour les équipes artistiques, parfois elles-mêmes touchées, accélérant le plan social à bas bruit », explique le syndicat dans un communiqué, qui s’appuie sur les relevés de ses délégués régionaux dont les premiers chiffres sont éloquents : 2,2 millions d’euros d’économies sur un budget de 32,2 millions dédié à la création artistique en 2025 dans les Hauts-de-France ; 2,8 millions d’euros d’économies sur un budget de 60 millions dédié à la création en 2025 pour la région Auvergne-Rhône-Alpes… Aucune région n’est épargnée.
Les délégués régionaux du SYNDEAC assurent « un lien permanent, quasi quotidien, avec les services déconcentrés de l’État, multipliant échanges, alertes et interventions auprès des directions régionales des affaires culturelles » afin d’éviter l’inéluctable. « Aujourd’hui, une grande partie des structures demeure dans une incertitude totale quant aux financements publics pour 2026, alors même que les engagements auprès des équipes artistiques pour la saison 2026-2027 sont en cours de finalisation. Les projets artistiques déployés par des artistes, metteurs et metteuses en scène, chorégraphes du service public, pour certains d’envergure internationale, sont aujourd’hui clairement menacés », regrette le syndicat, qui entame des négociations et des discussions avec les partenaires bancaires afin de garantir la viabilité des structures et la continuité de leurs activités.
Ce désengagement de l’État s’inscrit dans un contexte déjà fragilisé par le recul des financements des collectivités territoriales, mais aussi par le retard dans les votes des budgets locaux à la suite des élections municipales de mars, qui fait déjà craindre des baisses de crédits consécutifs aux changements de majorité, comme c’est le cas pour le Théâtre de l’Échangeur à Bagnolet.
Le SYNDEAC précise dans son communiqué qu’il va continuer ses rendez-vous avec les DRAC « afin d’établir des points d’étape » pour « défendre au mieux les structures » et « peser sur les arbitrages ». Et en cette journée du 1er mai, la CGT Spectacle appelle les professionnels du spectacle vivant à rejoindre les cortèges « pour défendre le service public de la Culture ». De son côté, l’Observatoire des politiques culturelles, vient de lancer sa carto crise 2026, une cartographie contributive qui vise à identifier les organisations impactées par des diminutions de soutien public en 2026.




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