Claude Bessy le 30 mars 2004 sur la scène du Palais Garnier à Paris, lors de son hommage avant son départ de la direction de son Ecole de danse, entourée d’Agnès Letestu, Patrick Dupond, Manuel Legris, Sylvie Guillem photo AFP Stéphane de Sakutin
Danseuse Étoile puis directrice de l’École de Danse pendant plus de trente ans, Claude Bessy s’est éteinte ce 23 avril 2026, à l’âge de 93 ans, fait savoir l’Opéra de Paris dans un communiqué.
« Avec la disparition de Claude Bessy, l’Opéra national de Paris perd l’une de ses figures les plus emblématiques, écrit Alexander Neef, le directeur général dans son hommage . Si son immense talent de danseuse a marqué l’histoire du ballet français, c’est aussi son modèle de transmission et sa force de pédagogue qui ont redessiné l’avenir de notre École de Danse, en bâtissant un cadre d’excellence à Nanterre. »
Née en 1932, entrée à l’École de Danse de l’Opéra de Paris à l’âge de 9 ans, elle est très vite remarquée pour la qualité de ses interprétations dans les premiers rôles de solistes qui lui sont confiés dès 1947 dans Le Palais de cristal et Sérénade de George Balanchine et Mirages de Serge Lifar. En 1952, elle est nommée Première danseuse, puis Étoile en 1956 par Jacques Ibert.
Elle aborde les grands rôles classiques – Giselle, Le Lac des cygnes, Études – tout en participant aux créations de Serge Lifar. Elle danse également dans L’Atlantide, opéra-ballet de Pierre Benoît, André Tomasi, Serge Lifar, et George Skibine (1958), dans Daphnis et Chloé de George Skibine (1959) et dans Suite en Blanc de Serge Lifar (1961).
Figure à l’aura internationale, Claude Bessy contribue à faire rayonner l’Opéra de Paris dans le monde. Invitée plusieurs années de suite à danser à l’American Ballet Theatre à New York, elle se produit également à Hollywood, où elle tourne L’invitation à la Danse (1956), aux côtés de Gene Kelly, qui viendra ensuite régler à Paris Pas de dieux en 1960. Avec ce ballet, sur une musique de Gershwin, le jazz entre à l’Opéra.
Victime d’un accident de voiture en août 1967, elle remonte sur scène, quelques mois plus tard, dans Daphnis et Chloé, sous les ovations du public.
Elle est nommée directrice du Ballet de l’Opéra pour une saison de juin 1970 à décembre 1971 à la suite de la démission de Roland Petit. Cette même année, elle fait entrer au répertoire de l’Opéra de Paris le Boléro de Maurice Béjart, qu’elle interprète au Palais des Sports. Elle fait ses adieux officiels à la scène le 7 novembre 1975 dans Pas de dieux avec Cyril Atanassoff et Daphnis et Chloé avec Michaël Denard.
En 1973, Claude Bessy prend ses fonctions de directrice de l’École de Danse de l’Opéra. Les réformes de l’enseignement qu’elle introduit, son dynamisme et l’équipe de professeurs qu’elle réunit contribuent à développer le rayonnement de l’École.
Elle crée les Démonstrations et le Spectacle annuel en 1977 et emmène les élèves en tournée. À la tête de l’École jusqu’en 2004, elle inaugure le nouveau bâtiment à Nanterre en 1987, conçu par l’architecte Christian de Portzamparc.
Également chorégraphe, Claude Bessy a réglé Studio 60, Les Fourmis, Play Bach (1966), et a conçu pour les élèves de l’École Concerto en ré (1977), Mouvements (1980) et une version de La Fille mal gardée (1985).
« Claude Bessy avait un caractère fort, une franchise parfois redoutée, mais toujours au service d’une conviction profonde : faire émerger le meilleur en chacun de nous, témoigne José Martinez, le directeur du Ballet. Elle croyait au talent, mais surtout au travail, à la rigueur, et à l’engagement total qu’exige notre art. Elle a tant donné au monde de la danse, tant donné aux enfants de l’École. Elle a également beaucoup œuvré pour l’installation de l’École à Nanterre, offrant ainsi aux jeunes danseurs de meilleures conditions pour grandir et s’épanouir. »




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